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Bolivie
 

Dimanche 17 septembre 2006 - Ile du Soleil
 

Nous prenons  le bateau de 8h30 pour l’île du soleil et débarquons 2 heures plus tard
 Au nord de l’île, a Cha’llampa. Les 1ers habitants connaissaient l’île du soleil sous le nom de Titikar’ka (rocher du puma) d’où dérive le nom de « Titicaca » (donne par les espagnols qui n’avaient pas bien compris…).
L’île constitue le berceau de plusieurs êtres vénères tel le Soleil. C’est la que le dieu Viracocha, ainsi que les incas (Manco Capac et sa femme Mama Occlo) apparurent mystérieusement à la demande du soleil. Aujourd’hui encore, pour la plupart des indiens Aymara et Quechua péruviens et boliviens, cette légende relate l’histoire de sa création.

A Ch’allapampa, un sentier monte doucement. On s’arrête a Piedra Sagrada (pierre sacrée), un étrange rocher sculpte qui était, selon les théories, un billot d’exécution pour les malfaiteurs ou une huaca (pierre permettant d’appeler la pluie) .
En poursuivant le chemin, nous arrivons aux ruines de Chincana, les vestiges archéologiques les plus impressionnant de l’île dont le palaccio del inca, encore appele labyrinthe et qui surplombe une jolie plage. Un peu plus loin se dresse la table de cérémonie, ou se déroulaient des sacrifices d’hommes et d’animaux. Juste a cote, il y a le fameux rocher du Puma, ou Titikhar’ka et nous pique-niquons juste a cote. La vue est superbe et nous ne sommes pas mécontents du petit fromage acheté la veille au marche !
 
Nous empruntons la route des crêtes qui nous mène en 3 heures des ruines au village de Yumani au sud. Comme nous sommes a 4000 mètres, nous prenons notre temps, d’autant que les vues de chaque cote de la crête sont superbes avec pleins de petites criques.
A Yumani, nous sommes surpris parle nombre d’hôtels et de restaurants. Nous nous mettons en quête d’un hôtel pour la nuit . Rapidement, c’est la mauvaise surprise : c’est 4 fois plus cher qu’a Copacabana ! On fait plusieurs hôtels mais tous se sont alignes sur les prix et  on ne réussit qu’a négocier une chambre sans salle de bain a 40 bolivianos… si on avait su, on aurait pris le dernier bateau de retour sur Copacabana a 16h. Maintenant, on est coince !

On se console en assistant au coucher du soleil…


 
 

Lundi 18 septembre 2006 - De Copacabana à La Paz
 

Nous descendons le sentier qui mène de Yumani au port qui s’appelle Escalera del Inca. En chemin, nous croisons pas mal d’îliens qui descendent ou remontent avec leurs mules chargées de bidons d’eau. En effet, tout en bas du sentier se trouve une source d’eau potable, connue depuis l’époque inca.
Le bateau de retour part a 10h comme prévu pour Copacabana et a 12h, nous sommes sur le port en train de déguster de nouveau une délicieuse truite saumonée du lac.

Puis nous recuperons nos gros sacs a l’hôtel et prenons un bus au vol qui part pour La Paz. La route longe le lac Titicaca et la vue est tout simplement superbe.
Le bus s’arrête à Tiquina, une petite localité en bordure du lac ou il nous faut prendre un petit bateau pour gagner l’autre rive. Notre bus aussi doit passer sur un ferry ! On remonte tous dans le bus et nous arrivons enfin a La Paz alors que le soleil décline.

En descendant du bus, nous faisons la connaissance d’Olivier, un jeune suisse qui voyage seul en Amérique du Sud et nous allons tous les 3 dans le même hôtel. Le soir, nous dînons ensemble dans un restaurant libanais. Ca change du poulet avec du riz !


 
 

Mardi 19 septembre 2006 - La Paz
 

Nous avons décide de visiter La Paz aujourd’hui, une des capitale les plus hautes du monde. Heureusement pour nous, car les rues montent et descendent sans cesse, nous sommes déjà habitues a l’altitude après 8 semaines passées entre le Pérou et l’Equateur.
Des le début, nous avons un mauvais feeling avec cette ville : trop de monde, trop de circulation, trop de bruits et nettement moins de charme que les villes coloniales du Pérou. Alors forcement, on a du mal a se motiver….

Notre hôtel étant situe dans le quartier « touristique » vers la rue Saganaga et la rue Linares, nous débutons par la très proche Plaza San Francisco avec l’église de même nom. Ouais, bof…
Nous poursuivons avec le curieux marche de la Sorcellerie qui comporte des stands pour le moins curieux : fœtus dessèches de lama, assiettes d’herbes colores, graines ou morceaux de diverses bestioles… il s’agit de remèdes traditionnels destines a supplier les divers esprits des croyances Aymara.

Dans tout le quartier, il y a des échoppes a « touristes » parfaites pour les emplettes avec lainages en lama ou alpaga de toutes les couleurs. Impossible de résister ! On revient les sacs blindes.
Vincent en profite pour se faire couper les cheveux, il était temps depuis l’Asie !

L’après-midi, on se motive pour se rendre a la Plaza Murillo, la place principale ou se tiennent aussi la cathédrale et la palais résidentiel, et au centre une statue d’un président bolivien qui fut, en 1946, emmène de force hors du palais et pendu sur la place a un lampadaire.
Ca fait froid dans le dos ! N’empeche que la place, avec ses innombrables pigeons nourris par les passants, ses vendeurs de glace ou de gélatine, et les jolies couleurs pastel des bâtiments qui l’encadrent, est ce que nous avons vu de plus beau aujourd’hui.

Le soir, nous retrouvons avec beaucoup de joie Christophe et Dorothée, les 2 voyageurs français rencontres au Pérou et que nous voyons depuis plus de 2 semaines, et allons dîner avec eux et Olivier. Ils reviennent  tout juste de 2 jours de trek  pour monter le sommet du Huana Potosi, qui culmine tout de même à 6090 m !

Félicitations a eux qui ont un sacre courage et une volonté de fer ! Ils nous racontent leurs aventures autour d’un repas anime. Et même lorsque le restaurant nous met dehors parce qu’il ferme, nous continuons la discussion dehors. Nous retardons le plus possible le moment de se séparer car nous savons que c’est la dernière occasion du voyage de se voir (nous espérons qu’il y aura d’autres occasions a leur retour en France dans…11 mois !). Dorothée et Christophe, bon voyage a vous deux, profitez bien, nous suivrons vos aventures sur votre site !


 
 

Mercredi 20 septembre 2006 - La Paz
 

Il y a des jours comme ça ou l’on aurait mieux fait de rester sous sa couette. Nous avions pris un taxi pour le quartier nomme Villa Fatima, a l’autre bout de la ville, afin d’y prendre un minibus pour Coroïco, en empruntant la fameuse « route de la mort ». il s’agit d’une piste de gravier, large d’environ 3 m, qui permet tout juste le passage d’un véhicule, et dont les à-pics vertigineux hauts de 1000 mètres, les surplombs rocheux et les chutes d’eau qui l’érodent sont légendaires.

En moyenne, il y a tout de même 26 véhicules qui basculent chaque année dans le vide ! Alors pourquoi vouloir l’emprunter ? Car cette route dévale 3000 m de dénivelé en 80 Km dans un paysage incroyable.

Apres avoir tergiverse pendant quelques jours, nous nous étions finalement décides et avions pris juste nos petits sacs a dos pour passer la nuit a Coroïco et revenir demain. Alors quelle ne fut pas notre surprise d’apprendre qu’aucun transport ne partait pour Coroïco car il y avait une grève des mineurs qui bloquaient la route ! Nous étions vraiment déçus.
Tant pis, quitte a ne pas aller a Coroïco, autant partir plus rapidement de La Paz, qui ne nous plait pas du tout. Nous avions réserve un billet de bus pour Sucre pour demain.

Nous décidons d’aller à la gare routière pour voir s’il est possible d’avancer notre billet a ce soir. Là-bas, la compagnie de bus nous informe qu’aucun bus ne part jusqu'à nouvel ordre. En effet, toutes les routes sont bloquées par des mineurs en grève et tous les transports sont paralyses.
Jusqu'à quand va durer cette grève ? Personne ne le sait…

Nous rentrons à l’hôtel furieux de se retrouver ainsi pièges à La Paz. Déjà qu’on ne se sentait pas bien dans cette ville….
On réussit tant bien que mal a se motiver pour visiter le musée archéologique, petit mais intéressant et nous revenons a pied vers notre quartier en empruntant l’avenue du Prado, la principale artère principale qui fourmille de stands ambulants.

Nous sommes de nouveau interloques par les cireurs de chaussures qui portent un bonnet de laine noire qui masque tout leur visage, avec juste 2 trous pour voir les yeux,.on dirait des bandits qui vont commettre un hold-up.

Ca fout un peu les jetons ! Est-ce pour ne pas être reconnus qu’ils se « cachent » ainsi ? En tout cas, ça fait un drôle d’effet…


 
 

Jeudi 21 septembre 2006 - Tiahuanuco
 

Quitte a être coinces a La Paz, autant essayer d’occuper ses journées ; nous avons donc réserve par une agence pour la visite du site archéologique de Tiahuanuco. Le guide est un petit vieux très drôle, qui parle même français.
En cours de route, il s’arrête pour faire une petite cérémonie d’offrande a Pachamama (la terre-mere) avec des feuilles de coca  posées par terre aux 4 points cardinaux et de l’alcool jete en l’air dans plusieurs directions. Et chacun doit mâcher quelques feuilles de coca. Tout cela pour nous porter chance pour le trajet…
 
C’est peut-être le 1er jour d’automne en France mais ici, c’est le 1er jour du printemps. C’est drôle !
Le peuple qui a construit le grand centre cérémoniel de Tiahuanuco, sur la rive sud du lac Titicaca, il y a 1000 ans, demeure largement méconnu. Mais on a découvert des traces de son influence dans toute la vaste région sur laquelle les Incas allaient étendre leur empire.

La cite de Tiahuanuco était un  grand centre cérémoniel. A son apogée, elle comptait 20 000 habitants et s’étendait sur plus de 2,6 Km. Il s’agit de la plus grande réalisation architecturale mégalithique de l’Amérique du sud pre-inca.
Un des monuments les plus impressionnants est la porte du soleil, taillée dans un bloc unique d’andésite de plus de 44 tonnes et sculpte avec le visage du dieu tout puissant Viracocha et des condors.

Près du temple principal se tient une porte particulière qui servait de cadran solaire. Lors de l’équinoxe de printemps (donc aujourd’hui !), a 6h30 exactement, les rayons du soleil éclairent le centre de la porte et lors des solstices d’hiver et de printemps, les rayons du soleil frappent le coin droit et gauche de la porte.
Comment explique-t-on que cette civilisation ait disparu ? les experts pensent qu’il y a eu un phénomène El Nino particulièrement dévastateur et que les habitants ont du fuir la cite.

De retour a La Paz, nous filons a la gare routière pour avoir des informations sur la grève des mineurs et savoir si les routes sont toujours bloquées. Hélas, la situation n’a pas bouge d’un poil et nous sommes toujours coinces à La Paz. Quelle galère ! L’employe de la compagnie de bus nous fait même peur en déclarant qu’on ne sait jamais combien de temps peuvent durer ces grèves : quelques jours, une semaine, voire un mois !
Du coup, on demande a se faire rembourses nos tickets de bus et bien sur, on ne nous rembourse pas en totalité…

Retour a l’hôtel assez déprimés. On passe dans plusieurs agences pour se renseigner pour des vols pour Sucre mais hélas, tous sont complets au moins jusqu'à lundi. Il reste juste quelques places d’avion pour Rurenhaque, point de départ pour l’Amazonie bolivienne. On hésite…

Finalement, on décide de se laisser jusqu'à lundi maximum pour voir si la grève se débloque et si ce n’est pas le cas, nous prendrons le 1er avion pour l’Argentine. Et Bye Bye la Bolivie…soirée plutôt morose étant donnée la situation.


 
 

Vendredi 22 septembre 2006 - La Paz
 

Nous sommes allés aux informations des notre réveil et ça y est : la situation est enfin débloquée, tous les bus peuvent de nouveau circuler ! Youpi !
On avale notre petit-déjeuner en 4eme vitesse et filons a la gare routière. Là-bas, c’est le chaos. Forcement, tous les gens qui ont été bloques a La Paz pendant plusieurs jours font comme nous et tout le monde veut partir aujourd’hui. Il y a d’énormes files d’attente aux guichets des compagnies qui vendent des billets a tour de bras. Nous prenons les 2 derniers billets pour Sucre. Ouf !

Nous n’avons pas de place cote a cote mais étant donnée la situation, nous ne pouvons pas faire les difficiles… enfin, nous partons de cette ville, quel soulagement ! Quand on pense qu’on était a 2 doigts de partir en Argentine !
Après-midi cool a lire nos bouquins dans un café sympa. Pas envie de se promener dans cette ville, décidément…

Bus de nuit à 19h pour Sucre.


 
 

Samedi 23 septembre 2006 - Sucre
 

Arrivée matinale a Sucre qui a la réputation d’être la plus jolie ville du pays. En effet, Sucre nous apparaît tout de suite comme une ville charmante avec son centre-ville regorgeant de bâtiments coloniaux blanchis a la chaux ou peints en blanc. Il est agréable d’y flâner et de s’y perdre. 
Même le climat est agréable. Il fait bien plus chaud qu’a La Paz. Normal, nous sommes « seulement » a 2800 mètres !

Pour bien commencer la journée, rien de tel qu’un délicieux petit déjeuner au marche situe juste en face de notre hôtel.. on se laisse tenter par la boisson locale appelée Api (impossible de déterminer les ingrédients…) et une grosse tranche de quatre quarts pour 2 bolivianos chacun). D’ailleurs, tous les gens du pays viennent petit déjeuner ici….
                                                                                       
Nous visitons le muse ecclésiastique rempli d’articles en argent, normal, les mines d’argent de Potosi ne sont pas si loin… puis la chapelle de la vierge de la Guadeloupe qui contient une statue de la vierge qui porte une robe incrustée de pierres précieuses : diamants, améthystes, parles, rubis, émeraudes… offerts par de riches paroissiens de l’époque coloniale.
A elles seules, ces pierres sont estimées a plusieurs millions de dollars !

A 12 heures, nous prenons le camion « dino » sur la place principale, pour se rendre au site de Cal Orcko. Il s’agit su site d’une usine de ciment sur lequel a été découvert par hasard, en 1994, une paroi argileuse verticale, portant des centaines d’empreintes de dinosaures, datant d’il y a 60 millions d’années…
En ce temps-la, la paroi était horizontale et constituait en fait le fond d’un lac.

Notre voisine de camion engage la conversation avec nous. Elle s’appelle Christine et débute un voyage de 3 mois en Amérique du sud entre l’Argentine, la Bolivie et le Pérou.
La visite su site se fait obligatoirement avec un guide et un casque de protection bleu vif est indispensable. On a l’air fin avec nos casques !
En fait, cette visite est originale. Ca fait tout de même bizarre de penser que les empreintes que l’on voit datent de 60 millions d’années et que les animaux qui les ont laisse ressemblent a ceux de Jurassic Parc.

On sympathise drôlement avec Christine et de retour sur Sucre, nous décidons d’aller manger ensemble au marche central.  Au moment de partir, nous tombons nez a nez avec Olivier, le suisse rencontre a La Paz.
Il nous accompagne au marche, ou il y a pleins de petites gargottes a l’étage qui proposent des menus a 0,5 dollars pour une soupe et un plat. En plus, c’est très bon… 
Puis nous partons visiter la Casa de la Libertad, une jolie maison coloniale située sur la place principale, ou a eu lieu la signature de la déclaration d’indépendance en 1825.Sucre fut capitale et accueille toujours la Cour suprême.
A l’origine, Pérou et Bolivie faisaient partie d’un même état appele alto perou. Lors de la déclaration d’indépendance, la Bolivie déclare son indépendance vis-à-vis du Pérou : la nouvelle république fut baptisée Bolivie du nom de son liberateur, Simon Bolivar, ne au Venezuela, et qui en sera d’ailleurs le 1er président.

Notre guide est vraiment passionnant et nous apprend quantité de choses sur l’histoire de la Bolivie. A l’époque de son indépendance, la Bolivie couvre un territoire de plus de 2 millions de Km carre, mais les pays voisins vont progressivement grignoter la moitie de cette superficie.
Tout d’abord, la Bolivie perd sa façade maritime durant la guerre du pacifique menée conte le Chili de 1879 a 1884. les boliviens resteront toujours marques par cet enclavement qui les coupe de la mer. Aujourd’hui encore, le gouvernement brandit cet étendard lorsqu’il souhaite mobiliser la population.

Puis, en 1903, a une période ou explose le marche du caoutchouc, le Brésil fait main basse sur la région de l’Acre, située a la limite actuelle de l’Amazonie bolivienne, et qui est très riche en helveas. Enfin, en 1932, éclate avec le Paraguay la guerre du Chaco, territoire limitrophe, qui serait riche en pétrole.
Et 3 ans plus tard, la Bolivie perd encore 225 000 Km carre…

Depuis, la Bolivie est restée extrêmement rancunière envers les pays qui l’entourent, notamment le Chili avec qui elle entretient très peu de relations commerciales. Par exemple, la Bolivie refuse de vendre son gaz naturel au Chili. Elle en exporte en Argentine dont le contrat stipule que les argentins n’ont pas le droit d’en revendre aux chiliens…

Le soir, nous avons la chance d’assister avec Christine a un concert gratuit en plein air, dans le très beau cadre du couvent San Francisco. C’est super !

Nous partons a 21h30, pousses par la faim, et ne pouvons résister au bon restaurant français, la Taverne de l’Alliance française. Délicieux !


 
 

Dimanche 24 septembre 2006 - Tarabuco
 

On prend un des nombreux bus touristiques qui se rendent aujourd’hui a Tarabuco pour le grand marche dominical, un des marches les plus connus de Bolivie. Il démarre sur la place principale et s’étend sur les rues adjacentes.
On y vend de l’artisanat pour les touristes mais aussi des produits de tous les jours. Certains indiens portent des chapeaux de cuir confectionnes sur le modèle de ceux des conquistadors, auxquels les femmes ajoutent parfois des perles.

On complète les achats déjà faits à La Paz. Ce marche est très ancien puisqu’il a été instaure il y a plusieurs centaines d’années par l’église catholique pour réunir tous les indiens de la région afin de les évangéliser et de les amener a la messe du dimanche.

En fin de matinée, nous croisons par hasard Christine au marche. Le bus repart a 13h pour rentrer sur Sucre.


 
 

Lundi 25 septembre 2006 - Potosi
 

Bus ce matin pour Potosi, une ville dont l’histoire, la splendeur, la tragédie et l’horreur sont lies aux mines d’argent. En effet, la ville a été crée en 1545, suite a la découverte d’un filon d’argent dans le Cerro Rico. Ses mines se sont revelees les plus productives et lucratives du monde.
L’argent extrait a finance l’économie espagnole durant plus de 2 siècles et Potosi était, jusqu'à la fin du XVIIIeme siècle, la cite la plus grande et la plus riche d’Amérique latine.

Tout commence en 1544 quand un indien du Pérou qui gardait ses lamas, s’aperçoit que 2 de ses bêtes ont disparu. Comme la nuit tombe, il s’arrête pour faire un feu et se réchauffer au pied de la montagne appelée « Potojsi », qui signifie explosion en quechua.
Sous l’effet de la chaleur, le sol se met peu a peu a fondre et l’argent apparaît. La légende dit que ces réserves d’argent étaient connues depuis les Incas, mais l’empereur Huayna Capac avait entendu une voix lui interdisant de creuser cette montagne et de toucher au métal, destine a d’autres.

Les espagnols apprennent l’existence de cette montagne et très vite, ils recrutent des milliers d’esclaves indiens pour creuser la mine des 1545. Comme beaucoup d’indiens sont victimes d’accidents et de silicose, ils font venir des milliers d’esclaves africains pour travailler dans les mines.
En 1572 est promulguée une loi qui oblige tous les indiens de plus de 18 ans a travailler par roulements de 12h. Ils  restent ainsi sous terre, sans voir la lumière du jour, durant 4 mois d’affile, mangeant, dormant et travaillant dans les mines. Autant dire que ces mineurs ne vivent pas très longtemps… on estime que pendant la période coloniale, soit un peu moins de 300 ans, 8 millions d’africains et d’indiens sont morts dans les mines de Potosi.

Apres avoir pris un bon steak de lama au déjeuner, nous partons pour la visite du couvent Santa Teresa, construit en 1692, et où étaient cloîtrées 21 carmélites, choisies par la mère supérieure avec soin.
Même à leur mort, les sœurs restaient dans l’enceinte du couvent ou elles étaient enterrées. Seule la mort de l’une des sœurs libérait « une place » pour une nouvelle jeune fille.

Les règles étaient très strictes puisqu’elles n’avaient le droit qu’a 2 heures de paroles entre elles chaque jour, elles dormaient sur un lit de bois sans matelas, pratiquaient régulièrement l’auto-flagellation et ne pouvaient avoir qu’une heure de visite par mois derrière une vitre opaque.
Le couvent est plein de charme et la visite est très agréable. Dommage qu’un des touristes, français, est exécrable et incroyablement imbu de sa personne. Comme il parle espagnol (ah bon, pas vous ? enfin… pas du tout ? nous demande-t-il de façon condescendante des le début), il se met en tête de se rendre intéressant en nous traduisant les paroles de la guide, qui pourtant nous fait aussi la visite en anglais (langue que nous comprenons très bien).

Il nous énerve au plus haut point, surtout lorsque la guide emploie des mots en espagnol facilement compréhensibles type clavecinos et qu’il nous dit « c’est un clavecin ». Sans blague ?
Au bout de 2 heures, on ne peut plus le supporter… ah, les groupes, ce n’est decidement pas pour nous !

Le soir, nous dînons au restaurant Sumac Orcko dont la spécialité est la perdrix a la sauce pimentée. Délicieux et ça change du poulet frites !
A la table d’a cote, 2 françaises sont en train de dîner. Elles engagent la conversation et après 15 minutes, on s’aperçoit que nous connaissons une personne en commun. Le monde est petit !

Sur ce, Olivier, le suisse rencontre à La Paz puis a Sucre, entre dans le restaurant ou il nous a aperçu par la vitre. Décidément, on le rencontre toujours par hasard ! C’est drôle ! comme nous allons a Uyuni demain en bus, on décide de constituer tous ensemble un groupe pour l’excursion dans le salar de Uyuni en jeep, d’autant que nous avons RDV avec Christine, rencontrée il y a 2 jours a Sucre. Le hasard fait bien les choses !


 
 

Mardi 26 septembre 2006 - Potosi et Uyuni
 

Nous avons donne RDV a Solene et Axelle, les 2 françaises rencontrées hier soir et Olivier, a 9h pour faire ensemble la visite du musée royal de la monnaie, avec la visite guidée en français s’il vous plait !
 Il s’agit d’un musée très intéressant et original qui fut édifie entre 1753 et 1773 comme hôtel de la monnaie. On y frappait les pièces d’argent estampillées d’un P (pour Potosi).

On peut encore voir les machines manuelles pour battre la monnaie, faits de rouages impressionnants, et une collection importantes de pièces dont les plus anciennes datent du XVIeme siècle.
En sortant, on se donne tous RDV a l’arrêt des bus pour Uyuni nous y sommes a 11h30, Olivier est déjà la. Il ne reste presque plus de places de libre dans le dernier bus a 12h alors Olivier en achète 2 pour les filles.

Il a bien fait car elles arrivent a 11h50, elles se sont trompées en prenant un bus local et ont du marcher. En montant dans le bus, nous reconnaissons un couple de suisses rencontres a Cuzco a notre arrivée a l’hôtel alors qu’ils partaient et ils nous avaient donne pleins de bons plans. C’est vraiment excellent !
On leur présente le petit groupe de francophones constitues pour le Salar de Uyuni et ils décident de se joindre a nous. Super !

La route empruntée par le bus est très mauvaise et chaotique. Tout d’un coup, a 16h, le bus s’arrête brusquement que se passe-t-il ?
Tout le monde descend du bus mais personne ne nous explique. Visiblement le bus est en panne et lorsque l’employée du bus commence a descendre nos bagages, nous comprenons qu’il n’y a pas d’espoir et qu’il nous faudra attendre le prochain bus qui passe sur la route. Nous  sommes vraiment au milieu de nulle part…

A 17h30, nous voyons un bus arriver. Nous faisons tous de grands signes, mais il nous dépasse sans marquer d’arrêt. Il finit par s’arrêter brusquement 50 mètres  plus loin et nous voyons tous les boliviens prendre leurs bagages et courir a toute allure vers le bus.
Nous saisissons  nos bagages et faisons de même. Le chauffeur du bus a l’air presse et met nos bagages dans le coffre à toute allure.
Nous montons dans le bus et nous serrons sur les dernières places de libre. On s’aperçoit qu’Axelle n’est pas dans le bus. Le chauffeur ne veut pas la laisser monter !

D’ailleurs, elle n’est pas la seule a être restée dehors. 2 couples de touristes ages, au moins 70 ans, sont a cote du bus, avec leurs valises, ainsi qu’un couple de jeunes routards. Solene et les hommes se battent avec le chauffeur pour qu’il accepte de prendre Axelle dans le bus, et elle peut finalement monter. Mais malgré notre insistance, les 6 autres touristes ne monteront pas et le bus repart, les laissant sur le bas-côté.
Nous sommes abasourdis par une telle attitude, d’autant qu’il y a 4 personnes âgées, que la nuit va bientôt tomber et qu’il n’y a plus beaucoup de bus a cette heure-la. C’est vraiment une honte ! Nous sommes scandalises et nous nous sentons coupables pour les petits vieux. Le contrôleur du bus se justifie en répondant que toutes les places assises du bus étant prises, il ne peut plus prendre personne, car soi-disant il n’est pas assure pour avoir des personnes debout.  La bonne blague !       
Comme si ces bus avaient de telles assurances !      

Nous sommes choqués par ce comportement, d’autant que les autres boliviens du bus n’ont pas bronche…rien que des égoïstes !
Pendant les 2 heures de bus jusqu'à Uyuni, nous n’arrêtons pas de nous sentir coupables envers les pauvres touristes qui sont restes sur le carreau ; pourvu qu’un bus les prenne rapidement !

Nous arrivons à 19h30 à Uyuni, juste à l’heure pour le RDV avec Christine que nous retrouvons comme prévu, et qui voit débarquer tout notre petit groupe.  Comme elle est arrivée il y a quelques heures, elle a déjà cherche les agences de voyage pour un tour en jeep dans le salar de Uyuni et sud lipez.

Celle qu’elle a sélectionné nous semble très sérieuse, et on s’inscrit tous ensemble pour 4 jours pour 80 dollars. Apres avoir dépose nos bagages à la guesthouse, nous allons tous dîner ensemble. C’est très sympa.


 
 

Mercredi 27 septembre 2006 - Salar d'Uyuni
 

Nous sommes tous a 10h devant l’agence de voyage mais visiblement eux ne sont pas tout a fait prêts… on ne sait pas trop pourquoi d’ailleurs puisque les jeeps sont la, mais il manque d’abord la nourriture et après, ça traîne encore pas mal. Bref, il est presque 11h30 quand on décolle enfin.
Nous avons 2 jeeps pour notre groupe de 8, plus un couple de japonais. 1er arrêt au cimetière des trains, a 15 minutes d’Uyuni. Il s’agit de vieux trains qui roulaient entre le Chili et la Bolivie. Le temps de prendre quelques photos et nous repartons.

Puis nous pénétrons sur le salar de Uyuni. Perche a 3600 mètres d’altitude, et d’une superficie de plus de 12 000 km2, il s’agit du plus grand réservoir de sel du monde.
A l’origine, il y a 30 000 ans, le lac Minchin recouvrait cette partie de l’Altiplano. Puis les eaux s’évaporent, laissant place au salar de Uyuni et de Coipasa. Il reste 10 milliards de tonnes de sel dans le salar de Uyuni.

Nous nous arrêtons a Colchani, petit village ou les campesinos l’extraient avec des pics et des pelles, puis les rassemblent en petis monticules coniques. La production annuelle en sel de Calchani est d’environ 20 000 tonnes (dont 18 000 pour la consommation humaine).
 Elle est vendue a des raffineurs pour la grande majorité et l’autre partie est échangée contre de la laine, de la viande et de la graisse dans les villages de environs.    

Pour le déjeuner, on s’arrête dans un hotel-restaurant entièrement construit avec des blocs de sels tres compacts. La table et les chaises sont en sel, ça fait une drôle d’impression !
D’autant que lorsque l’on regarde par la fenêtre, on aperçoit le salon s’étendant a l’infini, blanc comme de la neige. Finalement, on pourrait se croire dans un chalet à la montagne !
Déjeuner excellent et anime avec notre groupe de francophones.

Nous profitons d’une pause pour faire quelques photos rigolotes de nous dans le salar, à plat ventre, sur le dos, en équilibre sur un pied…d’ailleurs, nous ne sommes pas les seuls, tout le monde fait de même !

Puis nous repartons en direction du village de Jiriri, au pied du volcan Tunupa qui culmine a 5400 mètres, en plein milieu du salon. D’un coup, le chauffeur s’arrête et descend du véhicule. Nous avons crevé ! Pas de panique, nous avons une roue de secours et le chauffeur la change en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. Visiblement, c’est chose courante ici !

Nous arrivons à Jiriri en fin d’après-midi dans une guesthouse rudimentaire mais propre. Nous partageons une chambre avec Valérie et Marc, le couple de suisses très sympas.
Petit apero bien sympathique avec notre groupe. Le soir, ambiance animée autour du dîner copieux.

Olivier, le suisse, nous apprend quelques expressions de chez lui et déclenche l’hilarité générale avec son « c’est pas tété » ! (Ce n’est pas terrible!)


 
 

Jeudi 28 septembre 2006 - Salar d'Uyuni
 

Juan devait nous réveiller a 5h pour être en haut du volcan Tunupa au lever du soleil mais c’est Marc, qui dort dans la même chambre que nous, qui nous réveille a 5h30. Juan ne s’est pas levé !
Marc va réveiller tout le monde et le temps de s’habiller et de manger un morceau, il est presque 6 h lorsque nous partons. On met les bouchées doubles mais le soleil se lève alors que nous ne sommes pas a la moitie du chemin…

Nous nous arrêtons un moment pour admirer le lever de soleil sur le salar de Uyuni, immense étendue blanche qui emble presque irréelle dans cette douce lumière.
Puis nous reprenons la marche. Christine ne se sent pas bien a cause de l’altitude, elle a très mal à la tête.
Je décide de rester avec elle, je ne suis pas au top moi-meme, tandis que les autres continuent leur grimpette. Nous restons un long moment à discuter chacune de notre vie, son enfance au Liban, sa vie actuelle a New York. J’aime beaucoup Christine, c’est une fille très sympa, intelligente et drôle.

Comme les autres ne réapparaissent toujours pas, nous décidons de redescendre au village. Il n’est pas très grand et pourtant, nous n’arrivons pas à retrouver notre guesthouse. En plus il n’y a pas âme qui vive ! Le village-fantome ! C’est la 4eme dimension !
En passant devant un enclos, on entre-apercoit deux yeux ronds. Qu’est-ce que c’est ? En fait, c’est une adorable autruche qui joue a cache-cache avec nous derrière les pierres de son enclos. C’est vraiment très drôle… on ne serait jamais attendu a voir pareil animal ici !

Enfin, on aperçoit un villageois a qui Christine demande le chemin (heureusement qu’elle parle espagnol, elle !) et nous sommes sauves !
Le reste du groupe arrive une heure plus tard, épuise. Nous sommes tous affames pour le déjeuner que nous dévorons.  Comme nos affaires sont prêtes, nous voulons repartir pour le salar.
Mais nous n’avons qu’une jeep, la 2eme étant retournée hier soir à Uyuni. Juan nous a dit qu’elle revenait a 12h mais il est 13h et il n’y a personne… la jeep arrive a 14h, nous sommes furieux de cette perte de temps !

Dedans il y a 4 autres touristes anglophones qui doivent déjeuner à la guesthouse avant que nous puissions repartir. Mais nous sommes tous unanimes, pas question d’attendre une minute de plus ! On fait  le forcing auprès de Juan et bien que les chauffeurs ne soient visiblement pas d’accord, nous obtenons satisfaction.
Nous montons tous ensemble dans la 1ere jeep, nous sommes 8 plus le chauffeur ! 

 Direction l’isla de los Pescadores, en plein cœur du salar. Sa particularité : être recouverte d’immenses cactus. Elle est complètement délirante ! Il y a un droit d’entrée pour pouvoir marcher dessus. Alors forcement, tout notre petit groupe décide d’en faire le tour, au moins ça, c’est gratuit !      

C’est reparti pour un tour en jeep. On s’arrête un peu plus loin au milieu de nulle part pour faire des photos complètement délirantes. En effet, ce désert de sel masque les distances. Donc une personne reste près et l’autre s’éloigne et en se positionnant judicieusement, elle parait ainsi minuscule, comme si elle avait rapetisse. Ainsi, Christine nous tient-elle sur ces 2 mains… c’est vraiment très drôle !

Le soleil décline lorsque nous repartons et nous faisons le trajet jusqu’au village de San Juan dans l’obscurité. Le chauffeur roule vite et nous ne sommes pas vraiment rassures…


 
 

Vendredi 29 septembre 2006 - Sud Lipez
 

Adieu au Salar de Uyuni, nous rentrons aujourd’hui sur le territoire appele Sud Lipez. Cette haute et vaste terre désertique est l’une des étendues sauvages les plus rudes de la planète.
Dans ce foyer d’activité volcanique et géothermique, les terres regorgent de minéraux qui donnent aux paysages et aux lacs toute une gamme de couleur surnaturelle.
1er arrêt devant l’Ollagüe (5865 m), un volcan actif couvert de neige a cheval sur la frontière boliviano chilienne. On aperçoit des volutes de fumée qui s’en échappent.

Puis arrêt a différentes lagunes (Canopa, Hedionda, et Chiarcota), peuplées de majestueux flamants roses, et entoures par des montagnes aux couleurs superbes. Les paysages sont grandioses.
Balade autour des lagunes et tentative d’approche des flamants… ces petites bêtes s’envolent des notre approche !
Déjeuner très venteux près des 4X4.

Enfin, nous atteignons le désert de Siloli pour admirer le fameux arbre de pierre (arbol de piedra), une formation rocheuse surprenante. Qu’est ce qu’il fait froid ! D’ailleurs, il neige…
En fin de journée, nous sommes à l’étonnante laguna Colorada, situee a 4278 m d’altitude, dont les eaux ont une incroyable couleur rouge, due à la présence de certaines algues.
Le rouge ressort d’autant plus que les rives sont bordées d’un dépôt blanc étincelant mêlant sodium, magnésium, borax et gypse.

Mais, des que le soleil se couche, il fait un froid de canard… tout le monde s’empresse de rentrer au gîte pour se réchauffer autour d’un bon mate de coca !
Cette nuit, nous dormons tous dans le même chambre, ça fait un peu colonie de vacances ! Au moins, on se tiendra tous chaud…

Soirée très animée puisque c’est la dernière tous ensemble. En effet, demain, Christine, Marc et Valérie passent au Chili. En attendant, nous fêtons tous ça comme il se doit en bons francophones, c’est-à-dire devant un verre de vin ! Et en plus, ça réchauffe !

Dur, dur d’aller se coucher et pourtant il faut bien car demain, départ prévu a 5h du mat !


 
 

Samedi 30 septembre 2006 - Sud Lipez
 

Réveil difficile a 5h mais nous voulons être à l’heure pour le départ. 5h30, nous sommes dehors avec nos sacs pour les charger sur la voiture.

Et la, nous sommes tous consternes car les chauffeurs et Juan ne sont pas prêts. Rien n’a été charge sur les voitures. Les pare-brise sont complètement recouverts d’une couche de glace. Evidemment, il a fait très froid cette nuit et les voitures n’ont pas été bâchées comme celles des autres groupes. On manque de trébucher sur la batterie de notre véhicule !

Juan et les chauffeurs arrivent, la bouche en cœur, en se frottant les yeux. Ils viennent visiblement juste de se réveiller alors qu’il est 5h30, heure prévue pour le départ et que c’est Juan lui-meme qui a insiste hier pour que nous soyons prêts à l’heure ! Trop, c’est trop ! La moutarde nous monte au nez…
Pendant ce temps, toutes les voitures des autres groupes partent. A 5h, on entendait déjà leurs moteurs qui ronronnaient et comme leurs voitures étaient bâchées…

Il est plus de 6h lorsque la jeep avec les anglophones part en 1er. Apres plusieurs essais, la notre finit par démarrer également. Mais il y a encore de la glace sur le pare-brise et le chauffeur sort pour la gratter. Pendant ce temps, on voit avec horreur Juan, le guide, qui tourne la clef de contact et éteint le moteur ! Incroyable !
Forcement, ce qui devait se produire arriva : la voiture ne veut plus démarrer… c’est la cata ! Nous sommes obliges de la pousser pour la faire démarrer, dans un sens, puis dans l’autre.

Alléluia, elle démarre. On se précipite dans la voiture. Nous sommes tous congelés d’être reste si longtemps dehors par ce froid intense. Nous ne sentons plus nos mains ni nos pieds.. ; nous partons enfin, il est presque 6h30 et le soleil se lève alors que nous sommes dans la jeep au lieu d’être arrives sur les geysers.
Nous sommes fâches contre Juan et sa mauvaise organisation et l’atmosphère est des plus tendues… lui essaie de se faire tout petit et n’ose piper mot.

Apres une heure de route, nous arrivons a un incroyable champ de geysers, a 4850 m d’altitude. Il y a des dizaines de mare de boue bouillonnante qui font « floc, floc », des émissions de gaz projetés a 2 ou 3 m du sol en faisant un bruit infernal et des vapeurs nauséabondes dues au soufre.
C’est vraiment incroyable, on se croirait sur une autre planète ! On adore !

Le 2eme arrêt se fait aux bains d’eau chaude qui sort naturellement à 30 degrés. Un petit bassin est aménage pour les touristes. Tout le monde y va sauf Vincent, Valérie et moi. Impossible pour nous de nous déshabiller, il fait bien trop froid !

Apres un bon petit déjeuner, nous partons pour ce qui st sans doute un des temps forts de ce circuit, la découverte de la magnifique Laguna Verde, un sublime lac bleu-vert niche a 4400 m d’altitude. Cette surprenante couleur verte serait due à la présence de cuivre.
Derrière le lac se dresse le cône du volcan Licancabur (5960 m). Ce paysage est d’une beauté intense et nous restons longtemps en admiration devant cette vision qui semble presque surnaturelle…

Mais Juan nous presse de partir. Nous sommes en retard pour déposer Marc, Valérie et Christine au minibus pour la Chili. Nous lui faisons remarquer que si nous sommes en retard, c’est un peu a cause de lui….
A 12h, nous laissons Marc, Valérie et Christine a la frontière avec le Chili en leur faisant nos adieux. Le chemin de retour se fait à travers de beaux paysages désertiques, des montagnes à plusieurs couleurs.

Le dernier arrêt se fait à Valles de rocas, des vallées avec des formations rocheuses insolites, aux formes variées et qui semblent avoir été taillées pour stimuler notre imagination ! En plus, c’est un vrai labyrinthe…
Le chemin de retour pour Uyuni nous parait interminable et  nous arrivons épuises a 21h. a l’agence de voyage, Juan fait des excuses pour son retard de ce matin et celui des chauffeurs. Nous voulions en toucher 2 mots a la directrice mais nous renonçons devant Juan qui fait amende honorable…

Nous tentons vainement de savoir s’il y a un  train qui part cette nuit pour Tupiza, notre prochaine étape, mais nous comprenons tant bien que mal que c’est la nuit d’après. Uyuni étant particulièrement sans charme, nous décidons de prendre les 4X4 qui partent de la gare routière a 5h demain. Olovier se rend également à Tupiza et nous accompagnera.

Le soir, petit resto français avec Solene, Axelle et Olivier, le denier tous les 5 car les filles repartent demain pour Sucre. Elles nous mettent un peu au courant des actualités françaises. Nous réalisons a quel point nous sommes déconnectes…


 
 

Dimanche 1er octobre 2006 - De Uyuni à Tupiza
 

Le réveil sonne à 4h30 et nous nous levons avec Olivier, péniblement. A 4h45, un employé de l’hôtel vient frapper à notre porte. Il y a un chauffeur de 4x4, qui nous attend devant l’hôtel ! Comment a t il été prévenu ?
Nous sommes ravis en tout cas de ne pas avoir a marcher a cette heure-la, dans le froid et la nuit, jusqu'à la gare routière !

On finit par comprendre que c’est la directrice de l’agence de voyage, par laquelle nous avons pris le tour dans le Salar de Uyuni, qui a contacte l’agence de transport possédant les 4x4 hier soir.
 C’est vrai qu’on lui avait demande des renseignements la veille. C’est gentil de sa part. le 4x4 s’arrête devant son agence et prend d’autres passagers.

Normalement, les jeeps mettent 7 a 8 h pour rejoindre Tupiza alors que le trajet en bus dure 12 h. nous voila donc tous entasses dans la jeep, tentant de nous réchauffer comme nous pouvons…
A 10 h, nous arrivons dans un petit village. Où sommes-nous ? A Tupiza ? Eh bien non, nous sommes a Atocha et il va falloir attendre ici 2 h avant de reprendre une autre jeep…

Evidemment, on ne nous avait pas dit qu’il y avait un changement et qu’on devrait poireauter 2 h à rien faire !
On fait connaissance d’une autre touriste qui attend comme nous, Fabienne, une compatriote d’Olivier. Elle voyage seule en Amérique du sud depuis plusieurs mois.

A 12 h, on s’entasse de nouveau mais cette fois-ci dans une camionnette. La route est abominable, il y a des bosses partout, des tournants a n’en plus finir et nous sommes secoues dans tous les sens.
 Bien que les paysages soient magnifiques, je n’en profite pas du tout car j’ai rapidement le mal des transports et suis couchee sur Vincent pour essayer de ne pas vomir…

Tout le monde regarde « la gringo » malade… a un moment, je dois même faire arrêter le chauffeur pour sortir un instant. Il est furieux et au bout de 30 secondes, me dit de remonter dans la camionnette. Quel con !
Il voit bien que je suis malade mais visiblement, il s’en fout au plus haut point…

Décidément, on ne peut plus supporter les boliviens. La plupart sont très renfermes, pas accueillants, ne sourient jamais, ne répondent pas au bonjour et nous font bien sentir que nous ne sommes que des gringos.
En remontant  dans la camionnette, une touriste argentine me donne des lingettes pour me rafraîchir le visage. Elle est adorable, pas comme tous ces boliviens !

1 h plus tard, la camionnette s’arrête 45 min pour le déjeuner. C’est incroyable ! Alors que le chauffeur ne voulait même pas s’arrêter 5 min tout a l’heure alors que j’étais malade, alors que pour son déjeuner, on peut bien prendre 45 min !
heureusement, je vais beaucoup mieux pour la 2eme partie du trajet et je profite avec les autres des fabuleux paysages qui s’offrent a nous, alors que l’on approche de Tupiza les montagnes prennent une teinte rouge et sont parsemés d’énormes cactus. C’est grandiose ! On dirait un paysage de western.

Des notre arrivée a Tupiza, nous sommes surpris par la chaleur. On enlève nos bonnets, nos manteaux, nos polaires et on se retrouve en tongs et en tee-shirts. En plus, nous avons un super hôtel avec même une piscine (la classe !) pour un prix modique. Est-ce le climat ? En tout cas, les boliviens ici nous semblent plus sympas et détendus. Les gens nous saluent dans la rue, spontanément, nous font des sourires….
Cela fait 3 semaines que cela n’était pas arrive. Peut-être la proximité ou l’influence de l’Argentine.... on sent qu’on va se plaire ici !

L’après-midi, on réserve avec notre hôtel une excursion de 2 jours a cheval dans les environs, avec nuitee dans un village, et Olivier se joint a nous. Depuis le temps que je harcelais Vincent pour faire une balade a cheval ! Il était temps !


 
 

Lundi 2 octobre 2006 - Tupiza
 

Nous sommes un peu en retard ce matin : il faut faire les sacs et acheter des provisions pour ce midi. Nous avions RDV à 10h a l’agence pour le départ, mais nous arrivons a 10h30. Néanmoins, personne ne nous y attend vraiment…
Ah oui, notre réservation est écrite sur un papier quelque part qui traîne sur un coin du bureau… a la bolivienne donc ! Puis ils appellent le propriétaire des chevaux (quelle anticipation !) et nous collent dans un taxi.

A notre arrivée, les chevaux ne sont pas prêts et ils commencent juste a les seller. Le proprio nous demande combien de jours de randonnée nous avons choisi .incroyable !
Décidément, l’organisation n’est pas le point fort des boliviens, c’est le moins qu’on puisse dire !

Olivier, qui n’est jamais monte sur un cheval de sa vie, aura « Tabacco », le cheval blanc, le plus moche selon lui. On trouve rigolo le fait que son cheval s’appelle ainsi quand on sait qu’il est le seul fumeur du groupe !!!
Le guide a l’air jeune et en effet, il a 19 ans. Il ne parle évidemment pas anglais, tant pis, on se débrouillera avec notre peu d’espagnol.

Des le début, les paysages sont grandioses. Tupiza est en effet nichee dans la vallée du Rio Tupiza et encercle par les sommets déchiquetés de la Cordillera de Chicha, dont la couleur rouge surprend.
On se croirait dans un décor de far west, surtout avec ces énormes cactus hauts de plusieurs mètres. Sur nos chevaux, on se prendrait vraiment pour des cow-boys… il ne nous manque plus que des chapeaux !

Nous traversons des rivières au milieu d’une plaine fertile, entourée par de hautes montagnes. C’est vraiment superbe !
Comme nous sommes partis tard ce matin, nous sommes un peu en retard pour arriver au village ou nous devons passer la nuit. Les chevaux doivent le sentir car ils accélèrent l’allure. Ils trottent, voire galopent et pas moyen de les arrêter ! Ils n’en font qu’a leur tête !

Nous arrivons au village alors que le soleil se couche. Hourra ! Nous sommes tout courbatures ! Et nous marchons déjà comme des canards…

Petite soirée tranquille avec le guide avec nos quelques mots d’espagnols… le soir, on s’endort comme des masses !


 
 

Mardi 3 octobre 2006 - Tupiza
 

Mon dieu, est-ce possible que nous remontions sur ces satanes chevaux alors que nous avons mal partout ? Aie, aie les fesses…
Aujourd’hui, nous faisons nettement moins les malins ! Et surtout nous retenons nos chevaux pour qu’ils ne trottent pas, ça fait trop mal aux fesses !

Heureusement que les paysages nous consolent. Ces pics colores, ces vallées luxuriantes, ces petites rivières sont un enchantement pour nos yeux. C’est sur, après le pique-nique, nous avons un peu de mal a remonter sur nos selles, mais bon…
Retour sur Tupiza en fin d’après-midi.

Ces 2 jours a chevaux étaient vraiment super mais heureusement que nous n’avons pas pris 3 jours comme nous l’avions projeté au debut…

Pas de train demain pour villazon, a la frontière avec l’Argentine et les bus partent en pleine nuit… nous sommes assez fatigues après ces 2 jours de rando et décidons de rester 1 jour de plus a Tupiza et de prendre le train jeudi avec Olivier.


 
 

Mercredi 4 octobre 2006 - Tupiza
 

Nous avons réserve une excursion en voiture avec l’hôtel avec Olivier au nord de Tupiza, sur les traces de Butch Cassidy et du kid.
En effet, ils arrivèrent dans le sud de la Bolivie en août 1908 et y firent leur dernier vol sur le site de huaca Huanusca, une colline ou ils volèrent un butin de 100 000 dollars correspondant a la rémunération des salaries d’une société minière.

Ils furent retrouves quelques jours plus tard et lors d’échange de tirs, le kid furent grièvement blesse. Butch Cassidy mit fin aux souffrances de son compagnon puis retourna l’arme contre lui ; ainsi périrent les 2 bandits…qui furent enterres dans le village de San Vicente comme desconocidas (inconnus).
En tout cas, les paysages sont superbes : grands pitons rocheux sortis d’on ne sait ou, cactus géants, voies de chemin de fer tombant en ruine. On se croirait dans un décor de western. Il ne manque plus que la musique d’Ennio Morricone...


 
 


Jeudi 5 octobre 2006 - De Tupiza à Jujuy (Argentine)

 

Ce matin, nous achetons nos billets de train pour la frontiere bolivienne a Villazon, et en classe ejecutivo, la plus chere s’il vous plait. Pour ce prix, il y a des ventilateurs, de confortables sieges, une tele qui diffuse des clips demodes et un serveur qui nous apporte un immonde sandwich aux œufs frits !

Mais enfin, nous partons ! nous quittons la Bolivie qui nous laisse des souvenirs bien mitiges : paysages somptueux certes, mais l’hostilite des boliviens a l’egard des touristes nous aura bien refroidi. Jamais de sourires, de bonjours, pas d’echange, c’est sur pour eux, nous ne sommes que des gringos, seulement interressants pour notre argent.

Comment oublier qu’ils ont laisse 4 touristes ages sur la route d’Uyuni, alors que la nuit tombait et qu’il faisait froid, alors qu’ils savaient pertinamment qu’aucun bus ne passait avant plusieurs heures ? du jamais vu…
Aucune gentillesse, seulement de l’egoïsme en barre. Pas etonnant que la Bolivie ne s’en sorte pas avec une telle mentalite…ce que nous sommes impatients d’aller en Argentine !
Au bout de 3h de voyage,le train stoppe soudainement. Que se passe-t-il ? nous ne sommes pas arrives pourtant… et apres un quart d’heure, on voit tout le monde descendre. On comprend tant bien que mal que le train n’ira pas plus loin mais que nous sommes tres proche de la frontiere.
On arrive a recuperer nos sacs dans la cohue generale et partons a pied et 20 minutes plus tard, on atteint la gare de Villazon. Puis nous traversons Villazon pour rendre au poste-frontiere. Il y a une enorme queue mais la file avance vite, ils sont bien organises ces argentins.

Quelques coups de tampons et ca y est, nous sommes en Argentine. Waouh ! un panneau indique : Ushuaïa…Km. Pas mal.
Et un peu plus loin : les Malouines sont argentines. Il s’agit de 2 iles a 500 Km a l’est de l’Argentine perdues au milieu de l’Atlantique et revendiquees depuis 170 ans par l’Argentine. Mais en pratique, elles appartiennent a l’Angleterre. En 1982, l’Argentine tenta de les recuperer mais elle fut mise dehors par les britanniques. Une humilation dont les argentins ne se remettent pas.

Nous arrivons a la gare routiere de la Quiaca, la ville-frontiere du cote argentin et prenons tous les 3 un ticket pour Jujuy. La femme au guichet accepte que nous payons en bolivianos. Heureusement car nous n’avons vu aucun bureau de change de ce cote-ci de la frontiere.

Sur la route, le bus est arrete derriere une longue file de bus. Mais que se passe-t-il ? en fait,
C’est la police argentine qui fouille tous les bagages des passagers. Apres plus de 2 heures d’attente, c’est notre tour.
Vincent et moi sommes separes car il y a une salle pour les hommes et une autre pour les femmes. Pour les touristes, ils controlent juste les passeports mais tous les bagages des boliviens sont fouilles. Probablament pour chercher de la drogue.

Nous arrivons a plus de 22h a Jujuy. Nous sommes lessives. Arrives a l’auberge de jeunesse, il n’y a plus de chambres doubles, nous sommes obliges d’aller en dortoir. C’est la 1ere fois, ca nous fait tout bizarre de ne pas avoir notre intimite. Mais nous sommes si fatigues que le sommeil vient tout seul…


 

 
Par sms au +336 07 47 54 00