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Indonesie
 

Mercredi 14 juin 2006 - Jakarta et Medan
 

Nous sommes réveilles par un SMS de Air Asia nous informant que notre vol pour Medan (île de Sumatra) est retarde de 3h. Dommage pour nous car l’hôtel est vraiment paume et loin de tout… il n’y a rien à faire !

A l’aéroport, au moment d’embarquer, tout le monde se lève, mais la queue part dans tous les sens car tout le monde double, puis se met a courir vers l’avion. En effet, les places ne sont pas numérotées dans l’avion, alors c’est chacun pour soi !
On ne se fera jamais a ça en Asie !

Le soir, on rencontre une allemande et sa copine indonésienne au resto. Cette dernière nous donne quelques conseils pour l’Indonésie :

- toujours bien faire attention a ses affaires dans la rue, surtout dans les grandes villes.
L’allemande s’est fait arracher son sac a dos dans la rue avec tous ses papiers et son argent le 2eme jour… et comment faire sans argent, alors que même pour retirer de l’argent a Western Union, il faut son passeport, nous dit-elle,

- bien choisir sa chambre d’hôtel et vérifier s’il n’y a pas de trous dans le mur. Eh oui, il parait que les indonésiens « matent »…

- faire attention a son comportement avec les hommes quand on est une occidentale. Ne pas trop sourire, ça pourrait être mal interprete, et éviter de serrer la main des hommes qui en profiteraient pour nous « toucher » un peu trop longtemps..

il parait que s’ils appuient un doigt dans le creux de notre main pendant une poignée de main, cela équivaut a une déclaration sexuelle… mieux vaut être prévenue avant !

 

Jeudi 15 juin 2006 - Lac Toba
 

Nous prenons le bus « touristique » pour se rendre au lac Toba, c'est-à-dire un minibus bonde, sans AC, qui n’a en fait de touristique que le prix… surtout qu’il n’y a que des locaux !

Arrives a Prapat 4 h plus tard, la principale ville au bord du lac Toba, nous enchaînons avec un bateau pour Tuk Tuk, un petit bourg situe sur l’île de Samosir, au milieu du lac, ou se trouvent la majorité des guesthouses. Plusieurs rabatteurs viennent nous voir sur le bateau pour nous vanter les charmes de telle et telle guesthouse.
Les temps sont durs pour le tourisme en Indonésie….

A Tuk Tuk, il y a un jeune homme qui travaille a Liberta, la guesthouse que nous avons sélectionnée, et qui attend l’arrivée des touristes. Nous le suivons avec un autre couple.

Des le debut, gros coup de cœur pour cette guesthouse. Il s’agit de jolies maisons Batak traditionnelles en bois, très joliment décorées, dans un agréable jardin. Nous sommes tout de suite accueillis par Mister Moon, le gérant, un indonésien charmant et très souriant, qui nous appelle par nos prénoms. Autant dire qu’on se sent tout de suite a la maison !

Dans la grande maison principale qui sert de restaurant au 1er étage, nous faisons la connaissance de l’autre couple arrive avec nous : Edda, qui est américaine, et Frederic qui est quebecquois. A notre grand étonnement, Edda parle français et même couramment.
Ils font aussi un tour du monde 9decidement, c’est d’un commun !) Mais de…2ans ! Petits veinards !

Le plus drôle est qu’ils ont commence leur voyage exactement en même temps que nous, mi-octobre, et aussi par Katmandou…. Ce qui signifie que nous étions exactement dans la même ville au même moment, et qu’il est fort possible que nous nous soyons croise là-bas, il y a 8 mois…

Il pleut toute l’après-midi. On en profite pour lire et se reposer, avec les bons soins de Mr Moon.

 

Vendredi 16 juin 2006 - Lac Toba
 

Une bonne petite grasse matinée et les pancakes de Mr Moon nous remettent d’aplomb. Mais il pleut de nouveau…bien que ce soit la saison sèche en Indonésie.

En fin d’après-midi, on profite d’une éclaircie pour sortie de notre tanière et faire le tour a pied de tuk Tuk.
Nous sommes consternes. Partout, il n’y a que guesthouses, restaurants et boutiques de souvenirs… mais pas de touristes. C’est désolant. Personne, pas un chat.

Tous les restaurants sont vides, desesperement vides. On n’a jamais vu ça. Combien y avait il de touristes avant pour avoir toute cette infrastructure ? En tout cas, ça fait un peu bizarre de se balader dans une ville qui semble « morte’, une ville touristique désertée par les touristes….

Il parait qu’il y a 7 ans, 750 000 touristes par an visitaient Sumatra, alors qu’aujourd’hui, il n’y en a plus que 150 000….

 

Samedi 17 juin 2006 - Lac Toba
 

Belle petite journée en perspective. Nous partons motives pour un petit tour de l’île a moto. 1er arrêt au village d’Ambarita ou on peut voir des chaises et une table en pierre, ou, il y a 250 ans, le roi et sa cour venaient couper la tête du plus mauvais guerrier de la tribu. Ensuite, ils jetaient la tête dans le lac et mangeaient le corps…
voila qui a du donner de la motivation a certains !

Un peu plus loin, dans une boutique de souvenirs, on craque littéralement pour un gigantesque bâton en bois noir sculpte magnifique. Mais la vendeuse, une petite mamie, démarre a 600 000 roupies, soit plus de 60 dollars ! Elle descend a 350 000 roupies.
Mais non, c’est trop cher pour nous…

15 km plus loin, nous arrivons au village de Simanindo, ou se trouve un petit musée Batak et surtout l’ancienne résidence du roi. Les maisons Batak traditionnelles ont une architecture typique : le toit s’incurve et s’allonge a l’avant et a l’arrière.

Puis nous filons en direction de Pangururan pour aller tremper nos pieds dans les sources sulfureuses d’eau chaude.

C’est fou la sensation de liberté que donne la moto. On s’arrête quand on veut admirer le paysage, ou une jolie maison. Les gens sont sympathiques et nous sourient, et les enfants agitent leurs mains.

Sur le chemin de retour, on s’arrête a Ambarita. Le bâton en bois sculpte nous plait trop et on repart marchander avec « mama ». finalement, après 30 minutes de négociation, on repart avec notre bâton et 2 jolis statues pour 260 000 roupies…

Le soir, nous retrouvons Edda et Frederic, qui ont tente l’ascension de la montagne centrale de l’île…sans succès. Il y avait d’innombrables chemins et ils se sont perdus, et ont abandonne a 17h, sous la pluie… en revenant en stop avec un camion.

Ils sont très intéresses pour faire un trek sur l’île de Siberut, a l’ouest de Sumatra, comme nous, et nous décidons de rester ensemble pour se rendre a Bukkitingi organiser ce voyage.

 

Dimanche 18 juin 2006 - Lac Toba
 

Dernier jour tranquille a Tuk Tuk ou Mr Moon nous refait une santé avec sa cuisine excellente et sa bonne humeur.
Il nous explique qu’en fait, il n’est pas le propriétaire de la guesthouse qui appartient a son frere et a sa femme, allemande, qui ont lance l’affaire il y a quelques années, puis s’en sont désintéresses lorsque le tourisme a commence a baisser.

Depuis il gère l’affaire mais cela l’oblige a vivre loin de sa femme et ses enfants, qui habitent a Medan, a 5 heures de route. Dur, dur…
Mister Moon est vraiment un amour, on l’adore !

 

Lundi 19 juin 2006 - Lac Toba
 

Le bateau n’est qu’a 15 heures, alors nous prenons vraiment notre temps aujourd’hui…
A l’embarcadère avec Edda et Frederic, on aperçoit Mr Moon qui arrive. En effet, comme il n’y a plus personne a la guesthouse, il a décide d’aller voir sa femme a Medan.
Sacre Mr Moon, il est vraiment la gentillesse incarnée…

Apres le ferry, on prend une camionnette collective (un bemo) pour la gare routière. Le bus, qui vient de Medan, est en retard.
Nos places sont les dernières, tout au fond du bus, près des toilettes, c’est dire si nous avons bien fait de réserver.
Dans l’allée centrale sont disposes de petits tabourets en plastique. On aurait pas aime passer la nuit dessus !

Le trajet de nuit est interminable et la climatisation est tellement a fond qu’on gèle malgré nos polaires… et la porte des toilettes qui n’arrête pas de claquer…

 

Mardi 20 juin 2006 - Bukitinggi
 

Nous débarquons plutôt vaseux a Bukitingi. Edda et Frederic ne sont pas en meilleur état que nous…
On attrape un petit bemo rouge qui nous conduit au centre-ville et partons a la recherche d’un hôtel. Apres plusieurs tentatives infructueuses, Edda et moi partons trouver un hôtel pendant que les hommes nous attendent avec les gros sacs.
Les prix sont parfois disproportionnes avec la qualité, surtout après le Liberta Homestay avec Mr Moon au lac Toba !

Un des hôtels présente une belle réception. Sûrement trop cher pour nous… mais la patronne consent une réduction de 50%. Mais les chambres sont horribles et au bout de couloirs immenses, gris et tristes qui nous rappellent le film Shining !
On s’échappe de l’hôtel mais la patronne nous poursuit en baissant le prix… on accélère le pas… ouf, quel hôtel horrible ! on part toutes les 2 dans un énorme fou rire !

Finalement, on trouve une petite guesthouse charmante et pas chère et on rejoint les garçons qui s’étonnent qu’on soient parties si longtemps… comme si on avait traine en chemin !

L’après-midi est consacre a la préparation du voyage pour l’île de Siberut. Nous nous sommes mis d’accord sur une durée de 10 jours de trek. C’est a notre guesthouse que les prix proposes sont les plus intéressants. On discute avec le guide Ed, « not Eddy » (visiblement la nuance est importante a ses yeux).

Tout se passe bien jusqu’au moment ou on commence a discuter du prix. Il veut l’équivalent de 230 dollars par personne, alors que nous ne voulons pas dépasser 200, ce qui fera tout de même notre trek le plus cher depuis le début du voyage.

Il ne veut pas céder… nous non plus. Frederic lui demande ce qui peut bien coûter si cher en dehors du bateau. A nous 4, ça fait tout de même 80 dollars par jour, ce qui est une somme en Indonésie !
Il répond hausse du carburant, cabine de bateau… petit a petit, il se met a s’énerver et dit qu’il vaut peut-être mieux en rester la, car quand un voyage commence comme ça, ça n’est jamais bon.

OK, on tourne les talons. Mais Didi, l’adorable gérant de la guesthouse revient nous chercher. Il a parle avec Ed et c’est OK pour 200 dollars par personne. Départ dans 2 jours, soit vendredi.

On espère que Ed ne nous tiendra pas rigueur de la discussion, mais 40 dollars par jour a deux, c’est beaucoup plus que notre budget journalier habituel.

 

Mercredi 21 juin 2006 - Lac Maninjau
 

Petites emplettes au marche en prévision du trek : bracelets pour les , cigarettes selon les conseils de Ed, produit anti-moustiques, 2 paires de basket bon marche destinées a être « sacrifiées » sur l’île (on ne veut pas abîmer nos chaussures de marche avant l’Amérique du Sud, seule paire de chaussures fermées que nous ayons).

L’après-midi, on prend un bus pour le lac Maninjau et nous arrivons peu avant le magnifique coucher de soleil sur le lac, entoure de montagnes.

Le soir, au resto, un jeune indonésien nous aborde et nous demande ou nous logeons, puis si c’est nous qui étions d’abord allé a Muaro Beach, une autre guesthouse. C’est nous effectivement…

Pourquoi a-t-on change d’avis ? je me lance tête baissée dans les explications : « la femme qui nous a accueilli n’était pas très sympa, ne parlait presque pas anglais, les bungalows étaient trop chers pour la qualité… ».
Pendant ce temps, Vincent me fait les gros yeux mais je met plusieurs minutes a m’en apercevoir et a m’arrêter de parler…
« euh, pourquoi voulez-vous savoir tout ça ? »
« eh bien, je suis le propriétaire et la femme que vous avez vue était ma mère… ».

Je ne sais plus ou me mettre tellement j’ai honte. Quelle bourde ! J’essaie tant bien que mal de rattraper l’affaire : « en fait, les bungalows ne sont pas si mal. Eh puis, votre mère est gentille, c’est juste qu’elle ne parle pas du tout anglais… ».
Comme dit Vincent, ça m’apprendra à parler trop vite !

 

Jeudi 22 juin 2006 - Lac Maninjau
 

Nous sommes réveilles par la pluie. En fin de matinée, quelques éclaircies apparaissent.

On loue une moto pour faire le tour du lac. Il y a de magnifiques rizières et de jolis villages.
Les maisons traditionnelles ont des toitures recourbées se terminant par des flèches, rappelant les cornes de buffle. Toute cette région ainsi que celle autour de Bukittingi abrite la société Minangkabau qui se base sur l’Adat, une vieille tradition ancestrale qui privilégie l’ascendance maternelle.

En effet, la femme est souveraine, sédentaire, propriétaire et héritiere principale. C’est donc sur la lignée féminine que repose la transmission des biens. Une chose étonnante dans une société aussi musulmane ! (L’Indonésie est le 1er pays musulman du monde).

Le cœur de la société minang est la clan, constitue d’une grand-mère ou d’une arrière-grand-mère, qui règne sur la maison et sur ses terres, et ses descendants.
Elle est, avec les autres du village, gardienne des valeurs et traditions minangs.

On voit beaucoup d’hommes et de aux travaux des champs, dans les rizières. Il y a aussi beaucoup de piscicultures sur le lac.
Les gens sont très gentils et nous disent tous bonjour de la main…

En milieu d´apres-midi, nous rencontrons Sylvie et Christophe, 2 francais tres sympathiques deja rencontres au lac Toba chez Mr Moon. Quelle heureuse coincidence !
On se met a papoter joyeusement d´abord dans la rue, puis autour d´un verre...

En milieu d´apres-midi, nous rencontrons Sylvie et Christophe, 2 francais tres sympathiques deja rencontres au lac Toba chez Mr Moon. Quelle heureuse coincidence !
On se met a papoter joyeusement d´abord dans la rue, puis autour d´un verre...

A 18h, on retrouve comme prévu Didi, qui a déposé un groupe au lac, et nous faisons le trajet de retour avec lui.

A Bukittingi, nous retrouvons Edda et Frederic et allons dîner avec eux. Dernier repas « civilise » en leur compagnie avant de partir pour la jungle de Siberut le lendemain.

Edda et moi imaginons nos hommes en tenue de tarzan avec un minuscule petit pagne laissant apparaître leurs fesses blanches. Que l’on a hâte de voir la baleine blanche ! Edda adore cette expression que l’on vient de lui apprendre et n’arrêter pas de la répéter ! Quels fous rires !
Les hommes, de façon étonnante, sont beaucoup moins enthousiastes que nous….

 

Vendredi 23 juin 2006 - Depart pour l´ile de Siberut
 

Ce matin, derniers préparatifs avant le trek. Nous passons au marche pour faire renforcer la semelle de nos baskets bon marche, car nous avons croise Ed la veille, qui nous a fait peur, en prétendant que les chaussures ne tiendraient pas 2 jours…

On laisse les chaussures au cordonnier pendant qu’on en profite pour terminer nos achats. On repasse 1h plus tard pour s’apercevoir qu’il n’a pas commence ! il nous avait montre 1h sur sa montre et on en avait conclu qu’il fallait repasser dans une heure.
En fait, il voulait sûrement nous dire qu’il ne pouvait pas commencer avant une heure !

Catastrophe car nous sommes justes au niveau du timing pour le RDV de départ a l’hôtel. Que faire ? partir sans renforcer nos chaussures et prendre le risque qu’elles se décollent pendant tout le trek ?

Finalement, on les donne a un autre cordonnier. On est super stresse car en retard et on arrive avec 30 minutes de retard a l’hôtel…
tout le monde nous attendait, nous cherchait et on bloquait le minibus. Quelle honte !

2h plus tard, nous sommes au port de Padang. Il est 17h et le bateau devrait partir a 19h. mais rapidement, on nous informe que la mer est agitée et que le bateau ne partira que demain matin a 7h.
En plus, Ed, notre guide, nous annonce que nous n’avons plus la cabine réservée de 4 personnes car nous sommes arrives en retard…

On donne la cabine du capitaine a Edda et Frederic et celle du copilote pour nous.

Vu le retard du bateau, on en profite pour faire un tour et trouver un petit bar sympa proposant de la vodka, histoire de noyer notre chagrin !

 

Samedi 24 juin 2006 - Second depart pour l´ile de Siberut
 

Dans notre sommeil, on a senti le bateau qui partait. La mer esr rapidement tres agitee et ca secoue beaucoup dans le bateau. Au bout d´une heure et demi, le capitaine juge que la mer est trop dangereuse et fait demi-tour.
Bien que nous soyons frustres de revenir sur Padang, nous preferons quíl ne prenne pas de risques.

En effet, il y a quelques jours, un bateau a destination de l´ile de Nias (situee juste au dessus de Siberut) a fait naufrage...
Merci d´ailleurs a Yasmina et Sebastien qui nous ont envoye cette information par texto sur notre telephone portable, ils sont mieux informes que nous qui sommes sur place !!!!

A notre reveil, le bateau est quasiment desert. Pas de trace d´Edda et Frederic, ni d´Eddy (oups Ed... ca promet ! on n´arrete pas de faire le lapsus !). Il est 12h.

On part dejeuner dans une petite gargotte pas tres loin. On apercoit Edda et Frederic qui ont fait des petites courses.
Ils ont vu le capitaine qui leur a dit que le bateau partait vers 20h. On decide de se rendre en ville pour aller au cinema. Un petit bemo et hop... nous voila au centre-ville. Nous trouvons le cinema Raya ou ils passent Mission Impossible III en VO. Parfait !

On se depeche en sortant car il est 17h est que le capitaine nous a dit d´etre la a 18h.
On attrape un bemo bleu mais apres 15 minutes, on nous dit de descendre car nous sommes arrives au terminus. Nous realisons que nous avons pris un mauvais bemo...qui nous a amene exactement dans la direction inverse !

On est un peu paume. Un indonesien en moto s´arrete pour nous aider et nous fait monter dans un autre bemo, lequel nous depose a un grand carrefour ou il nous faut attendre un nouveau bemo dont il nous donne le numero.

Sitot au carrefour, nous sommes reperes. Plusieurs hommes s´avancent vers nous et veulent nous convaincre de monter dans leurs taxis. Ils parlent tous en meme temps, sont tous autour de nous.

Nous avons l´impression d´etre pris au piege...ils demandent des prix exorbitants bien evidemment pour nous ramener au port. On leur dit non, mais ils insistent. C´est la cacophonie. On va exploser !
Le ton monte. On ne se sent pas a l´aise, d´autant que la lumiere du jour decline.

Finalement, un 4x4 s´arrete avec un indonesien au volant, qui parle bien anglais. Il se propose de nous ramener car c´est son chemin et nous grimpons dans sa voiture devant les chauffeurs de taxis indignes de voir des touristes leur echapper..

Au port, nous apprenons que le bateau ne partira qu´a 20h. Autant aller diner dans une petite gargotte alors...
Au moment de payer, on nous sort une note plutot salee.. on demande le detail. Comme par hasard, le prix de la viande vient subitement de doubler ! on refuse de payer ce prix-la. Tout le monde nous regarde. Gros malaise.
Finalement, devant notre obstination, ils baissent le prix.
Comme c´est agacant de devoir se battre pout tout, meme quelques morceaux de poulet dans une petite gargotte d´un port !

Nous montons sur le bateau et debutons des parties endiablees de UNO aux cartes. Ce qui est drole, c´est que Fred nous dit toutes les 10 minutes : « la, ca me rapelle un peu le bridge parce que... », ou « j´ai vraiment un mauvais jeu. Meme si on jouait au bridge ! », ou encore « est-ce que vous saviez au bridge que... ». on est mort de rire !

Edda nous explique que Fred a achete pleins de bouquins de bridge lorsqu´ils etaient en Thailande et que depuis, il n´arrete pas de parler du bridge !

Edda nous apprend aussi un jeu de cartes qui s´appelle SPOONS (cuilleres) ou le 1er qui n´a plus de cartes (et donc gangne) doit attraper une des culleres au centre et les autres joueurs doivent se saisir des autres cuilleres pour ne pas perdre. Bien sur, il y a moins de cuilleres que de nombre de joueurs.

Comme nous n´avons pas de culleres, on improvise en prenant des stylos. Au bout de quelques parties, on s´arrache presque le stylo des mains, d´autres ne recuperent que le bouchon, des couples se dechirent ! mais toujours dans la bonne humeur !S

Nous jouons toute la soiree ce qui fait passer le temps vu que le bateau ne part toujours pas. Allons-nous un jour partir enfin pour l´ile de Siberut ? franchement, on commence un peu a desesperer...
Ed refait surface (tiens on l´avait oublie celui-la) pour nous dire que le bateau partait a 2h du matin.

Edda part aux toilettes et revient rouge de colere. Elle s´est apercue en sortant des toilettes qu´il y avait une fissure dans la porte et que des indonesiens l´avaient matte. Il n´y avait personne quand elle est entree et comme par hasard a sa sortie, tout un attroupement d´hommes etaient la, et rigolaient en la mattant.

Et le comble est qu´en se retournant a l´etage superieur, elle a croise Ed, notre guide, qui n´a rien trouve de mieux a faire qu´a rire en entendant l´histoire !

Nous sommes tous scandalises. Edda est hors d´elle et Ed s´en prend plein la tete, ce qui est merite vu sa reaction. Dans notre enervement envers Ed, on se met tous a l´appeler Eddy alors qu´il nous a repete plusieurs fois au debut qu´il s´appelait Ed et pas Eddy.
Oups, il va falloir faire attention sur l´ile quand on l´appelera !

 

Dimanche 25 juin 2006 - Depart pour l´ile de Siberut, enfin la bonne !
 

Le bateau est enfin parti cette nuit a 2h. Apres le petit dejeuner, nous renchainons sur des parties de UNO. Ca passe bien le temps.

Pres de nous, il y a des indonesiens qui jouent aussi aux cartes mais eux parient d l´argent. Un des joueurs nous lancent des oeillades a Edda et moi. Il y en a vraiment qui ne doutent de rien. Faire ca alors que nos 2 copains sont justes a cote !

En fin d´apres-midi, le bateau accoste a Siberut mais au nord de l´ile. Nous n´arriverons que demain matin de bonne heure au sud de l´ile d´ou part notre trek.

On descend du bateau et on part faire un petit tour. Au cours de notre promenade, on croise 2 frnacais, Christophe, qui habite sur Siberut depuis 4 ans et son amie Helene, venue le rejoindre pendant ses vacances.
Christophe est anthropologue et etudie les singes. Ils prennent le meme bateau que nous ce soir car ils retournent sur Sumatra.

 

Lundi 26 juin 2006 - Ile de Siberut
 

Nous arrivons vers 6 heures au sud de l´ile. Dur, dur de se lever. Le bateau sert aussi a approvisionner l´ile en produits finis.
Ainsi, des hommes dechargent une mobylette bleue neuve et on voit arriver la proprietaire, ravie, qui, visiblement est tombee de son lit car elle est en pyjama et ne peut s´empecher de grimper sur son engin avec son beau casque assorti !

Nous nous mettons tous en marche et traversons le premier village pour arriver a une maison designee par Ed, pour y prendre notre petit dejeuner.
En voyant Ed discuter avec une jeune ur un ton plus qu´amical, nous devinons tout a coup qu´elle est sa femme.

Il nous avait effectivement dit qu´il s´etait remarie avec une jeune fille de Siberut, de 19 ans (il a 38 ans ...). A la voir, on lui donnerait a peine 17 ans. Sacre Ed !!!

En se remetant en marche on s´apercoit qu´elle vient aussi. Ferait- elle le trek avec nous ? Ed ne nous a rien dit a ce sujet mais il n´a pas l´air tres fort en communication ...
Nous arrivons pres d´une riviere ou une pirogue a moteur nous attend. Aux commandes, il y a Robert (est- ce son vrai nom ?), un charmant Mentawais qui a un large sourire, meme s´il ne lui reste plus beaucoup de dents ...

Il est tres fier de nous raconter qu´il est parti une semaine en Europe (Paris, Buxelles, Berlin, ...) avec d´autres Mentaewais, pour faire un spectacle de danses traditionelles. Incroyable ! Et nous qui allions sur Siberut pour rencontrer des gens coupes du monde moderne ! Quelle bonne blague !

On s´arrete et Robert grimpe dans un cocotier pour aller prendre quelques coco verde. En 3 coups de machette, il nous fait une petite ouverture dans le fruit. C´est delicieux !
Apres que nous ayons bu tout le lait de coco, il coupe les 2 noix de coco en deux, et coupe en biais une petite partie de l´ecorce, pour nous servir de cuillere pour manger la chair de la coco. Ingenieux !

Nous sommes en train de deguster tranquillement notre coco quand surgit (je dis bien surgir car on ne l´a pas entendu arriver !) un Mentawais habille de facon traditionnelle.
Enfin, habille, c´est un bien grand mot puisqu´il ne porte en fait qu´un petit pagne vegetal marron, qui passe entre ses fesses, des colliers de perles, un bandeau, des bottes en caoutchouc (seule concession au monde moderne) et ... des tatouages fonces sur tout le corps. Impressionnant.

Il s´appelle Aman Grey Sic (Ca ne doit surement pas s´ecrire comme ca, mais bon, on fait ce qu´on peut !) et sera notre « cuisinier » pendant le trek (pas de larves au menu, on espere ...).

On remonte tous en pirogue et apres 30 minutes, on fait un nouvel arret a un village dit « gouvernemental ». Ces villages ont des maisons proches les une des autres, des chemins betonnes, une ecole, une epicerie ...

Bref, pas vraiment ce a quoi nous nous attendions. En fait, Ed nous rassure. Ce village est juste une halte car on se rend dans la maison des parents de sa femme pour qu´elle puisse prendre des affaires pour le trek.
Les villages ou nous allons dormir sont completement dans la jungle, sans comodites, et ne sont composes que d´une maison.

On remonte une nouvelle fois en pirogue. C´est incroyable comme le paysage nous fait penser a l´amazonie (enfin, les images vues dans les reportages, nous n´y sommes jamais allse) : une eau opaque, marron (on y tramperait pas la main !), des berges boueuses, et de part et d´autre une vegetation touffue et luxuriante.

La pirogue emprunte une petit canal perpendiculaire a la riviere, mais la vegetation est tres dense et le bateau progresse lentement.
De plus, le niveau de l´eau est trop bas et le bateau touche le fond. Ed, Robert et Aman Grey Sic en descendent et poussent le bateau. Rapidement, Frederic et Vincent font de meme ... Puis Edda et moi ...

Mais il n´y a vraiment pas assez d´eau a cet endroit. Ed nous dit qu´on va continuer a pied jusqu´a la maison, en prenant les vivres avec nous. L´aventure commence !
Il faut nous voir, les pieds dans l´eau, charges, remontants sur la rive boueuse, s´enfoncant parfois dans la boue ... La plus a plaindre est Edda qui porte les oeufs. Grande responsabilite !

Ed n´a pas menti, nous sommes en 20 minutes a la maison, qui fait office de village car chaque maison regroupe un clan, c´est a dire une famille au sens large du terme.
Il s´agit d´une grande maison en bois, au toit de chaume. On y grimpe en marchant sur un tronc d´arbre car elle est surelevee, les porcs se baladant dessous.

La premiere partie est faite de bambous, avec 2 longs troncs de chaque cote qui servent de corde a linge. Puis c´est la partie « salon » ou se trouve tout le monde et dont les parties externes presentent des bancs. Plus a l´interieur, il y a « la cuisine » avec les pierres et le feu.
Enfin, un mur et une porte permettent d´entrer dans une piece centrale, la seule « fermee » qui sert de chambre et de garde- manger.

Un petit tour a la riviere pour se laver ne nous fait pas de mal apres les 3 jours passes sans se laver dans le bateau ...

Le soir, les Mentawais nous observent. Les hommes viennent nous demnander des cigarettes. Ca nous fait un peu bizarre ...

Pour la nuit, on nous installe des nattes en bambou sur le sol, sur un mini- matelas en mousse, une petite moustiquaire et le « lit » est pret ! Nous dormons tous tres mal cette nuit la : l´inconfort de dormir sur le sol, les bruits des gens (les vieilles personnes qui toussent, les bebes qui pleurent ...), les bruits inquietants de la jungle et ceux des porcs qui mangent et grognent toute la nuit (ils ne s´arretent donc jamais) ...

 

Mardi 27 Juin 2006 - Ile de Siberut
 

Nous avons tous les traits tires ce matin et mal partout ! Apres le petit dejeuner, j´apercois une jeune femme avec son bebe. Celui-ci a une villaine inflammation sur le torse, infectee.
Ma conscience de medecin m´empeche de rester sans rien faire, d´autant que nous avons apporte quelques produits de base pour le trek.

Je donne a la mere des compresses steriles et du desinfectant et demande a Ed de traduire pour expliquer comment faire a la maman. Il rechigne a la tache, me dit que ca ne sert a rien et traduit le tout en a peine 2 minutes.
Comme je n´ai pas confiance en ce qu´il a traduit, j´emmene la maman a l´interieur et lui montre comment se laver les mains et desinfecter la plaie. Elle a l´air attentive. Esperons qu´elle ait compris !

Puis nous partons tous les 4 avec Ed et sa femme a la cascade situee a 1/4 d´heure. C´est une charmante cascade qui nous apparait comme la plus merveilleuse des piscines.
On barbote, on s´amuse ... Ed et sa e sont mis dans un coin et roucoulent. Il partent avant nous, ce qui nous permet de nous apercevoir avec stupeur que Ed a grave son non sur une pierre. Ne serait- il pas un peu megalo ?

De retour a la maison, notre repas nous attend et pas seulement lui ! Un homme vient vers moi pour me montrer une vilaine plaie du pied qui va jusqu´a l´os. Il n´etait pas la ce matin et habite dans un village plus loin.
Comment a- t-il su aussi vite qu´il y avait quelqu´un pour le soigner ? Je regarde, c´est vraiment moche.

De nouveau, lavage, desinfection et gros pansement. Je lui explique de surtout maintenir le pansement au sec, de ne pas marcher dans la boue. Il parle quelques mots d´anglais et me comprend. Evidemment, il faudrait que son pansement soit refait regulierement.

Ed se moque de moi, et me dit que ce que je viens de faire, ne sert a rien. Ce qu´il m´enerve celui la !
N´y a t il pas d´infirmiere sur cette ile ? Mais si, repond Ed, au village gouvernemental, a une heure de marche, et d´ailleurs le fils de cet homme y habite. Alors pourquoi n´y est- il pas alle ? c´est payant. Alors il prefere garder l´argent pour acheter des cigarettes ...

Je me demande si c´est vrai, car je n´ai pas confiance en Ed. Mais si c´est le cas, j´aurais fait tout ca pour rien.

Apres le dejeuner, nous commencons notre trek pour rejoindre un 2eme village.le trek est tres eprouvant car nous marchons dans la boue, ou sur des troncs d´arbres ou des bambous glissants en equilibre.
Parfois, il nous faut passer sur des arbres au dessus de petits cours d´eau, en equilibre precaire…

Des fois, il faut traverser des tours d´eau dont le fond est boueux. Chaque fois que quelqu´un s´enfonce dans la boue (jusqu´au genou parfois), on entend “oh mince!” ou “ah…”. Bien sur les autres en profitent pour rire et prendre des photos!!!
Comme il fair tres chaud et humide, on degouline de partout.

Sur le chemin, Edda demande a Ed des renseignements sur un fruit inconnu, situe pres d´un bananier.
Ed repond, avec un grand sourire : une banane. Mais la plaisanterie ne fair pas du tout rire Edda qui se fache et se met tres en colere contre Ed en le traitant de guide nul, que ses blagues ne font rire que lui, et qu´il ferait mieux de nous exliquer des choses, qu´il est assez bien paye comme ca.

On n´ose pas intervenir car Edda est suffisament enervee, mais au fond, nous pensons tous comme elle… Ed se perd en justifications.

Au bout de 3h30, nous arrivons en fin a la maison et courons rapidement nous laver dans la riviere. Notre plaisir est de courte duree car de petites insectes noirs (des mouches?) nous piquent partout.
C´est une horreur!

Dans la maison, une vieille femme toute ride, vient nous voir et nous demande des cigarettes. Elle me fait des sourires et metouche les cheveux dont la couleur a l´air de lui plaire.
Nous sommes un peu surprise que les mentawais viennent tous nous demander des cigarettes, et cela est un peu enervant, comme s´ils se rejouissaient de voir des touristes juste parce qu´ils savent qu´ils apportent des cigarettes.

Est-ce un besoin cree par les touristes? Non, selon Ed, car ils fumaient avant que les tourists ne viennent. Mais avec nous, ils les ont a l´oeil…
On se sent un peu “raquete”. C´est sur, nous avons achete les cigarettes pour eux mais on pensait les offrir, comme cadeau, plutot qu´elles soient reclamees.

D´un autre sens, ne sommes-nous pas un peu s egalement car nous venons sur Siberut en grande partie pour voir le peuple mentawais?
Les Mentawais ont garde leurs coutumes ancestrales comme peu de peuple aujourd´hui. Ils vivent dans des endroits recules de la jungla dans un milieu tres hostile.

Ils sont restes tres longtemps coupes du monde exterieur, jusqu´au XIXeme siecle ou sont apparus les 1ers hollandais.
Ils vivent en autarcie, pratiquent le troc, vivent de cueilletes, un peu de chasse (singe notamment), un peu d´elevage (poules et cochons aux yeux bleus!) et trouvent tout ce dont ils ont besoin dans la foret.

Pas d´electricite, pas d´eau courante… des tatouages a l´encre vegetale sur tout le corps, des torse nu, des shamans pour celebrer les fetes rituelles.
Mas aussi une societe regroupee en clans familiaux, sans ecriture et sans calendrier. Personne ne connait donc son age! Peut-on imaginer societe plus eloignee de la notre???

 

Mercredi 28 juin 2006 - Ile de Siberut
 

Aujourd´hui, c´est la journee d´activite prevue avec les mentawais. Ils nous proposent de les accompagner pour la cueillette des Durians, un fruit bien connu en Asie et tres apprecie, a la chair jaune, et a l´exterieur vert herisse de gros piquants, d´environ 35 cm de longueur. Pourquoi pas?

Nous partons donc tous apres le petit dejeuner affuble de paniers vegetaux sur le dos, fabrique a la main par les mentawais. Probablement, une petite balade de 10 minutes pour arriver jusqu´aux arbres pensons-nous…
Tant mieux car nous sommes courbatures de nos marches et surtout de nos nuits (qu´il est dur ce plancher en bois pour nos corps!).

Grosse erreur. Nous marchons plus d´une heure, sous le soleil, dans la boue, en traversant des cours d´eau, en escaladant des troncs d´arbres morts en travers du chemin, notre panier se prenant dans des branches d´arbres….
Tout ca pour aller cueillir quelques fruits? Tant d´efforts deployes!

Nous arrivons epuises a destination. Les mentawais sont deja la depuis un moment et la cueillete a deja commence.
Un des hommes a grimpe en haut de l´arbre a durian, a 30 metres de hauteur et coupe la queue des fruits avec sa machette. Les fruits tombent sur le sol avec un bruit sourd sans se fendre. Tout le monde attend sagement un peu plus loin cari l ne faudrait pas se prendre un durian, qui pese bien 2 kg, sur la tete!

sitot fini, les se precipitent sous l´arbre pour mettre les durian, qu´elles attrapent en plantant leur machette dans l´ecorce (n´oublions pas les piquants!) dans les paniers..

un arbre termine et on s´eloigne pour passer a un autre. Nous assistons ebahis a l´escalade du 2eme arbre par un autre grimpeur.
Il se sert d´un cerceau ouvert en bambou, recouvert d´un tisú vegetal a base d´ecorce (pour “accrocher” et ne pas glisser sur l´arbre).

L´une des extremites du cerceau entoure son poignet et il tient l´autre extremite dans cette meme main. Pour grimper, il entoure le cerceau autour de l´arbre et s´en aide comme d´un appui.
De sa main libre, il tient sa machette pour faire des entailles dans le tronc de l´arbre, lui permettant d´avoir un appui plus stable pour ses pieds.

Il monte a une vitesse surprenante, extremement concentre (on imagine bien pourquoi, toute chute serait terrible!).
Son corps et ses muscles sont tendus sous l´effort qu´on devine intense.

Nous avons tous les yeux fixes sur lui, en silence. C´est un moment intense. Quand il est arrive en haut et s´assoit sur une branche, la tension redescend.
A sa descente, il est couvert de sueur. Seuls les homes jeunes grimpent ainsi aux arbres, on comprend pourquoi!

La cueillette a ete bonne et bien que beaucoup de durians soient manges sur place (tout le monde est affame après la marche et la cueillete et il ne doit pas etre loin de midi), il y a assez de durian pour remplir tous les panniers qui deviennent d´un coup tres lourds…
d´autant que les lanieres vegetales ne sont pas tres confortables et entaillent nos epaules.

Enfin, sauf les miennes car je suis la seule a n´avoir pas de panier… ils ont du s´apercevoir que la marche etait assez difficile pour moi et que je m´en sortais a peine! Quelle pietre aventuriere je fais!

Nous entamons le chemin de retour et faisons une halte pres d´une riviere. 2 mentawais vont couper un arbre dont l´ecorce sert a fabriquer le petit pagne vegetal qu´ils portent.
Cette fois, c´est pour Vincent et Frederic qu´ils prelevent l écorce afin de leur fabriquer un petit pagne! Edda et moi sommes emballes, mais nos homes ne le voient pas de cet oeil!

Nous reprenons la route, charges comme des anes. Les enfants ont eux aussi des panniers remplis a ras bord, meme les petits.
Tous les mentawais marchent pieds nus, a vive allure, avec une agilite surprenante. 2 des portent de Lourdes charges de longs bambous. L´une d´elle est enceinte jusqu´au cou….

Il est presque 15h quand nous rentrons a la maison. Nou sommes epuises. Tant d´efforts deployes pour aller cueillir quelques fruits!! Quelle vie difficile!
Nous sombrons dans une petite sieste reparatrice…

En fin d´apres-midi, Vincent et Frederic doivent s´occuper de leur future pagne. Un mentawai leur montre comment tanner l´ecorce avec un gros gourdin de bois et ils s´executent, une cigarette a la bouche.
Nous les regardons, amuses, egalement une cigarette a la bouche.

Nous nous sommes tous mis a fumer de stress et de fatigue, alors que nous sommes normalement non fumeurs. Un comble quand on sait que nous sommes loin du bruit, du traffic, de la pollution qualifies de stressant dans notre societe.

En fait, nous sommes bien plus stresses par les conditions de vie difficile des mentawai, et la jungle, milieu hostile. Tout est toujours difficile, rien n´est simple.
Une cueillete banale et habituelle pour les mentawais s´est revele un trek epuisant pour nous. Se laver dans les rivieres est un combat contre les insectes qui en profitent pour nous piquer partout.

Et le petit pipi du soir est une vraie expedition! En effet, il faut descendre de la maison sur le tronc d´arbre sans glisser en tenant la lumiere d´une main, le papier toilette de l´autre. Puis partir s´enfoncer dans la jungla pour trouver un endroit propice, en surveillant attentivement tout ce qui bouge…
Edda et Frederic ont apercu cet après-midi un serpent noir raye rouge, repute comme tres veninmeux… ce qui ne va pas pour nous rassurer!

Nous realisons quelle vie facile nous avons en Occident, et a quell point nous avons de la chance.
Chez les mentawais, seuls les bebes les plus forts survivent. Les autres meurent en bas age, souvent avant l´age de 1 an. La mortalite infantile est tres elevee. Ici pas de medicaments pour soigner les infections…

Il y a bien les shamans qui connaissent vuelques mixtures a base de plantes. Mais quand Ed nous dit que n´importe qui peut etre shaman, nous sommes un peu decus…
il faut juste offrir 30 cochons en sacrifice et faire seulement 3 mois d´apprentissage chez un shaman.

Les sont tres endurantes et costauds. Ed nous dit qu´il a deja asiste a plusieurs accouchements et que les ne poussaient pas un cri, tant pendant les contractions qu´a la delivrance.
Pour une fois, on le croit!

Edda m´amene la petite fille de la maison, qui pleura, parce qu´elle s´est blessee au pied avec sa machette. Heureusement la plaie n´est pas profonde, et j´entreprends de la desinfecter.
Lorsque j´applique le desinfectant, qui doit pourtant pas mal la bruler, elle ne bronche pas. Je suis etonnee. Les enfants aussi sont resistants a la douleur!

Elle est toute fiere d´avoir un petit pansement blanc (qui ne le rsetera pas tres longtemps…) et le montre aux autres.

A la nuit tombee, la vieille femme de la maison vient me chercher avec Edda pour aider les