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Chine du Sud
 

Jeudi 8 decembre 2005 - Macao
 

Les Philippines nous ont bien plus, malgre nos aventures a Banaue, et pourtant nous sommes heureux de changer de pays, meme si c’est la Chine!
Comme on a calcule notre timming trop juste ce matin et qu’on s’est reveille en retard, on est tout stresses dans le taxi qui nous amene a l’aeroport, en voyant les bouchons. Mais notre vol de 10h pour Hong Kong a ete retarde a 10h45, donc tout se finit bien.

A l’aeroport, on repond a une enquete menee par le bureau du tourisme et on gagne 2 magnifiques portes-clefs! Arrives a Hong Kong, on prend un bus qui nous amene directement de l’aeroport au terminal de ferry pour Macao. Sitot achete notre ticket et la douane passee, on est dans le superferry Turbo Jet qui fait la traverse en 1 heure pour Macao.
Puis de nouveau on passé la douane. Et un autre tampon sur notre passeport! Le bus nous depose devant le Largo Senado, en plein center-ville a 2 rues de notre hotel. Notre quartier est tres sympa, anime et central. C’est parfait! Dans notre rue, les maisons sont basses, beaucoup sont rouges avec des ecritures en chinois et en portuguais. Les boutiques vendent une espece de pate rouge et fine, vendue par carre: il s’agit de viande de boeuf ou de porc seche, confites avec du sucre. Pas tres tentant…
Dans des aquariums, de gros poissons nagent, attendant d’etre choisis par les clients des restaurants.

 

Vendredi 9 decembre 2005 - Macao
 

Macao est une ville interressante car s’y melangent les influences chinoises et portuguaises. En effet, Macao est une ancienne colonnie portuguaise habilement gagnee par ces derniers au XVIeme siecle pour avoir aide la Chine a se debarrasser d’une bande de pirates. Malins ces portuguais!
On imagine alors la prosperite de cette ville de 6 km2 (seulement!) qui aura, pendant plus de 100 ans, le monopole du commerce entre la Chine et l’occident (rappelons que l’ile de Hong Kong ne fut cedee aux anglais qu’en 1841…). Ce qu’on sait moins, c’est que Macao fut aussi la principale base de mission des jesuites en Asie. Malins ces jesuites!

Les chinois ont recupere Macao en 1999, soit 2 ans après Hong Kong. Que reste-t-il aujourd’hui du passé portuguais de Macao? Tout d’abord, le chinois et le portuguais sont langues officielles et nous devons avouer que cela nous a bien aide pour visiter et nous deplacer, car sans parler portuguais, les mots secomprennent facilement.
Macao est egalement une ville ou il fait bon flaner (surtout quand il fait 20 degres….), emplie de belles eglises et de batiments coloniaux a arcades, et aux dous tons pastels ocre, vert anis, rose et abricot, de jolies places avec des fontaines et une certaines nonchalance qu’on pourrait qualifier de mediterraneenne (avis a tous nos amis de Marseille…).

Pour ce 1er jour de visite a Macao, nous avons axe notre visite sur le center de le peninsule: le Largo Senado, place centrale de Macao, bordee de batiments a arcades charmants et d’une fontaine centrale transformee pour l’occasion en sapin de Noel.
Puis l’eglise Sao Domingos avec une belle façade baroque jaune et blanche et don’t la statue de la vierge a l’enfant est portee en procession a travers la ville le 13 mai (fete portuguaise de Notre Dame de Fatima).

Enfin nous accedons a l’eglise de Sao Paulo, embleme de Macao. Je dis eglise mais je devrais plutot parler de ruines car en fait il ne subsiste que la façade, le reste ayant completement brule dans un incendie de 1835. cette eglise fut batie en 1594 par les jesuites pour la formation des missionnaires. La crypte abrite les reliques des 1ers martyrs chretiens du Japon.
Une petite allee sur la droite monte vers le fort de Sao Paulo de Monte erige par les jesuites au XVIIeme et qui sauva Macao au cours d’une attaque hollandaise en 1622. en effet, un jesuite italien tira un habile coup de canon sur la reserve de poudre des assailants qui avaient jusque la l’avantage. Ceux qui survecurent durent batter en retraite. Plutot rigolo, non?

Le Fort abrite desormais le formidable Musee de Macao, tres didactique qui retrace le passé de la ville de Macao, depuis le neolithique jusqu’a present. De nombreux parralleles sont faits entre culture chinoise et portuguaise: cuisine, mode, bateaux, religions, habitations. Il y a beaucoup de reconstitutions d’interieurs de maisons, des costumes portuguais et chinois, des maisons miniatures. Le musee, moderne, mele tous les types de supports: papiers, objets, videos, ordinateurs, hologrammes , audio… on y apprend comment se faisait le commerce de la soie… vraiment passinnant.

Petite détente dans le jardin de Camoes ainsi nomme en memoire du grand poete portuguais qui aurait vecu a Macao pendant son exil. En descendant vers la pointe de la peninsule, on decouvre la ravissante place Santo Agostino, bordee par l’institut de la Culture de Macao dans une belle demeure coloniale aux tons jaunes, par le seminaire San Jose vart anis et la jolie eglise Santo Agostino, helas en restauration.
C’est en fin d’apres midi, alors que le soleil de cline, que nous arpentons la belle Praia Grande, gigantesque avenue longeant un des 2 lacs artificiels.

 

Samedi 10 decembre 2005 - Macao
 

A l’extreme sud de la prequ’ile de Macao trone le temple de A-Ma, tel un phare. Construit au XIVeme siecle, il est consacre, comme son nom l’indique a la deesse A-Ma, protectrice des pecheurs (aussi connue sous le nom de Tianhou ou Mazu dans d’autres regions de Chine).

Pour la legende, A-Ma naquit en 960 dans la famille d’un pauvre pecheur chinois d’un lotus bleu oofert par une deesse. Elle avait des visions et un jour, restee a la maison, elle vit en pensee son pere et ses freres parties pecher, aux prises avec une tempete effroyable. Tandis que son “esprit” s’avancait sur les flots pour les ramener a bon port, en tyrant sur les cordages, sa mere fut effrayee de la trouver assise et comme absente, pale comme une morte.
Elle secoua sa fille pour la reveiller et du meme coup, interrompit le sauvetage en reve: A-Ma n’eut pas le temps de sauver son pere qui perit en mer. Elle mourut quelques temps après, en 987. puis les miracles commencerent :elle apparaissait aux equipages en danger sous des traits humains, flottant sur un nuage au milieu des vagues dechainees ou brillant en haut du mat.

Son culte se propagea lentement et fut reconnu par les empereurs chinois qui firent d’elle une “imperatrice celeste” (tianhou). On dit que A-Ma, se faisant passer pour une jeune fille sans resource, aurait fait escale sur la peninsule de Macao qui prit ainsi le nom de A-Ma Gau cad “la baie de A-Ma”, rebaptisee plus tard Macao par les portuguais (vous suivez?).
Le bateau, sculpte sur un rocher, a l’entrée du temple, represente le vaisseau qui aurait amene la deesse.
A l’interieur, le temple est tres actif, rempli de chinois deposant des tiges d’encens et des offrandes, plus ou moins curieuses: des sacs d’orange (laisses dans leur sachet en plastique), une poule deplumee et entiere. Et que dire de ces curieuses bassines remplis d’eau et de plantes ou les chinois deposent des billets et se trempent les mains? L’eau a surement un rapport avec la mer, certes, mais tout ca nous semble tres obscur a nous, pauvres occidentaux…

Pres du temple se trouve le sympathique musee maritime averc ses maquettes de bateau et pleins de docs nous expliquant les grandes fetes chinoises se rapportant a la mer.
On se fait plaisir en dejeunant dans un resto portuguais tres connu, Lorcha. Ces petites sardines grilles, un vrai delice, et cette soupe de poisson…
En penetrant dans le jardin de Flora, nous prenons le telepherique, d’ou on decouvre une belle vue sur Macao, et après quelques minutes de marche, nous atteignons le Fort de Guia bati en 1637. on y trouve un phare datant de 1865, le plus ancien de la region, d’ailleurs toujours en activite.
Pres de lui, une curieuse chapelle nommee Notre-Dame de Guia (1590) au seuil de laquelle est gravee dans le sol une intriguante inscription :” ci-gisent les restes de Christ., par accident, car son corps n’a pas merite l’honneur d’un tel sepulcre!”. Nous qui venons de lire le Da Vinci Code, nous voile deja parties dans notre imagination galopante…

La nuit commence a tomber, on se depeche pour arriver au temple de Kun Iam avant sa fermeture, in extremis. Ce temple est dedie a la deesse bouddhique de la Misericorde Guanyin (Kun Iam en cantonnais) et est le plus grand et le plus vieux de Macao.
On prend un bus pour revenir dans le quartier de notre hotel mais on se gourre de direction. Quand on pense, qu’ici, tout est raduit en portuguais, on se dit que ca promet pour le reste de la Chine, quand il n’y aura plus que des ideogrammes et personne pour parler en anglais…

 

Dimanche 11 decembre 2005 - De Macao a Guilin
 

On attrape un bus pour la frontiere avec la ville de Zhuhai. Les formalites de douane se passent sans probleme et il est 12h quand on penetre “vraiment en chine’. Plus personne ne parle anglais…
On ne sait comment on finit par trouver la gare routiere et on reusiit a acheter 2 billets pour Guilin a 18h30. on ne rafole pas des bus de nuit mais de toute facon, c’est le seul bus qui existe pour Guilin, de Zhuhai, alors…
Au guichet, la vendeuse chinoise ne parle pas un mot d’anglais. On dit juste “Guilin” et on montre 2 avec nos doigts. Elle nous tape le prix sur la calculatrice. Vive la communication!

On a un peu de mal a se reperer dans cette ville, pas tres interressante comme la majorite des villes frontiers. Dommage pour nous, le seul café internet indique dans le guide a ferme et on n’en trouvera pas d’autres. Une surprise nous attend a la gere routiere. On imaginait notre bus comme un vieux tacot, avec la clim a fond, sans aucune chance pour nous de fermer l’oeil de la nuit.
En realite, notre bus est moderne et ultra confortable et quelle n’est pas notre tete de decouvrir des lits avec oreillers et couverture. On nous remet une bouteille d’eau et un sachet pour mettre nos chaussures et on nous montre, sous les matelas, un emplacement pour les y placer. Et pas de clim a fond! Il fait bob dans le bus, Presque douillet, chouette!

 

Lundi 12 decembre 2005 - Guilin
 

On arrive a 8 heures a Guilin sous un ciel bleu. On a encore perdu 10 degres en temperature par rapport a Macao. Dur, dur! On galere un peu pour trouver notre hotel qui a change de place. Un vieu chinois sur ron velo s'arrete pour nous aider. Il parle quelques mots d'anglais (incroyable).
On est recompense de nos efforts par la jeune fille a la reception, adorable.

Tout le monde, inconsciement, connait Guilin car ses paysages font partie des lieux les plus connus en chine. En effet, qui n'a jamais vu ces belles estampes chinoises ou l'on peut admirer de magnifiques eperons rocheux s'elevant gracieusement vers le ciel et ou serpente une riviere ? Un poete chinois ecrivait, il y a mille ans, en contemplant ce spectacle:"La riviere est un ruban de soie vert et les montagnes s'elencent telles des aiguilles de jade".

On se rends a la grotte des flutes de roseau. Il sagit d'une grotte sousterraine dont l'entree etait masque par des roseaux, d'ou le nom.
L'entree (60 Yuans) nous semble chere mais la visite vaut le coup. Une extraordinaire succession de stalactites et de stalagmites, sous des eclairages multi-colore intelligement places, nous laisse stupefait. On se croirait sur une autre planete ou un film de science fiction.

Une salle denommee "Palais de cristal du roi dragon" de 200 m de long est le clou du spectacle : on y voit un decor extraordinaire representant, pour les chinois, un panorama nocturne de la ville de Guilin se refletant dans les eaux du Lijang, dans des couleurs bleu nuit. Reellement stupefiant. On dit que cette salle peut contenir plus d'un millier de personnes et qu'elle fut utilisee comme abri anti-aerien durant la guerre sino-japonaise.

Puis visite de la colline en trompe d'elephant (Xiangbi Shan) ainsi denommee en raison de sa forme evoquant un elephant buvant l'eau de la riviere Lijang avec sa trompe.

Pour la legende, on dit que cet elephant faisait partie de la suite de l'empereur de Jade, qui voyagea en grand apparat dans le sud de la Chine, detruisant sur son passage tout ce qui le genait dans la progression de son imposant cortege. Le pachyderme, qui transportait une jarre pleine de joyaux, tomba malade alors qu'il traversait la region et, juge desormais inutile, fut abandonne sur place. Un vieil homme s'emut de son sort, le recueillit et le soigna.

En remerciement de ses bons soins, l'elephant aide le vieillard a rebatir son village, detruit par le passage imperial. Lorsque l'empereur Celeste apprit la nouvelle, il entra dans une rage folle et envoya un detachement punir cet elephant qui s'interressait trop au sort des hommes. L'animal se defendit avec courage pendant plusieurs jours et fut tue par traitrise, alors que, epuise, il plongeait sa trompe dans la riviere Lijang pour se desalterer, un soldat lui enfonca son epee jusqu'a la garde dans le dos. Et c'est ainsi que l'elephant est reste...

Pres de la colline, il y a un petit parc rempli de sculptures contemporaines representant un homme et une femme, tres rigolotes.

En sortant de l'hotel pour aller diner, on se fait aborder par de jeunes chinois dans une galerie d'art. Ils nous informent que le restaurant que nous avons choisi dans notre guide a ferme ses portes. L'un deux nous propose de nous en indiquer un autre, "pas cher". Ce jeune homme, "Colin" de son nom anglais (en realite Weng), est tres sympa, et parle bien anglais. Mais on est sur la defensive. Pourquoi est-il sympa?

Il nous accompagne au resto, boit un the, fait la traduction en chinois pour nous. Il a une petite agence de voyages mais n'insiste pas pour nous vendre quelque chose. On est scotche.

La chambre d'hotel n'est pas chauffee. On est gele et on enfile collant, polaires, chaussettes en plus des 2 couettes. Ca nous rapelle le Tibet...

On realise qu'a Pekin, il va faire encore plus froid, entre -10 et 0 degres, alors qu'ici on a deja froid...
Le probleme, c'est qu'on ne se rechauffe a aucun moment: il fait froid dans l'hotel, froid dans la rue, froid dans les restaurants (non chauffes et portes ouvertes donc on garde nos manteaux, comme les chinois d'ailleurs...), froid dans la rue. On a mis tous nos vetements chauds sur nous.

On reflechit beaucoup sur la suite de notre itineraire a cause du climat pas tres engageant au nord de la Chine. On hesite a enlever tout l'itineraire nord (environ 1 mois de circuit) et a descendre directement vers le Sud, dans la province du yunnan, puis vers le Laos.

Avec le temps gagne, on pourrait ajouter un autre pays. On pense a l"Inde, notamment l'Inde du Sud. Le choix est difficile. D'un cote, on est en Chine, on a galere pour avoir notre visa, on a tous les guides de Chine et une coisiere qu'on voulait faire ne sera plus realisable plus tard a cause de la realisation d'un barrage. Mais le temps risque d'etre extremement rigoureux, pouvant "gacher" nos visites, penible a la longue et on en aura peut etre assez de la Chine dans un mois et contents de changer de pays.
d'autant plus que Pekin etant futur ville olympique, il doit certainement y avoir des travaux. on nous a notamment dit que la cite interdite etait en restauration.

D'un autre cote, il y a l'attrait de l'Inde, la gentillesse de ses habitants, dont la plupart parlent anglais, la cuisine excellente (mais si, ca compte aussi!) et le fait qu 'on y sera en tres bonne saison (saison seche, temperature agreable). Niveau cout ca revient au meme car , meme si on doit ajouter le prix d'un billet d'avion Bangkok-Bombay AR , comme le niveau de vie est inferieur, ca compense.

Decision difficile... On arrete pas de retourner la question dans tous les sens, mais sans arriver a conclure...

 

Mardi 13 decembre 2005 - Guilin
 

On est reveille tot mais impossible de sortir de sous la couette. Il fait trop froid..

Dans la rue, un jeune chinois a bicyclette nous aborde. Il parle bien anglais et est tres sympa. Decidement, on n'y comprend rien. On croyait que les chinois n'etaient pas sympas et depuis qu'on est dans cette ville, c'est tout le contraire.

Surement qu'il veut quelque chose. Mais non, en fait. On voulait commencer par la visite d'un parc, mais il nous indique un pic a faire selon lui en priorite, alors qu'on avait prevu de le faire en fin de journee. on suit son conseil et il nous accompagne car il habite pres de la-bas. Il nous laisse a l'entree et nous propose de boire un the plus tard avec lui. On fixe le RDV a 17h30 a notre hotel.

Le pic s'appelle Duxiu Feng ou pic de l'elegance. Pres de lui s'eleve l'ancienne residence princiere (Wang Cheng), en fait detruite plusieurs fois et donc plus tres ancienne, servant actuellement de musee (nul, tout en chinois...). La vue du haut du pic est sympa mais pas exceptionnelle. On est decu.

On se dirige ensuite vers le Diecai Shan ou colline du brocart plisse, ou on pique-nique. Pendant l'ascension, on traverse la grotte Ventee, tunnel naturel rejoignant l'autre versant de la colline et dont les parois sont taillees de steles et de reliefs bouddhiques dont le poeme suivant: "on sort d'ici comme on sort d'un reve". Voila qui est joliment dit!
La vue sur Guilin et ses reliefs karstiques est magnifique. On adore.

On rejoint ensuite la colline de Fubo, ainsi baptisee a la memoire d'un general surnomme "le dompteur des flots" (fubo) pour avoir vaincu une rebellion au Vietnam avec une flotte de 2000 jonques. La colline esr traversee par la grotte de la perle restituee dont les parois sont sculptees de reliefs bouddhiques. On dit que jadis, un dragon egayait ses vieux jours en jouant avec une perle d'un eclat si pur qu'elle illuminait tout l'antre. Un pecheur, intrigue par la lumiere, osa y penetrer, s'empara de la merveille, mais, pris de remords, la restitua. D'ou le nom...

Du sommet de la colline, le panorama est egalement superbe et on a en prime le coucher du soleil...

De retour a l'hotel, on retrouve le jeune chinois. Vincent est sur la defensive. Est-il prudent de suivre ce jeune homme que l'on ne connait pas? D'un autre cote, ca peut-etre une experience interressante. Il nous emmene chez un de ses amis qui tient une boutique de the. Celui-ci, bien que jeune (30 ans environ) a perdu une bonne partie de ses cheveux et a laisse pousse les autres jusqu'aux epaules. On le croirait sort d'un film de cape et d'epee chinois!

La ceremonie du the est tres interressante et tres rituelle. On deguste 3 thes successivement dans de petites coupelles. On nous exlique qu'il faut "aspirer" le the, comme pour le vin remarque Vincent! On est enchante. On achete 100g d'un the qu'on a trouve excellent pour notre consommation personnelle car il y a des theieres electriques dans presque toutes les chambres d'hotel.

 

Mercredi 14 decembre 2005 - Croisiere sur le Lijang
 

On a reserve aujourd'hui pour une croisiere sur la riviere Lijang qui doit nous mener de Guilin a Yangshuo. En plus, on a eu un prix "chinois": 230 yuans au lieu de 450 normalement pour les touristes. Ce qui implique bien sur d'etre sur un bateau de touristes chinois, avec un guide chinois.

Apres une heure de bus et un arret "par hasard" de 30 minutes dans un enorme magasin de bijoux, on arrive a l'embarcadere et on grimpe dans le bateau. On est les seuls occidentaux.

Les chinois se mettent tous a manger et le guide a parler, parler... sans s'arreter. C'est sur, on a voulu payer un prix chinois, il va falloir assumer! Et jusqu'au bout!

Une serveuse passe prendre les commandes pour le dejeuner. La carte est en chinois... Un chinois d'une quarantaine d'annees vient a notre secours. Il parle un peu anglais. Il nous traduit les plats: "fish cat', et le voila a mimer un chat qui bondit en miaulant pour etre sur qu'on a bien compris. puis "egg" et il mime un oeuf qu'on casse dans une poele.... On a envie de rire!!!

Ensuite, il nous dit en anglais les prix des plats "thirty", "fourty"... alors qu'ils sont ecrits en chiffre et qu'on les comprend tres bien, mais impossible de l'arreter une fois qu'il est parti1 Il nous lira comme ca tout les prix du menu!

Dehors, le spectacle est tres impressionnant: des myriades de collines viennent mourir doucement sur la riviere. Elles semblent s'etendre a l'infini et les plus lointaines se fondent dans la lumiere. Tout ca sous un magnifique soleil et un ciel sans nuage.

A plusieurs reprises, de petits radeaux en bambous viennent s'accrocher aux bateaux. Ce sont des vendeurs de jade pour la plupart: statues, bijoux.... Ils reperent les bateaux et s'elancent, s'accrochent a l'un deux puis attendent le suivant. On arrive a Yangshuo, petit bourg tranquille situe dans un des meandres du Lijang. Un chinois sympathique nous aide a trouver notre hotel. Decidement, il faudrait que l'on revoit notre jugement sur les chinois. . On a peut etre ete un peu dur... Finalement on a l'impression que tous les chinois qui parlent anglais viennent nous parler. Ou peut etre est-ce parce que nous sommes en Chine du Sud, region moins touristique que le Nord? En tout cas, depuis 3 jours, on va de surprise en surprise...

A l'hotel, notre chambre nous semble un vrai palace: magnifique deco, baignoire, balcon, lecteur de DVD, internet gratos... tout ca pour 100 yuans par nuit (10 euros). Et surtout, surtout : LE CHAUFFAGE dans la chambre!!! Un vrai miracle! Adieu double polaire et bonnet! Pour la peine, on pique-nique dans notre chambre en mattant le DVD de Bridget Jones.

 

Jeudi 15 et Vendredi 16 decembre 2005 - Yangshuo
 

Yangshuo est un petit bourg tres attachant ou nous passons 2 jours tranquilles a nous requinquer. Petits restos sympas, marches typiques.

On en profite pour flaner et faire quelques achats: on craque sur une magnifique estampe et une calligraphie, ainsi que des tampons chinois faits a nos deux noms et surmontes d'un serpent et d'un dragon, nos 2 signes astrologiques chinois.

Une fois passee la rue touristique des hotels et boutiques pour touristes, on decouvre des petites rues typiques aux maisons basses et ou se deroule toute une foule d'activites: les couturieres avec leur machine a coudre a pedale, les vendeurs de bambous, des papis havilles a la mao....

Et de temps en temps, un piton rocheux s'eleve, comme sorti de nulle part.

 

Samedi 17 decembre 2005 - De Yangshuo a Sanjiang
 

On quitte notre merveilleux hotel avec regret pour aller rejoindre la region des Dong, une des minorites ethniques de la Chine du Sud les plus connues. On prend un minibus pour retourner sur Guilin, puis un bus pour aller a Longsheng et on enchaine avec un autre bus pour Sanjiang, ville sans interet mais qui nous permettra d'aller visiter les environs.

On arrive a Sanjiang a 19h, la nuit est tombee. Aucun plan de la ville dans notre guide, pas d'hotel conseille.... C'est la 1ere fois que ca nous arrive depuis le debut du voyage. On se sent un peu paumes et on ne sait pas ou aller. On deambule dans les rues en cherchant un hotel, qu'on ne trouve pas...

Finalement, on se decide a aborder une chinoise et on pointe le doigt sur le mot hotel. Elle nous indique une direction et on trouve enfin un hotel, et chauffe en plus. Alleluia!

 
 

Dimanche 18 decembre 2005 - Chengyang
 

Attendant un bus a la gare routiere pour se rendre a Chengyang, on se fait aborder par une jeune chinoise, tres sympathique qui parle tres bien anglais . Elle nous indique un autre endroit en ville d'ou prendre un minibus pour se rendre a Chengyang et decide meme de nous le montrer elle-meme.

Apres 20 minutes de route, on arrive a Chengyang, petit village Dong celebre pour son pont du vent et de la pluie. Je dis village de Chengyang mais je devrais plutot dire les villages de Chengyang car en fait, il y en a 8, egrenes entre des collines, perdus au milieu de rizieres. Pour y acceder, on traverse de multiples ponts du vent de la pluie.

Le pont Yongji, qui enjambe la riviere Linxi et donne l'acces principal au village, est le plus beau pont de la region et il fallut 12 ans pour dresser cer edifice, finance par les habitants du village et des alentours. Sa galerie en bois est couverte d'un toit en tuiles grises avec 5 pavillons a toitures superposees. Ce type de pont represente, chez les Dong, le lien symbolique et protecteur entre le monde du village et le monde du dehors.

La legande raconte, qu'autrefoi, on franchissait les rivieres sur de gros troncs d'arbres. Un jour qu'un couple traversait un cours d'eau, une bourrasque renversa la jeune femme, qui tomba dans le domaine du crabe de la riviere, qui la convoitait. Mais le mari cria si fort qu'il alerta un dragon, maitre du vent et de la pluie. Celui-ci tua le crabe et sauva la jeune femme. En souvenir du dragon sauveur et pour se proteger du vent et de la pluie, les Dong construisirent leur 1er pont.

Toute la journee, on se promene de village en village et de pont en pont... Les ponts "secondaires" doivent etre restaures et nous sommes mis a contribution, pour la bonne cause. On nous fait meme remplir un registre pour inscrire notre nom, afin qu'il soit grave sur une stele en pierre exposee sur le pont.

On s'arrete dejeuner dans un petit resto local ou les tables et les chaises sont minuscules. On a l'impression d'etre chez les liliputiens! La plupart des villageois nous font des sourires et des signes de la main. Ils sont tres accueillants. Toutes les maisons sont en bois. Les gens semblent vivre comme au Moyan Age: ils portent les pierres sur leur dos, taillent le bois a la hache, lavent le linge a la riviere... Quel contraste avec la Chine Moderne!

Le hasard fait qu'on tombe dans une procession dans l'un des villages, ou les villageois portent de la nourriture et un cochon grille entier, pour festoyer. On entend les petards de partouts... sans doute pour chasser les mauvais esprits!

Dans chacun des villages s'eleve une tour du tambour. Il s'agit d'une tour en bois, en forme de pagode, qui abritait jadis un tambour dont la fonction etait de prevenir les habitants en cas d'attaque du village. La particularite de toutes les constructions des Dong est de n'avoir ni fondations, ni echaffaudages, ni clous, ni liens, ni mortiers.

A 15h, on assiste a un spectacle de chant, danses et musiques folkloriques sur la place principale. C'est vraiment super. Vincent est meme requisitionne lors d'un des numeros et s'en sort comme un chef, sous les applaudissements du public de touristes chinois.

On rentre a Sanjiang, ravis, car ce village nous a enthousiasme.

 

Lundi 19 decembre 2005 - De Sanjiang a Congjiang
 

On se rend a la gare routiere de Sanjiang pour attraper un bus pour Congjiang, dans la province du Guizhou. Nos infos etaient fausses. Pas de bus public a la gare. On est oblige de se rabattre sur un minibus prive et on arrive 3h plus tard, au lieu des 8 heures qu'on pensait. On se retrouve donc a Congjiang, morts d'ennui toute l'apres-midi car cette ville est moche et sans le moindre interet et on n'a pas le temps de faire une excursion.

 
 

Mardi 20 decembre 2005 - Zhaoxing
 

Nous partons pour le village Dong de Zhaoxing. Il faut 2 bus pour l'atteindre ce qui nous prend 3h pour 50 km.... Mais quelle joie de decouvrir ce magnifique village avec toutes ses maisons en bois et la plupart de ses habitants en costumes traditionnels! On est tout de suite sous le charme.

Par contre, nos guides, qui datent de 2 ans sont completement depasses. Ils decrivaient le village sans infrastructure hoteliere convenable et nous avions donc pris nos sacs de couchage, et sans restos. Au lieu de ca, on decouvre plusieurs hotels flambant neufs, plenis de restos avec des cartes en anglais (miracle) et toutes les enseignes des echoppes sont traduites en anglais. Mais heureusement, Zhaoxing a su garder tout son pittoresque.

Les maisons sont en bois de cedre et peuvent avoir 2,3 voir meme 4 ou 5 etages, le rez de chaussee etant reserve aux animaux domestiques. A la naissance d'une fille, la famille plante des cedres et 18 ans plus tard, on les abat pour construire la maison de cette fille et ils constituent meme une dot.

Les villages Dong sont organises en lignages appartenant a des clans differents. Le travail est raparti selon le sexe: l'homme effectue les labours et la construction des maisons et la femme le tissage, la confection des vetements, la corvee de bois de chauffage et de lourds portages.

Les Dong ont une particularite pour le mariage: une fois mariee, la jeune femme continue d'habiter dans la maison de ses parents et passe quelques nuits chez son mari a l'occasion de fetes. Ce n'est qu'une fois enceinte qu'elle ira s'installer dans la famille de son mari Etrange!

En se promenant dans le village, nous avons pu assister a la construction d'une maison en bois. Des dizaines d'hommes etaient la, en bas pour maintenir les poutres tandis que d'autres etaient perches partout sur l'echaffaudage qui ne semblait pas bien solide et bien souvent bougeait. Quelques hommes avaient des maillets et tapaient sur des poutres horizontales pour les imbriquer dans les poutres verticales. Eh oui, rappelons-nous que les Dong n'utilisent ni clous ni mortier et que tout tient par embriquement.

Tout le reste du village regardait le spectacle: des petits vieux assis et fumant leurs pipes, des femmes avec leur enfant dans le dos... A un moment, le manche d'un des maillets a casse et la lourde tete du maillet s'est ecrasee sur le sol. Par chance, il n'y avait personne en dessous mais il s'en ait fallu de peu. D'ailleurs, tout le mode a fremi et nous aussi!

Puis les 2 cotes de la maison ont ete rapproches a l'aide d'un treuil. C'etait vraiment impressionnant de voir une maison construite comme ca "a l'ancienne" et aussi drole de voir le village qui assistait "au spectacle", faisait des commentaires et encourageait les autres hommes.

A 18h, tout le monde arreta le travail et les femmes arriverent sur le chantier avec des marmites de nourritures pendant que les petards explosaient et tous mangerent de bon coeur assis par terre, sous les echaffaudages de la maison. C'etait tres emouvant cette solidarite!

 

Mercredi 21 decembre 2005 - De Congjiang a Kaili
 

Jounee de transport: 2 bus pour retourner sur Congjiang, prendre nos sacs a l'hotel, et reprendre un bus pour Kaili, a 6 h de route. Le chauffeur roule comme un fou sur cette route de montagne qui n'arrete pas de tourner et de tourner... Ca tourne le tournic...

Dans l'hotel ou on s erend, on est vexe car ils ne veulent pas baisser le prix de la chambre. On se rend dans un 2eme hotel, moins cher. Mais la chambre esr superglauque... Vincent me dit qu'ils louent meme des chambres a l'heure! On dort dans nos sacs de couchage...

 
 

Jeudi 22 decembre 2005 - Kaili
 

A peine reveilles, on change d'hotel. On ravale notre fierte et on retourne a celui qu'on avait refuse hier. Kaili n'est pas une ville interresssante en soi: des enormes immeubles moches dans de grandes avenues, une ville moderne chinoise quoi! Mais elle va nous servir de base pour aller visiter les villages de minorites MIao aux alentours.

Nous partons glaner quelques infos au bureau du tourisme car notre guide est insuffisant. Le chinois qui nous accueille est adorable, parle bien anglais et nous dit fierement qu'il a collabore a la derniere edition du Lonely planet. Et quelle surprise de decouvrir sur son bureau des livres pour apprendre le francais!

Puis on fait un tour au musee des minorites ethniques. C'est le musee le plus glauque que nous ayons jamais vu! Le 1er etage du batiment sert d'entrepot, les salles sont en mauvais etat, poussiereuses et les photos passees... Et il fait un froid glacial!

On se console en admirant les superbes vetements traditionnels et parures de bijoux des minorites de la region qui rivalisent de broderies, couleurs et imagination.

 

Vendredi 23 decembre 2005 - Langde
 

Nous partons pour Langde, un petit village Miao (et pas Miaou comme dit Vincent...) a flanc de colline avec de jolies maisons en bois. A peine arrrives, on se fait alpaguer par une petite mamie qui nous propose de nous faire a manger. Il est 12h, pourquoi pas? Cela nous donne l'occasion de rentrer dans ces maisons traditionnelles. Elle nous installe dans la salle a manger autour du poele. On l'entend qui s'affaire en cuisine. Elle revient bientot avec des portions gargantuesques de tofu frit, omelette, pomme de terre sautees et riz. On salive mais notre joie retombe vite: c'est ultra-gras!!!

Tout baigne dans l'huile! Elle s'assoit pres de nous et nous regarde manger. On "egoutte" les pommes de terre ce qui la fait beaucoup rire. Je cale la 1ere mais Vincent courageusement me dit qu'il va finir son omelette a l'huile. sitot termine, elle prend une part d'omellette que j'avais laissee et la lui donne pensant qu'il a encore faim. Il est deconfit et moi, j'ai peine a retenir mon fou rire! Je le vois, avalant bouchee apres bouchee, mastiquant lentement comme si la nourriture ne voulait plus descendre ...

On est pret a repartir du village apres s'etre promene quelques temps, quand on s'apercoit qu'un spectacle va etre donne sur la place principale pour des touristes chinois qui viennent d'arriver. On rebrousse chemin et on les suit. En fait, ce ne sont pas des touristes. On dirait qu'il y a des representants du gouvernements chinois (dont un pas tres sympa qui donne des ordres aux autres), des photographes et 2 cameramans. Reportage a la tele? On n'en saura rien. Il est vrai que Langde a ete classe par le gouvernement chinois comme "village folkhorique typique" et qu'il est subventionne.

Nous avons droit a un spectacle de danses, chants et musiques Miao. Les femmes sont en costume traditionnel brode tres colore et coiffure typique en argent. L'ensemble est tres joli.

A la fin du spectacle, notre avis est partage: c'etait interressant mais un peu surfait, pas tres naturel selon Vincent. D'ailleurs, les chinois remettent aux villageois des coupons. A quoi servent-ils? Argent? Nourriture? Ca nous laisse songeur....

 

Samedi 24 decembre 2005 - Xijiang
 

Vincent se reveille sans avoir le moral. C'est le 1er repas de Noel qu'il va passer sans sa famille. Snif!

En se rendant a la gare routiere, on etend la musique de "vive le vent" en chinois. On eclate de rire.

Ce matin, nous avons laisse les sacs a la reception de l'hotel. En effet,nous partons pour Xijiang, le plus grand des villages miao et comme il faut 4h de route pour l'atteindre, on a decide d'y passet la nuit.

A peine sommes nous descendus dus bus qu'une jeune femme nous aborde pour nous proposer une chambre pour cette nuit. Nous la suivons et penetrons dans sa maison en bois traditionnelle dont quelques chambres sont amenagees pour les voyageurs. C'est rudimentaire mais propre et pour 50 yuans (environ 5 euros0, on a le diner compris.

Vers 19h, elle vient nous chercher pour diner autour du poele. Toute la famille est reunie: son mari, beaux-parents, beaux-frere et quelques amis...On nous fait une place au milieu d'eux. C'est genial. En plus, nous ne sommes pas les seuls voyageurs. Il y a un chinois de Beijing tres sympa, de 30 ans environ, qui parle couramment anglais. Il nous fait regulierement la traduction.

La cuisine est delicieuse (omelette, legumes, riz, un legume inconnu rappelent le navet et epice…) et pas grasse. Il y a plein de petites coupelles de nourriture et tout le monde pioche partout dans un joyeux bordel!

On sert a Vincent une bonne dose d’alcool de riz ( a seulement 30%!) et toutes les 5 minutes, les hommes crient “Hoi!”, levent leurs bols d’alcool et boivent une rasade. Pendant le repas, je vois Vincent qui deviant de plus en plus rouge! On propose a Vincent une cigarette a la fin du repas qu’il ne peut refuser car c’est une marque d’impolitesse comme le lui explique notre ami chinois de Beijing.
Sacre reveillon de Noel!!!

Le chinois de Beijing est tres interressant. Il a voyage en Europe, a passé une semaine a Paris( ou il a ete surpris par le nombre de greves, bonjour la reputation de la France!) et il dit meme quelques mots de francais qu’il a choisi comme 2eme langue a l’ecole. La discussion se poursuit tard dans la soiree. Ca fait du bien d’echanger des idees avec quelqu’un du pays, ca nous manquait!

 

Dimanche 25 decembre 2005 - Xijiang
 

Joyeux Noel a tous !

La nuit a ete un peu difficle car notre lit etait un peu dur (des planches de bois recouvertes de paille..). en plus, on est reveille par les grognements des porcs qui sont juste un etage en dessous de nous! Evidemment pas de chauffage dans la chamber. A la dure comme a la dure!
On se met a penser aux marrons glaces que Francine, la mere de Vincent, a prepare pour Noel… sniff!
Le chinois de Beijing est parti tot ce matin mais nous a laisse un petit mot pour nous dire au revoir et son numero de tel pour l’appeler quand on ira a Beijing. Nous sommes vraiment touches.

Nous partons a la decouverte du village don’t nous avons peu profite hier, vu notre arrive tardive. Xijiang se situe dans une cuvette naturelle et est entoure de rizieres en terrasses. Les maisons en bois s’echelonnent sur les collines autour. Nous grimpons en haut de l’une d’elles pour profiter d’une vue panoramique sur le village et les toits des maisons. Dommage que le ciel ne soit pas tres degage!

Après notre petite balade, retour a la pension pour prendre notre dejeuner: comment resister a la cuisine delicieuse de laa maitresse de maison?
Nous redescendons avec elle vers le centre du village ou elle a une petite boutique,qui, nous semble-t-il, lui sert plus de base pour reperer d’eventuels tourists descendants du bus car le terminus est situe a 5 metres. Elle parle un peu anglais, avec un fort accent mais assez pour se faire comprendre. Elle nous raconte qu’elle a appris toute seule l’anglais en regardant la tele et a force de parler avec les etrangers. Quelle petite maligne!
En tout cas, elle est super gentile et nous fait milles signes d’au revoir avant que nous grimpions dans notre bus de retour.

 

Lundi 26 decembre 2005 - Chong'an
 

Aujourd’hui, nous allons visiter le bourg de Chong'an, celebre pour son marche, qui a lieu tous les 5 jours. C’est tres anime. La plupart des femmes sont en costumes traditionnels et c’est surtout par leurs coiffures qu’on peut identifier leur ethnie. Les bebes, accroches sur le dos de leur mere, ont de beaux chapeaux colores et brodes avec de gros grelots.

On vend de tout: quincaillerie, epices, oeufs de differentes couleurs, blocs immenses de tofu, poisons vivants ou morts, poules, canards, cochons, qui sont trimballes ficeles et la tete en bas par les acheteurs, rouleaux de tissues, echoppes de nouilles… c’est un veritable deployment de sons, couleurs… et d’odeurs !

A 14h, affames, on s’arrete dans un boui-boui servant des nouilles. 1 yuan (soit 0,1 euros) le bol de nouilles, qui dit mieux? A notre table, 2 chinoises en habit traditionnel nous regardent nous demener pour essayer d’attraper nos nouilles qui glissent entre nos baguettes a cause du bouillon gras. Elles sont mortes de rire. Finalement, le spectacle, c’est nous! On essaie de rester dignes, enfin Presque, surtout que le bouillon est super epice, et que notre gorge est a moitie anesthesiee!!1 et pour couronner le tout, on est assis sur de petits tabourets minuscules a 30 cm du sol sur lesquels on essaie de garder un equilibre sans cesse remis en question. Eh oui, meme manger, ca se merite!

 

Mardi 27 decembre 2005 - De Kaili a Kunming
 

On part de Kaili pour Guiyang, la capitale de la province, en bus. On nous passé “van Helsing” en chinois, ca fait un peu bizarre. Arrives a la gare routiere, il pleut. On s’en fout car on ne reste pas dans cette ville. On rejoint la gare ferroviaire ou on achete 2 tickets de train en couchettes pour le train de ce soir a destination de Kunming, dans le Yunnan. Il est 15h, le train part a 19h30.

Dans la sale d’attente de la gare, nous avons l’impression d’etre des martiens tellement les gens nous devisagent. On dirait qu’ils n’ont jamais vu d’occidentaux! Au debut, ca nous amuse, mais c’est vrai qu’au bout de 4h, on commence a etre exasperes, surtout qu’ils ne sont pas tres discrets.

Nous prenons place dans le train plutot propre (surprise) et sur notre couchette, on a meme droit a des draps, coussin et mini couette.

 
 

Mercredi 28 decembre 2005 - Kunming
 

La nuit s’est plutot bien passee. On arrive a Kunming a 7h. nous essayons desesperement de prendre un taxi mais, aussi extraordinaire que cela puisse paraitre, c’est mission impossible! On n’y comprend rien!

On se poste en differents endroits, on leve la main mais rien. Ils passent devant nous. Mystere. Tant pis, on prend le bus, on marche un peu et on arrive finalement a l’hotel desire. Un petit bain et on se rend au consulat du Laos qui se trouve au RDC de notre hotel, ce qui est tres pratique. On laisse nos passeports, photos, fiches et 280 yuans chacun et on recuperera nos visas dans 2 jours.

Puis on file au Yuantong Si, le temple de la comprehension de toutes choses, l’un des plus anciens temples bouddhiques de Kunming, fonde au VIIeme siecle et reconstruit au XIIIeme siecleapres avoir passé un monumental portique, puis une sale avec un bouddha rieur qui nous “accueille”, on arrive devant un grand basin sacre ou trone en son centre un joli pavillon au toit octagonal dedie a la deesse aux milles bras.

Dans le pavillon suivant, c’est l’apotheose et nous sommes impressionnes: 2 dragons sont enroules autour des 2 pilones et se font face, chacun avancant vers l’autre une enorme patte griffee, et encadrant une belle statue doree de bouddha. Il se degage une reelle puissance de cette scene et on a du mal a en degager le regard…

Vincent ne se sent pas tres en forme depuis ce matin. On prend un taxi pour le fameux marche aux fleurs et aux oiseaux. Curieux nom car on y trouve somme toute assez peu de fleurs et d’oiseaux compares a tout ce qu’on y trouve d’autre: vendeurs de jade, instruments de musique, poisons dans de grandes bassines, insects (scorpions, beurk!), broderies des minorities, DVD…
Ce qui est chouette, c’est que le marche se trouve en grande partie dans le vieux Kunming ou il subsiste quelques maisons en bois, rechapees comme par miracle.

Sur le chemin de retour, on s’arrete dans une boutique pour acheter du tissue en soie dont je me servirais pour couvrir les albums photos que je ferias de Chine.

On voulait aller au theatre pour mon anniversaire mais Vincent se sent de plus en plus mal donc on opte pour un petit resto sans pretention.

 

Jeudi 29 decembre 2005 - Kunming
 

Vincent a fait des poussees de fievre toute la nuit. Il est epuise ce matin et ne peut sortir du lit. Probablement la grippe ( mais pas aviaire !). il va dormir presque toute la journee…

 
 

Vendredi 30 decembre 2005 - Kunming
 

Vincent va a peine mieux qu’hier et est toujours fievreux. On en profite pour mettre le site a jour l’apres midi a l’hotel.

 
 

Samedi 31 decembre 2005 - Kunming
 

Vincent est nettement mieux et n’a plus aucune fievre. Mais maintenant, c’est moi qui suis malade ! bronchite carabinee !
On se rend, dans un etat second, au temple des bambous a 12 km de Kunming. Ce temple date du Xveme siecle et est celebre pour ses statues en argile grandeur nature representant des arhat (moine ayant recu l’illumination et qui a atteint le nirvana aui moment de la mort). Ces statues sont tres realistes et tres impressionnantes , et tres nombreuses (500 !).

Sur le chemin de retour, on s’arrete a l’enorme magasin Carrefour qu’on a decouvert a l’aller. Comme nous sommes tous les 2 pas tres en forme, on va se faire notre petit repas de reveillon dans notre chambre d’hotel. Quelle n’est pas notre joie de decouvrir du fromage dans les rayons ! on craque pour du bresse-bleu et un cœur de lion (importe de France), que l’on paie a prix d’or. Tant pis, quand on aime, on ne compte pas !

En rentrant a l’hotel, on met avec fierte notre table. Au menu de ce 31 decembre 2005, nous avons :
- canard fume et sa farandole de tomates cerises
- plateau de fromage et baguette
- rocher ferrero et sa compotee de pomme andros
Ca c’est du repas de roi !!!

 

Dimanche 1er janvier 2006 - Kunming
 

Bonne annee a tous !

Aujourd’hui, on y va tranquillou, car on est quand meme convalescent !
L’apres-midi, on part se promener au parc du lac d’emeraude situe dans le nord de Kunming. Le parc est rempli de monde, normal, c’est dimanche et toutes les familles sont de sorties.

Sur les belles eaux vertes du lac virevoltent des dizaines de pedalo de toutes les couleurs. Rien qu’en se promenant, c’est vraiment le spectacle : il y a le coin des joueurs de cartes et de mah-jong, le coin des chanteurs et chanteuses d’opera qui poussent leur voix tres aigues au son d’une ribambelle de musiciens ; et meme, au detour d’un bosquet, nous decouvrons des chinois en train de danser, main dans la main et tous en rond, le pied frappant le sol au rythme d’une musique jouee par des musiciens avec de belles guitares aux formes etranges.
Ce qui est merveilleux, c’est que toutes les personnes qui dansent sont heteroclites : jeunes et vieux, femmes et hommes, riches et pauvres, femmes en tailleur et talon aiguille donnant la main a une villageoise en habit ethnique…

En sortant du parc, le spectacle continue : desinateurs de caricature, jeux divers ou il faut degommer de boites de conserve, barbe a papa et mini-pomme d’amour…

 

Lundi 2 janvier 2006 - Kunming
 

Nous nous rendons aujourd’hui aux collines de l’Ouest (Xi-Shan) egalement appelees « monts de la beaute endormie », parsemees de temples bouddhiques et d’oratoires taoistes. Au sommet se trouve la porte du Dragon (Longmen) qui est une allegorie connue de tous les fonctionnaires qui aspiraient a des charges importantes : on evoquait alors la carpe (le candidat) qui, sautant par-dessus la porte, allait devenir dragon (puissant fonctionnaire).

La legande dit que la realisation de la porte du Dragon est due a un jeune homme aux amours decues, qui decida d’y consacrer sa vie. Il s’attela jour et nuit a ce long travail et s’appretait a y apposer la touche finale, quand la pointe du pinceau se brisa soudain. Voyant dans tout cela un mauvais presage pour tous les lettres de la region, il se jeta du haut de la falaise…
Juste apres la porte du Dragon, il y a un petit temple creuse dans la roche avec de belles statues colorees representant au centre Kuixing, le protecteur des lettres, monte sur un dragon et tenant a la main… un pinceau brise !

En grimpant encore plus haut, on arrive au sommet (2400m) d’où la vue est magnifique sur la lac Dian, long de plus de 40 km. Puis on entame notre descente, jalonnee de temples. Le 1er est le temple est le temple Taihua (temple de la splendeur supreme), le plus ancien des monts de l’ouest, datant de 1306.
Puis le temple Huating (temple du pavillon majestueux), fonde en 1320. a l’entree, 2 colossales statues menacantes nous observent. Comme dans le temple des bambous, la salle principale contient de magnifiques statues d’arhat en argile qui couvrent les murs lateraux. Elles semblent sortir ds murs pour s’elancer vers nous. C’est magnifique. On rentre a l’hotel , epuises mais ravis.

 

Mardi 3 janvier 2006 - Kunming
 

On part pour la foret de pierre de Shilin, a 120 km au sud est de Kunming. Il s’agit d’immenses piliers de calcaire gris, modeles par la pluie et l’erosion (le site fut jadis immerge) qui s’elancent vers le ciel.

Les piliers sont repartis de facon si dense que le mot foret de pierre prend ici tout son sens. On s’y promene en s’y perdant comme un veritable labyrinthe. Certaines roches sont creusees avec des formes tres bizarres, presque surnaturelles. On s’amuse a prendre de fausses photos d’art…

 

Mercredi 4 janvier 2006 - De Kunming a Lijang
 

Sur le chemin de la gare routiere, on s’arrete au bureau de poste international pour envoyer 1 colis en France : 22 euros pour 5,6kg par bateau, c’est plutot une bonne surprise.

Par contre, mauvaise surprise a la gare routiere, il est 9h45 et notre bus pour Lijang nae part qu’a 13h20 (bien que notre guide nous indiquait 1 bus par heure jusqu'à 12h…). on s’est leve tot et depeche pour rien… en plus, on va arriver tard a Lijang puisqu’il y a 9h de bus (meme si le chauffeur nous assure qu’il n’y en a que 7 !).
Pendant le trajet, il n’arrete pas de faire des pauses, on a envie de le tuer. On a droit a 2 films de Hong Kong avec Jackie Chan en chinois, un vrai regal !

Comme on le pensait,on mettra bien 9h pour atteindre Lijang a 22h. le taxi nous depose au debut de la vieille ville qui est pietonne et une jeune fille nous indique l’hotel qu’on avait selectionne. Malheureusement , les prix sont a la hausse et c’est devenu inabordable pour des routards comme nous… alors la jeune fille nous conduit chez elle ou quelques chambres sont amenagees pour les touristes : 40 yuans (soit 4 euros) la chambre double avec salle de bain. On prend !

 
 

Jeudi 5 janvier 2006 - Lijang
 

En partant a la recherche d’un cafe sympathique pour dejeuner, on se perd un peu dans la vielle ville de Lijang et nous nous retrouvons sur l’ancienne place de marche. Grande chance pour nous car nous tombons par hasard sur de vieilles femmes Naxi en costume traditionnel en train de danser.
Elles portent une cape en peau de mouton sur le dos, avec une partie claire et une partie sombre rappelant l’alternance du jour et de la nuit et 7 cercles brodes sur le bas de la cape representant les 7 etoiles de la Grande Ourse. Il parait qu’autrefois, il y avait 2 cercles plus larges, un sur chaque epaule, qui representaient les yeux d’une grenouille (dieu important chez les Naxi) mais maintenant ils sont passes de mode.
Par contre, les Naxi continuent a appeler la cape par son nom originel : « peau de mouton aux yeux de grenouilles » !

Lijang est situe a 2400m d’altitude, sur un plateau, au pied de la montagne du Dragon de Jade, le Yulong Shan ( 5596 m !). La ville est depuis 1400 ans le centre de la culture Naxi (a prononcer Nassi), une minorite ethnique d’environ 300 000 habitants, descendants de tribus du Nord-est du Tibet. Le langage ecrit des Naxi est un systeme de pictogramme (le seul langage a base de hieroglyphes encore utilise) et a plus de 1000 ans.

On appelle Dongba les chamans naxi, depositaires des ecrits et intermediaires avec le monde des esprits. Ils sont executeurs des rites : rituels funeraires, grandes ceremonies collectives (sacrifices aux divinites) visant a assurer de bonnes recoltes et la prosperites des troupeaux…
Les Dongba sont donc les gardiens et la memoire de la culture Naxi. Leur tradition se transmet de pere en fils mais ils ne seraient plus aujourd’hui qu’une dizaine…

Les Naxi etaient , jusqu'à une date recente, une societe matiarcale, qui maintenait les hommes sous la coupe des femmes avec de petits arrangements cote cœur. Le systeme appele azhu (amis0 permettait a un homme et une femme de devenir amants sans avoir de residence commune, les 2 partenaires continuant a vivre chez eux. Le garcon passait ses nuits chez sa petite amie mais revenait vivre et travailler dans la maison de sa mere pendant la journee.
Si des enfants naissaient, c’etait a la femme qu’incombait la responsabilite de leur education, l’homme fournissant son assistance, mais uniquement tant que durait sa relation avec la mere ! les enfants vivaient donc avec leur mere et aucun effort n’etait fait pour etablir leur filiation. Et evidemment les femmes heritaient des proprietes ! incroyable !
Finalement , les Naxi etaient bien plus en avance sur les libertes de mœurs que nous !

La vieille ville de Lijang est vraiment charmante. C’est un merveilleux dedale de ruelles pavees, de vieilles maisons en bois restaurees, avec des canaux, des petits ponts en pierre. On dirait un petit village de montagne « enchante ». Ce qui n’a pas echappe a l’unesco qui l’a classe patrimoine mondial de l’humanite en 1999.
Nous avons du mal a imaginer qu’en 1996, un violent seisme secoua la region (300 morts, 16 000 blesses) et detruisait une bonne partie de la ville nouvelle mais les vieilles maisons naxi tinrent, elles, le coup !

Le seul defaut qu’on trouve a Lijang est que, desormais celebre, une foule de boutiques vendant toutes les memes articles et un nombre impressionant de restos et d’hotels ont ouvert leurs portes…. Sans parler de la horde de touristes !
On poursuit notre marche en se dirigeant vers le parc de l’etang du Dragon Noir. Le point de vue sur le lac est magnifique, avec un petit pavillon au centre, et en toile de fond la montagne du Dragon de Jade s’elevant, comme inaccessible… la balade est agrementee de plusieurs temples a demi caches par des arbres….

Le soir, on assiste a un concert de musique Naxi. La plupart des musiciens (tous Naxi) sont assez ages avec de grandes barbes blanches et sont vetues de costumes traditionnels en soie. Ils n’ont pas commence a jouer que c’est deja le spectacle !
Il s’agit d’une musique de temple taoiste (appelee Dongjing0 qui a disparu partout ailleurs en Chine. La plupart de leurs instruments sont tres anciens et de veritables pieces de musees (le Sugudu, un luth venu de Perse, un luth chinois a 4 cordes de 400 ans, un bobo, instrument a vent constitue a partir d’ailes d’oiseaux…).
Dans presque tout le reste de la Chine, ces instruments n’ont pas survecu a la revolution culturelle et plusieurs de ces musiciens ont du enterre leurs instruments pour les sauvegarder !

L’orchestre est dirige par l’etonnant Xuan Ke, un musicien Naxi erudit de 77 ans qui a sacrement la peche et pas sa langue dans sa poche ! il a ete emprisonne pendant 21 ans en camp de travail apres la repression du mouvement des 100 fleurs, et il nous le repete plusieurs fois pendant le concert, evoquant toutes les annees d’angoisse ou son sort etait incertain…

Qu’est ce que le mouvement des 100 fleurs ? petite lecon d’histoire : vers 1957 (environ 8 ans apres les debutes de la republique populaire de Chine), les ecrivains, artistes et cineastes faisaient l’objet de controles ideologiques stricts, inspires des ecrits de Mao sur l’art.
Mao pensait que le travail du Parti avait ete suffisament positif pour supporter sans dommage quelques critiques et, lors d’une seance a huis clos, il lanca l’idee de « laisser 100 fleurs s’epanouir » dans le domaine des arts, ce qui fut officiellemnt approuve en avril 1957. evidemment les intellectuels reagirent avec enthousiasme.

Leurs critiques touchaient tous les domaines : corruption au sein du Parti, contrôle de l’expression artistique, absence de litterature etrangere, faiblesse du niveau de vie…
Ce qui ne plut pas du tout au Parti qui modifia rapidement son attitude : en l’espace de 6 mois, pres de 300 000 intellectuels furent accuses de « droitisme », destitues de leurs fonctions et, dans bien des cas, incarceres ou envoyes dans des camps de travail pour y etre « reeduques »….

En tout cas, le concert est saisissant. Les melodies emblent echappees de temps anciens et oublies. La voix du chanteur est emouvante et celle des femmes nous donne des frissons….
C’est vraiment un grand moment !

 

Vendredi 6 janvier 2006 - Baisha
 

On part visiter le village de Baisha au nord de Lijang, celebre pour les fresques de son palais, les mieux conserves de la region. Mais nous sommes vraiment decus.
Les fresques ont ete vraiment degrades pendant la revolution culturelle. Le reste du village qu’on croyait typique s’est transforme en une succession d’etalages de souvenirs, probablement victime de son propre succes….
On erre quelques temps dans le village, mais non, vraiment on n’accroche pas…

On sourit en passant devant devant le cabinet du Dr Ho, un medecin qui doit sa celebrite a un ecrivain, qui en a fait le “medecin du mont du Dragon de Jade de Lijang”.
Des journalists et des photographes sont venus le voir du monde entire et le Dr Ho, medecin inconnu dans une ville inconnue, a ainsi acquis une renommee planetaire! Devant son cabinet, il a placarde tous les articles le concernant avec sa photo. Megalo le Dr Ho, non?

 

Samedi 7 janvier 2006 - Gorges du Saut du tigre
 

On part tot ce matin de la guesthouse de Lijang ou on laisse nos gros sacs, car on a decide de faire le trek des Gorges du Saut du tigre. Le fleuve Yangzi deferle a cet endroit dans l’une des gorges les plus profondes du monde. Elle mesure 16 km de long et il y a 3900 m de denivele entre les sommets enneiges et le niveau de l’eau.

Le bus nous depose a Quiatou, principal point de depart du trek. Mais nous preferons prendre un minibus qui nous depose a Walnut Grove (eh oui, comme dans la petite maison dans la prairie, c’est incroyable1), ravissant petit village situe aux 2 3 du parcours, afin d’effectuer le trek en sens inverse, ce qui sera plus facile (moins de montee) et plus rapide pour revenir sur Lijang.

Après un solide petit dejeuner a Walnut Grove, on se met en marche: 2h de montee, puis une heure de plat parmi de jolis paysages avec une vue spectaculaire sur le fleuve et les rapides dont le bruit est impressionnant.
Vers 15h, on arrive a Halfway Guesthouse ou l’on s’arrete. On lit sur la jolie terrasse avec les spectaculaires montagnes pour environnement, jusqu’au coucher du soleil. Grandiose!

A 18h, 3 marcheurs arrivent a la guesthouse: un americain et un suedois (2 jeunes) et un neo-zelandais de 79 ans, Rolf. Ils ont fait le trek dans l’autre sens et ont marche plus de 6h. Visiblement la journee a ete epuisante. Quand meme, faire ce trek a 79 ans, chapeau! On est tres impressionne par Rolf et ce n’est que le debut! On passé la soiree a discuter avec lui car il est passionnant: c’est un ancient cardiologue qui ne s’est jamais marie. En effet, a l’age de 37 ans, 5 jours avant son mariage , sa fiancée trouva la mort dans un accident de voiture.

Eperdu de chagrin, il partit pour l’afrique avec medecin sans frontieres et y resta 3 ans. Il adopta plusieurs enfants (36 au total) qu’il eleva en nouvelle-Zelande, paya les etudes.. mais jamais plus de 6 en meme temps (on a eu peur). Maintenant ses enfants adoptifs habitant partout dans le monde et beaucoup sont retournes en Afrique. Lui, il va les voir souvent.

Il nous confie qu’il connait bien la France surtout Paris car il y vient souvent. Pour le tourisme? Eh bien non, Rolf va au Louvre pour faire de la restauration sur les tableaux anciens! Il a suivi une formation sur les techniques anciennes de peinture en Italie, en Pologne…le suedois nous montre des photos de dessin de Rolf. C’est magnifique et nous, on est vraiment scotches par cet home. Sans compter qu’il parle plusieurs langues couramment, se debrouille dans beaucoup d’autres, et a pas mal voyage….

Quand on lui apprend qu’on se rend en nouvelle-Zelande vers le mois de juin, il a l’air ravi, nous donne son mail et numero de telephone et nous fait promettre de la contacter pour dormer chez lui, ca lui ferait tellement plaisir. Il est vraiment adorable.

C’est un homme passionne. Il nous emmene dans la cour pour nous montrer les etoiles et les imposantes montagnes et s’ecrie “regardez comme c’est beau la vie, profitez!”. Malgre la fatigue, on n’arrive pas a aller se coucher tellement on a envie de discuter avec lui… pourtant il faut bien s’y resigner car demain, c’est une dure journee de marche pour nous!

 

Dimanche 8 janvier 2006 - Gorges du Saut du tigre
 

Nous prenons un solide petit dejeuner avec Rolf, le suedois, l’americain et un des allemands (les 2 autres dormant encore). Puis il est temps de leur faire nos adieux car nous pensons en avoir pour au moins 5h de marche avant d’arriver a Quiatou pour reprendre le bus de 13h pour Lijang.

On se met en marche sans tarder, il est 9h, nous sommes deja en retard. 10 min plus tard, le chemin bifurque sans indication pour nous aider: un vers le haut, un qui descend. Que choisir? Il semble nous souvenir que l’on doit surtout descendre aujourd’hui. Nous prenons le sentier du bas, ce qui nous arrange bien.

Après 45 min de descente, nous sommes perplexe: le chemin est assez large pour des voitures, ce qui nous semble suspect et nous descendons beaucoup trop, a ce stade du trajet… nous hesitons a remonter tout ce que nous avons descendu… finalement nous continuons a descendre en pensant qu’on trouvera bien un entire pour rejoinder le sentier de randonnee du haut.

Helas, a force de descendre, nous avons attaint la route qui serpente en bas des gorges! Nous sommes tres enerves de notre erreur qui nous a fait perdre beaucoup de temps. A present, il est impossible pour nous d’attraper le bus de 13h…

On n’arrete pas de ressasser notre erreur et on est enerve contre nous. En merchant sur la route, on apercoit plusieurs sentiers qui remontent. On les essaie mais les 3 premiers menent a des culs de sac. Le 4eme est plus engageantet nous conduit a un minuscule village d’ou une jeune fille nous montre un sentier a suivre. Une heure plus tard, on suit toujours le sentier mais il s’est amoindri a tel point qu’on a a peine la place de poser son pied.

On est dans les bois, sur un terrain tres pentu, extremement glissant… ce chemin deviant vraiment dangereux. Ce n’est certainement pas le bon, trop de risques. On rebrousse chemin, un peu desesperes….mais on ne reconnait pas le chemin qu’on a pris a l’aller. Est-ce possible? Suivons nous encore un autre sentier?
Pourtant, on a juste fait demi-tour! Est-on dans la 4eme dimension? C’est vraiment de pire en pire. Il faut se rendre a l’evidence, nous sommes perdus!

On continue a marcher sans reel espoir quand tout d’un coup, on arrive a un croisement avec un autre sentier beaucoup plus large, avec de nombreuses traces de pas de randonneurs. La vue de 2 randonneurs, qui nous apparaissent comme des anges salvateurs, nous conferment que nous avons enfin retrouves le bon sentier de randonnee.
Alleluia! Il est 14h, nous sommes partis a 9h, cela fait donc 5h que nous marchons et nous venons a peine de retrouver le bon sentier! On les inonde de questions avant de reprendre notre route et ils nous laissent une de leurs cartes de randonnee car visiblement nous en avons besoin.

On repart le coeur plus leger après avoir avale quelques caramels en guise de dejeuner. Sur le chemin, Vincent s’apercoit qu’il a oublie de rendre la clef de la chamber! C’est le ponpon! Que faire? On ne va pas revenir en arriere, c’est sur!
On harponne plus tard 2 randonneurs qui pensent s’arreter a cette guesthouse et on leur confie les clefs. Nous continuons notre route et la montee semble interminable. Je suis epuisee et chaque pas deviant un challenge. Vincent essaie de me motiver mais c’est dur.
Enfin, on arrive tout en haut de la montagne. La vue est splendide et grandiose.

Mais la meilleure nouvelle est qu’on a plus que de la descente! Il est 17h30 quand on arrive a un petit village ou l’on s’arrete a Naxi Family Guesthouse, qu’on nous avait conseille. On s’ecroule sur nos chaises comme 2 zombis, incapables du moindre movement, les pieds douloureux, hagards.
Les jeunes filles de la maisonnee sont adorables, nous servent du the et commande le diner, delicieux. Après une bonne petite douche (brulante par ailleurs, l’eau chaude etant en systeme on-off), on lit tranquillement en se rechauffant grace a des braises.
Devant nous, la famille joue au badmington, a fond dans le jeu. On tombe comme des masses sur notre lit.

 

Lundi 9 janvier 2006 - Gorges du Saut du tigre
 

On se reveille tranquillement a 9h. nous decouvrons des courbatures dans des muscles qui nous etaient jusqu’a present inconnus.
La jeune fille de la maisonnee nous met sur le bon chemin pour repartir et nous suit quelques instants des yeux. Aurait-elle compris a qui elle avait a faire?

En a peine 2 heures, nous rejoignons Quiatou. Rien a voir avec la veille! Nous prenons le bus de retour pour Lijang ou on dejeune. Puis nous reprenons nos sacs et attrapons au vol le minibus pour Dali, a 3h de route.

 

Mardi 10 janvier 2006 - Dali
 

A Dali, après une matinee plus que tranquille, on reserve avec l’hotel une balade en bateau a 13h sur le lac Erhai.
Ce lac est immense , 42 km de long sur 9km de large et est entoure par les Congshan, un massif montagneux de 4000m d’altitude. Le bateau nous arête a Jinsuo Dao, l’ile de la navette d’or avec son village de pecheurs.
De retour a Dali, on se promene dans la vieille ville, agreable, mais bien moins charmante qu’a Lijang.

A notre hotel, on fait la connaissance de 2 francais d’Aurillac: Christian (Camille pour les intimes) et Cathy d’une quarantaine d’annees et qui ont deja pas mal voyage.
C’est la 5eme fois qu’ils viennent en Chine! A cote d’eux, on est vraiment des debutants! Petit diner bien sympathique en leur compagnie…

 

Mercredi 11 janvier 2006 - Dali
 

Comme on n’accroche pas trop avec Dali (trop touristique, trop de boutiques a touristes, de restos et de café branches), on a décide de prendre le bus-couchette pour Jinghong ce soir, pour se diriger vers le Laos. Alors, évidemment, il ne nous reste plus qu’aujourd’hui sur Dali et il faut rentabiliser notre temps.
On loue donc un minibus avec chauffeur par notre hôtel pour faire le tour du lac et s’arrêter aux différents villages qui le jalonnent.

Le 1er s’appelle Xizhou et est réellement charmant. Ce village était autrefois un bourg important ou 140 grandes familles prospéraient grâce au commerce des plantes médicinales, des tissus, et surtout du thé qui était exporte au Tibet. Il y avait donc des familles très riches qui construisirent de belles demeures avec pleins de cours.

La plus belle est celle de la famille Yan, que l’on peut visiter comme un musée : 3 cours de style chinois se succèdent puis une 4eme avec une maison bourgeoise française !

Le 2eme village s’appelle Zhoucheng, le plus grand des villages Bai de la région. On apprécie surtout la grande place du marche avec un énorme banian plante lors de la construction du village et une jolie petite scène de théâtre très colore.

Puis on se rend au marche de Shaping, très pittoresque. On y trouve tout dans un joyeux désordre. Les femmes portent leur panier dans le dos comme un sac a dos. Beaucoup sont en costume traditionnel. Nous sommes les seuls touristes. Le plus étrange, c’est que ce marche se tient sur un énorme terrain vague au milieu de nulle part !

Par contre, nous sommes decus par les villages situes sur la rive est du lac qui sont sans interet. De retour a l’hotel, on retrouve les 2 cantalous a qui on fait nos adieux avant de prendre notre bus.
Dans le bus, on se retrouve nez a nez avec l’americain rencontre quelques jours avant dans les gorges du Saut du Tigre.

 

Jeudi 12 janvier 2006 - De Jinghong a Mengla
 

Grande surprise. Le bus-couchette pour Jinghong arrive a destination a 14h, soit après 17h de trajet seulement alors qu’on s’attendait a plus de 30h ! on débarque a Jinghong complètement déboussoles mais ravis. Que faire ?
Rester quelques jours a Jinghong pour visiter le Xinghuabanna (l’extrême sud de la Chine) ou filer plus au sud a Mengla, a 1h30 de la frontière laotienne ?

On reste un quart d’heure sur le parking de la gare routière a hésiter…. Finalement l’attrait pour le laos est le plus fort ! on saute dans le 1er bus pour Mengla. Sur le trajet, un pneu eclate et le chauffeur met plus d’une heure pour changer la roue.

Il fait nuit quand on arrive a Mengla, ville extrêmement glauque, remplie de karaokés et de restos. De toute façon, on est épuise et on se couche sans tarder.


 

 
Par sms au +336 07 47 54 00