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Perou
 

Samedi 12 aout 2006 - Chiclayo
 

Le bus s´arrete a 3h du matin et les lumieres s´allument. Nous sommes a la frontiere, a Macara. Un peu en vrac, tout le monde descend du bus pour effectuer les formalites. Mais la douane equatorienne est fermee !
On ne sait pas pour quoi puisqu´elle est censee etre ouverte 24h sur 24... tout le monde remonte dans le bus pour faire un petit somme.

A 5h, le chauffeur nous reveille car la douane a enfin ouvert. La file d´attente n´est pas longue mais le douanier n´a pas l´air tres reveille et avance a deuxa l´heure. Enfin, c´est notre tour.
Un petit coup de tampon et on rejoint la douane peruvienne ou les formalites se deroulent plus rapidement. Tant mieux car nous sommes bien fatigues...
on sombre d e nouveau dans le sommeil, heureux d´etre enfin au Perou. C´est l´arrivee du bus a destination qui nous reveille. Dur, dur cette nuit avec toutes ces interruptions !

nous sommes a Piura, la premiere cite espagnole fondee au Perou. La ville ne presentant pas grand interet, nous decidons d´enchainer directement avec un autre bus pour Chiclayo, plus au sud, bien que nous en ayons un peu marre des bus. C´est quand meme le 3eme depuis hier apres-midi !
nous sommes surpris par l´animation qui regne dans les rues. Incroyable tout ce monde ! ca change de l´Equateur si tranquille.

Et quelle n´est pas notre surprise d´apercevoir de nouveau des tuk tuk, ces petits engins a 3 roues, qu´on trouve partout en Asie. On ne pensait pas qu´il y en avait en Amerique du Sud !

Dans le bus, nous sommes surpris par ces paysages desertiques. Du sable et de la caillasse a perte de vue ! on traverse quelques hameaux poussiereux aux maisons basses faites de briques de boue, de sable et de paille : ce melange s´appelle adobe.
Franchement on pourriat se croire au sud du Maroc ou dans certains coins d´afrique noire.

Nous arrivons 3h plus tard a Chiclayo, affames, car nous n´avons rien manges depuis hier soir. Une petite douche, un repas copieux et nous ommes de nouveau d´aplomb.
Petite promenade au grand marche Modelo qui est bonde. Normal, c´est le week-end et tout le monde est de sortie.
Nous faisons un arret devant le stand des herboristes, remplis de plantes sechees en tout genre. Ils vendent meme des morceaux de cactus !

Un peu plus loin, les stands des sorciers-guerisseurs, les brujos, retiennent toute notre sttention : pommades, os, poupees aux droles de tetes, masques a l´allure peu engageante... voila qui est bien mysterieux.
Les gens sont super gentils et nous font de grands sourires.
On s´arrete, surpris, devant un stand de DVD. A la tele est diffuse le clip de « Koi mil gaya », un film indien que nous avions vu il y a 3 ans en Inde et qui avait ete un tres gros succes la-bas, de sorte que nous entendions cette musique tout le temps !

Alors ca, c´est incroyable ! on reste tout le temps de la chanson, a chanter (phonetiquement bien sur !) devant les regards amuses et les rires des peruviens...
En remontant vers la Plaza des Armas, la place principale (qui d´ailleurs porte ce nom dans tout les villes du Perou), on se prend une petite glace, comme tous les peruviens d´ailleurs.
En fait, on peut acheter une glace partout : aux vendeurs ambulants, aux coiffeurs et meme aux cafes internet !

 

Dimanche 13 aout 2006 - Lambayeque (Musees Brunning et des tombes de Sipan)
 

Nous attrapons un minibus a destination de Lambayeque, a 11 km de Chiclayo, qui abrite 2 musees importants. Le musee Brunning expose de tres jolis bijoux et masques en or, et beaucoup de ceramiques de diverses epoques : Chavin, Moche, Chimus et Incas. Les poteries Moche sont tres travaillees et magnifiques.

Au dejeuner, on goute une specialite peruvienne : le Lomo Saltado (merci Edda pour tes conseils culinaires). Il s´agit de boeuf saute avec des oignons et des tomats servi en general avec du riz et des frites. C´est delicieux...

Puis, c´est la visite du fameux musee des tombes royales de Sipan. Pour la petite histoire, le site archeologique de Sipan fut decouvert par des huaqueros, c´est a dire des pilleurs de tombes, du village voisin de Sipan.
Quand le Dr Walter Alva, un archeologue local apprit, debut 1987, qu´un nombre considerable d´objets superbes se vendait au marche noir, il comprit qu´ils provenaient du pillage d´un splendide site funeraire des alentours.

Une petite enquete le conduidit aux pyramides de Sipan. La reaction rapide des archeologues et de la police mirent un terme au saccage. Une grande tombe avait deja ete videe mais les chercheurs mirent au jour d´autres tombes, dont une exceptionnelle sepulture royale de culture Moche, appelee depuis tombeau de seigneur de Sipan.

La protection de site ne fut pas bien accueillie au debut car les villageois voyaient d´un mauvais oeil un tel tresor leur echapper et ils manifestaient de l´hostilite envers les archeologues. Mais les relations s´ameliorerent lorsque les locaux furent formes pour participer aux fouilles te surveiller le site.

Et quel tresor ! des boucles d´oreilles en or et en turquoise d´un raffinement incroyable, des pectoraux, des couronnes, des sceptres, des masques, des tuniques... et tout en or massif ! sans oublier de magnifiques colliers en perle de coquillage, corail, turquoise, et aux motifs elabores, des boucliers, des poteries...

Franchement, nous sommes emerveilles et on ne sait plus ou donner de la tete. On s e croirait dans le dessin anime des « cites d´or », qui a berce notre enfance et nous a fait tant reve. Il parait que le site fut la plus importante trouvaille archeologique en Amerique du sud depauis la decouverte du Macchu Picchu, c´est dire !

On peut admirer la reconstitution des principales tombes decouvertes. Celle du seigneur de Sipan est particulierement interressante. Il est enterre dans une sorte de boite avec tous ses bijoux et attributs royaux, un masque en or sur le visage. Mais le plus surprenent, c´est qu´il n´etait pas seul !
On a trouve le corps de 2 femmes (sa femme, plus une servante aux mains coupees), un soldat aux pieds coupes, un gardien de la tombe assis dans une niche, un enfant d´environ 9 ans, plus un chien et un lama decapite. Toutes ces personnes ont ete sacrifiees pour accompagner le seigneur dans l´eau- dela....

On ressort du musee, fascines, par ce que nous venons de voir.
La derniere salle presente les objets pilles dans la premiere tombe, avant que les archeologues ne decouvrent le site, et recuperes par la douane tel cet immense pectoral en or massif, incruste de turquoise et que le FBI (ils sont forts ces americains !) a gentimment rendu au Perou. Il devait etre vendu pour une somme de 1 million 600 000 dollars !!!

Le soir, nous retournons au delicieux restaurant Las Americas, situe sur la Plaza de Armas, et goutons au ceviche mixto, une specialite a base de poisson cru et de fruits de mer marines dans du jus de citron et des piments. Un vrai delice !
Decidement, la cuisine peruvienne est excellente et tres variee. Tant mieux !

 

Lundi 14 aout 2006 - Sipan
 

Apres avoir eu un peu de mal a le localiser, nous prenons un bus a dstination de Sipan ou se trouve le site archeologique ou ont ete decouvertes les fameuses tombes royales.
Le site est perdu a 30 km de Chiclayo, au milieu de petites montagnes dans un espece de desert de sable.
On peut voir les sites d´excavation des tombes avec des reproductions de leur contenu, les originaux etant exposes au musee que nous avons visite la veille.

En face, il reste une grande pyramide et une plus petite, jadis reliees entre elles, mais le temps a eu raison des briques d´adobe, dont une bonne parte s´est transformee en sable, et les pyramides sont assez endommagees.
Neanmoins, leur taille reste impressionnante....

On avale un petit poulet avec du riz, qui a l´air d´etre la plat de base du Perou et nous reprenons sans probleme un bus de retour.
Pour notre dernier soir a Chiclayo, impossible de resister a un bon ceviche au restau Las Americas. C´est pas donne mais c´est trop bon !

 

Mardi 15 aout 2006 - Cajamarca
 

Nous prenons le bus de 7h pour Cajamarca. Durant les 6h de trajet, le paysage est grandiose : montagnes arides recouvertes de cactus, vallees encaissees ou serpente une riviere, lac turquoise entoure de hautes montagnes. Nous ne nous lassons pas du spectacle...

Le temps de prendre un taxi et il est 13h quand nous arrivons a l´hotel. Nous sommes affames et nous ruons sur la Plaza de armas, au tres populaire restaurant Salas, qui d´ailleurs est complet. Nous devons attendre notre tour.
Puis nous partons a la decouverte de la ville. Cajarmarca fut une ancienne grande cite inca, et joua un role crucial durant la conquete espagnole, car c´est ici que Pizzarro captura par ruse l´empereur inca Atahualpa, l´emprisonna et l´assassina.

On peut visiter la Chambre de la rancon, l´unique vestige inca a Cajamarca et qui fut la piece ou atahualpa fut emprisonne. Pizzaro arriva a Cajamarca le 15 novembre 1532, escorte de seulement 160 hommes, et sollicita un entretien avec l´empereur inca Atahualpa qui campait a 6 km avec 60 000 hommes.
Les espagnols, conscients qu´ils etaient inferieurs en nombre, voulaient attirer Atahualpa sur la place principale et essayer de le capturer.

Atahualpa vint le lendemain sur la place avec 6000 hommes armes de lance-pierre et de haches, pendant que la majeure partie de ses troupes restait a l´exterieur. Mais les espagnols tirerent les canons, firent feu, et la cavalerie espagnole s´elanca.

Les indiens, qui n´avaient jamais vu ni canons, ni chevaux, furent terrorises et massacres pendant que Pizzaro capturait Atahualpa. Ainsi, le 16 novembre, au coucher du soleil, le destin de l´Amerique latine avait bascule car l´empire inca s´etendait a cette epoque du sud de la Colombie au centre du Chili.

Constatant la soif de richesse de ses geoliers, Atahualpa proposa, en echange de sa liberte, de remplir une grande piece une fois d´or et 2 fois d´argent. Stupefaits de leur chance, les conquistadors accepterent son offre et lui firent croire qu´ils le relacheraient apres paiement de la rancon.
A la mi-juin 1533, la totalite de la rancon etait reunie et Pizzarro ordonna de fondre et de distribuer le tresor : 6 tonnes d´or et 12 d´argent furent fondus en lingots. Ce qui representerait au cours actuel 60 millions d´euros, mais la valeur artistique des objets et ornements fondus constitue une perte inestimable...

Atahualpa, alors certain qu´il ne serait pa slibere, envoya des messages desesperes a Quito pour qu´on vienne le liberer. Les espagnols eurent vent des preparatifs de sauvetage et furent pris de panique.
Sans veritable proces, l´inca fut condamme a mort et le 26 juillet 1533, il fut conduit au centre de la place a Cajamarca pour y mourir sur le bucher. Au dernier moment, il accepta le bapteme et on lui accorda une mort plus rapide par strangulation. Fin de l´histoire !

Balade a travers la ville pour admirer les batiments coloniaux : l´eglise de Belen, situee sur une jolie place, l´eglise de San Francisco avec sa jolie facade sculptee, la Capilla dolorosa au plafond sculpte, et la cathedrale (helas toujours fermee) sur la Plaza de Armas.

Sur la place, il y a toujours beaucoup de monde et d´animation. Tous les petits bancs sont remplis. On ne deroge pas a la regle et on va s´y installer avec une bonne glace a deguster...

 

Mercredi 16 aout 2006 - Cajamarca, Ventanillas d´Otuzco et Bains de l´Inca
 

Le petit musee archeologique de Cajamarca nous reserve des surprises. D´abord, il faut frapper a la porte pour entrer car il est ferme a cle. Ensuite, il est dirige par Alicia Narro Leon, une archeologue tres sympathique.
Elle veut nous donner des explications sur les objets exposes mais elle ne parle que quelques mots d´anglais et nous, que quelques mots d´espagnols...

Mais, en y mettant tout notre cœur, on finit par se comprendre. Finalement, on sympathise tellement qu´on finit par se prendre en photo avec elle, et Alicia nous offre et nous dédicace le livre du musée, pourtant tire a très peu d´exemplaires.

Et elle va même nous ouvrir une petite armoire, qui était fermée a clef, et qui contient des céramiques Moche. Pourquoi sont-elles cachées aux yeux du public ? parce qu´il s´agit de sculptures érotiques, plutôt explicites…
Alors forcement, on lui parle des sculptures érotiques des temples de Khajuraho, en Inde, et de la, de notre site…. Et au bout du compte, on lui fixe RDV pour ce soir a Internet !

L´après-midi, le petit bus local nous arrête juste devant les Ventanillas d´Otuzco. Il s´agit d´une nécropole pre-inca, composée de centaines de niches funéraires, creusées a flanc de colline, d´ou le nom de ventanillas qui signifie « petites fenêtres ».

De la, on reprend un minibus qui nous depose a Los Banos Del Inca, des sources d´eau chaude ainsi nommées car l´empereur Inca Atahualpa y campait lors de l´arrivée de Pizarro. On s´offre le petit plaisir de prendre une cabine pour nous deux et on se prélasse dans l´eau chaude pendant 30 minutes.
C´est un vrai plaisir et ça détend bien. D´ailleurs, les bains sont très populaires ici, et nous sommes les seuls touristes…

A 19h15, Alicia nous rejoint a Internet. Nous passons 2 heures a regarder les photos du site et elle pose pleins de questions et ce n´est pas toujours facile de lui répondre en espagnol.
Heureusement qu´on a un petit dico mais elle est tellement sympa que j´aimerais pouvoir beaucoup plus discuter. Pourquoi n´ai-je pas appris l´espagnol a l´école et Vincent non plus ?

Alicia me donne des conseils sur Trujillo, notre prochaine étape, qu´elle connaît bien, et nous met en garde sur les problèmes de sécurité. Elle est vraiment adorable et on se sépare avec beaucoup de chaleur.

 

Jeudi 17 août 2006 - De Cajamarca a Trujillo
 

Nous prenons le bus de 10h30 pour Trujillo. Pas moyen de trouver un bus plus tôt, ce qui est bien dommage car avec 6h de trajet, nous allons perdre toute la journée en bus. Ce sont les aléas du voyage !
Heureusement que les paysages sont très beaux, comme a l´aller sur Cajamarca. Comme ça, le temps passe plus vite ! a notre arrivée a Trujillo, nous allons voir un hôtel tenu par un ami d´Alicia mais les chambres sont très sommaires.

C´est déjà la fin d´apres-midi, la lumière baisse et nous n´avons pas envie d´errer trop longtemps dans les rues avec notre gros sac a dos. Heureusement, on a une autre adresse petit budget dans note guide, dans la même rue.
Mais arrives a l´hôtel, on déchante : le prix affiche est de 75 soles (soit 23 dollars), bien plus que dans notre guide et trop cher pour nous.

L´homme de l´accueil, déjà occupe avec 2 autres touristes, voyant que nous nous apprêtons a partir en regardant le prix des chambres avec des yeux écarquilles, nous dit qu´il a des chambres « plus économiques » sans nous préciser le prix.
Un autre homme du personnel nous montre la chambre, impeccable d´ailleurs, et nous annonce 65 soles, ce qui est encore trop cher pour nous.

On redescend et l´homme de l´accueil nous prend a part, et nous propose la chambre a 50. cette fois-ci, nous sommes d´accord. Nous n´aurions jamais pense que l´on pouvait ainsi discuter le prix des chambres au Pérou.
Et c´est drôle de penser que l´homme de l´accueil ne voulait pas dire le prix de la chambre devant les 2 autres touristes qui devaient payer le prix fort. Il y a donc plusieurs prix selon l´allure des clients et la notre ne doit pas être fameuse, ce qui, somme toute, nous arrange bien !

 

Vendredi 18 août 2006 - Trujillo et Temples du Soleil et de la Lune
 

Apres avoir tergiverse pendant un long moment, nous optons pour la solution de passer par une agence de voyage, celle de notre hôtels, pour la visite des sites archéologiques des environs de Trujillo, bien que nous soyons allergiques aux visites en groupe.

En effet, il y a visiblement de gros problèmes de sécurité d´une part, et d´autre part, la visite des sites est plus intéressante avec un guide, qui revient moins cher si l´on est plusieurs.
Nous n´avons pas du tout envie de prendre le moindre risque pour notre sécurité, ni de nous faire voler l´appareil photo, juste pour économiser quelques dollars…

Nous montons a 10h dans le minibus. Nous sommes les derniers a monter. Il ne reste que la banquette de devant ou nous ne serions pas dans le sens de la marche.
La guide demande a un couple d´une quarantaine d´années de se serrer pour nous laisser de la place. La femme râle et ne veut pas. Elle est francaise et visiblement ne pense pas que nous pouvons l´être aussi et la comprendre… vive les groupes !

Nous partons visiter les temples du soleil et de la lune. Le temple du Soleil (Huaca del Sol) est la plus grande structure pre-colombienne du Pérou.
Le haut de l´édifice (environ 1/3 de sa taille) est manquant. Mais les mesures devaient être de 340m sur 160m, pour une hauteur de 45m, représentant environ 140 millions de briques d´adobes !

La construction du temple de la Lune, situe a 500 mètres, dura 6 siècles, jusqu´en 600 et les générations suivantes l´agrandirent. Vers 550, 6 niveaux avaient été construits, chacun recouvrant entièrement le précédent.

Chaque niveau contient des frises de figures stylisées, souvent le visage d´Aipaiec, le dieu tout puissant vénère par le peuple Moche, représente avec des yeux globuleux, de longues dents de félin, et des cheveux ondules faisant référence a la mer.

Les Moche pratiquaient des sacrifices humains, notamment des jeunes filles choisies dans la classe la plus basse. De nombreux squelettes ont été retrouves par les archéologues, le crane déforme, ou décapites. On faisait boire aux futurs sacrifies une boisson a base de coca pour les droguer.

Beaucoup de frises polychromes ont été mises a jour, représentant des serpents, des araignées, des guerriers et d´autres frises sont en cours de recherche par les archéologues.
Les Moche doivent leur nom au fleuve, le rio Moche, qui se jette dans l´océan, au sud de Trujillo. Les Moche ont bâti leurs temples tout près de ce fleuve, qui leur servait a irriguer leurs champs.

L´apres-midi, promenade dans la ville qui possède beaucoup de jolies bâtisses coloniales et de belles églises aux façades colorées mais toutes fermées !

Le soir, nous allons manger italien : c´est plus cher que ce que nous prenons d´habitude et pas sensationnel. Dommage…

 

Samedi 19 août 2006 - Trujillo, temple du Dragon, Citee de Chan Chan
 

Petit tour au musée archéologique qui nous confirme dans nos impressions : on adore les ceramiques Moche.
C´est incroyable comme ce peuple maîtrisait cet art. les expressions des visages sont remarquablement rendues, la précison des dessin est de grande qualité et les couleurs chaudes tel le orange, rouge, blanc, beige, sont très harmonieuses.

On passe pour déjeuner au petit restaurant végétarien ou nous étions déjà la veille et on y croise Amanda, une américaine très sympa qui était dans notre minibus pour le temple du soleil et de la lune.
Du coup, nous déjeunons avec elle, et de fil en aiguille, on apprend qu´elle est prof d´anglais et que son métier lui permet d´aller vivre un peu partout. En ce moment, elle enseigne au Brésil, et avant, elle a passe 6 mois en Chine.

A 14h30, nous sommes a l´hôtel pour notre excursion de l´apres-midi. Un taxi nous depose au temple de l´Arc en ciel (Huaca Arca Iris), ou temple du dragon, ou nous rejoignons le groupe du « matin » qui remplit complètement le minibus.
Ce temple chimu était enseveli sous le sable jusqu´aux années 1960 et son dégagement a nécessite 5 ans.

Il est entoure d´un mur d´enceinte de plus de 2 mètres d´épaisseur dont certaines parties montrent de jolies fresques représentant des arcs en ciel et des têtes de dragon. Il reste quelques traces de peinture jaune.

Le temple n´a qu´une porte d´accès et les murs ont une structure anti-sismique, plus large a la base et allant en s´amenuisant vers le haut. Sur les murs du temple, on retrouve le même motif d´arc en ciel et de dragon, plus quelques animaux mythiques, des jaguars et des guerriers.
Des rampes mènent au sommet d´ou l´on découvre une série de grands coffres d´entreposage, qui fait presque tout le tour de l édifice et curieusement ne s´ouvrent que par le haut…

Puis on remonte en voiture direction Chan Chan, la gigantesque capitale de l´empire Chimu. Construite vers 1300 et couvrant 28km carre, c´est la plus grande ville pre-colombienne des Amériques et la plus vaste cite en adobe de la planète.

A l´apogée de l´empire Chimu, environ 60 000 habitants y vivaient. La cite renfermait quantité d´or, d´argent et de poteries. La Conquête Inca n´entama pas ce trésor, les nouveaux maîtres étant plus intéresses par le pouvoir que par la richesse. Mais le pillage commença avec l´arrivée des espagnols et, en quelques décennies, quasiment plus rien ne restait des trésors de Chan Chan…

La capitale Chimu se composait de 9 grands complexes, construits par les souverains successifs, d´ou leur appellation d´enclos royaux. Chaque enclos renferme un tertre funéraire, ou la dépouille royale était enferme avec de nombreuses offrandes, dont des dizaines de jeunes femmes sacrifiées et des chambres remplies de poteries, de tissus et de bijoux.

Un seul enclos se visite, nomme le complexe de Tschudi. On y rentre par un rempart de 4 mètres d´épaisseur, toujours avec une structure anti-sismique. Puis on arrive dans une cour de cérémonie principale, qui est immense.
Nous sommes surpris par la taille de cette cour. Sur les murs, il y a vers le bas des motifs de loutres sculptées, qui se répètent tout le long.

Puis il y a un long passage, dont les frises représentent des vagues de poissons ondulants a 90 degrés et vers le bas, une frise d´oiseaux marins. Cet endroit servait de marche.
Puis on arrive dans une sorte de labyrinthe, appele salle d´audience. Les murs présentent des frises avec des motifs de carre et de losange, représentant des filets de pêche.

En effet, du fait de la proximité de l´océan, le poisson constituait la base de l´alimentation des Chimu et la mer occupait une place importante dans leur culture. Poissons, vagues, oiseaux et mammifères marins sont représentes dans toute la ville.

La lune, autre symbole très important, est représente dans sa forme pleine. A la différence des incas qui veneraient la Terre et adoraient le Soleil, les Chimu accordaient une importance religieuse a la Lune et a la Mer.
Apres une 2eme cour de cérémonie plus petite, nous atteignons une grande citerne rectangulaire qui alimentait en eau l´Enclos Royal de Tschudi. Elle nous semble énorme et mesure tout de même 130 mètres sur 45 !

On termine par le mausolée qui abritait la dépouille d´un roi et de plusieurs de ses sujets, sacrifies. La visite de Chan Chan a vraiment été très intéressante.

Nous remontons en voiture direction Huanchaco, un village de pêcheurs connu pour la présence de bateaux particuliers en roseau (totara), qui parait-il, ressemblent a ceux du lac Titicaca, a la différence près qu´ils sont creux et que les pécheurs montent dessus, en s´installant a genoux.

Ces curieux bateaux aux extrémités relevées sont appeles caballitos, ce qui signifie ¨petits chevaux¨. Ils existaient déjà il y a bien longtemps, puisqu´ils sont représentes sur des céramiques vieilles de plus de 2500 ans… mais il n´y a plus guère qu´a Huanchaco qu´ils sont encore fabriques et que les pêcheurs savent les utilise.
Sur la plage principale, qui fait une jolie baie, une longue série de bateaux s´élèvent fièrement.

Plusieurs pêcheurs sont en train de préparer leur bateau. Nous sommes chanceux car une mer trop agitée les obligerait a rester a terre. Lorsqu´on les voit s´élancer, le spectacle est déroutant. Hormis le fait que les pêcheurs partent a genoux, leur embarcation en roseau parait si fragile par rapport a la mer.
A chaque vague, on pense que le bateau va se retourner !

Mais non, ils avancent vaillamment et au bout de 15 minutes, le tour est joue et ils peuvent lancer leurs filets. Leur retour est au moins aussi surprenant car ils ¨surfent¨sur les vagues. Incroyable !

Nous enchaînons le soir avec un bus de nuit pour Huaraz, la porte d´entrée de la Cordillère Blanche.

 

Dimanche 20 août 2006 - Huaraz
 

Nous arrivons a 5h30 a Huaraz. Mais pourquoi les bus de nuit arrivent-ils si tôt ? Il ne fait pas encore jour !
Le taxi nous dépose a l´hôtel que nous avons sélectionne dans notre guide. On réveille la patronne, adorable malgré l´heure, mais elle ne sait pas encore s´il y aura des chambres de libre, car le check out est a 11h.

Comme on aimerait bien dormir quelques heures ce matin, on décide de tenter notre chance dans un autre hôtel. Au total, on en fera 5 autres, tous complets, sauf un qui a décide de doubler ses prix pour la haute saison ! Que faire ?
Cela fait une heure que nous tournons, avec nos gros sacs a dos sur les épaules, a 3000 mètres d´altitude, avec des rues qui montent et descendent en tout sens… après un bus de nuit en plus…

On décide de retenter notre chance dans le 1er hôtel et d´attendre 11h en croisant les doigts pour qu´une chambre se libère. On nous installe sur le canapé dans la salle a manger des proprios et on s´endort dessus, un peu comme des clochards !
Mais tout se finit bien et a 10h, nous prenons notre chambre pour un petit somme bien mérite.

L´après-midi, nous partons pour une petite balade dans le centre ville. Huaraz a été complètement reconstruit après un gros tremblement de terre dans les années 70 et n´ a pas beaucoup de charme.

On se met en quête d´une agence pour organiser nos excursions des prochains jours, mais elles sont toutes fermées !
Evidemment, nous sommes dimanche, nous n´avions pas réalise…

 

Lundi 21 août 2006 - Cordillère Blanche et Lagunes Llanganuco
 

Comme nous n´avons pas pu nous organiser hier, nous pensions perdre la journée d´aujourd´hui pour trouver une agence.
En fait, au petit déjeuner, le proprio, qui fait aussi agence de voyage, nous propose de nous joindre a un groupe pour aller voir les lagunes Llanganuco. Pourquoi pas ?

Evidemment, le guide ne parle qu´espagnol, et nous ne comprenons pas grand-chose. Mais presque tous les touristes sont péruviens, ce qui est sympa.
La route serpente dans une vallée appelée El Callejon de Huaylas, qui sépare la Cordillère Blanche d´un cote, de la Cordillère Noire de l´autre.

La Cordillère Blanche fait 20 Km de large sur 180 Km de long et sur cette face s´élèvent plus de 50 pics de plus de 5700 mètres ! le point culminant est le Huascaran avec ses 6768 mètres.
Nous arrivons en fin de matinée aux lagunes Llaganuco. La paysage est tout simplement époustouflant ! la lagune a une eau turquoise et transparent et est entourée de hautes montagnes aux pics enneiges. L´effet est saisissant.

Nous empruntons le joli sentier qui contourne en partie le lac. Quelle agréable balade ! nous sommes tellement absorbes par la beauté des lieux que la petite heure de libre passe a toute vitesse.

L´après-midi, nous partons a Yungay, sur le lieu même de la tragédie. En effet, le 31 mai 1970, un tremblement de terre d´une magnitude de 7,7 sur l´échelle de Richter, libera 15 millions de mª de granit et de glace de la paroi occidentale du Huascaran.

Cet alluvion atteignit une vitesse de 300 Km/h et se déversa sur la petite ville de Yungay a 14 m de la, qui fut totalement ensevelie avec la quasi-totalité de ses 18 000 habitants.
Ce tremblement de terre fit environ 50 000 victimes supplémentaires, dont 30 000 sur la ville de Huaraz qui fut pratiquement entièrement détruite.

A Yungay a été élevé sur une petite colline une sorte de cimetière géant, ou les noms sont classes par quartiers, et tout en haut se tient une énorme statue du Christ bras ouverts, qui fait face au mont Huascaran.
Ca fait plutôt froid dans le dos. Les gens du groupe semblent captives par les explications du guide et beaucoup posent des questions.

On n´en revient pas et c´est encore pire quand ils se font photographier près de la statue du Christ ou sur l´ancienne place principale, complètement ensevelie ou seuls quelques palmiers ont survécu. C´est vraiment morbide…

 

Mardi 22 août 2006 - Cordillère Blanche, Nevado Pastoruri et Puya Raimondi
 

Nous avons réserve aujourd´hui une autre excursion, avec une autre agence, pour le Nevado Pastoruri. Le long du trajet, le paysage est magnifique : vallée encaissée recouverte de hautes herbes jaunes, montagnes majestueuses aux sommets enneiges…

On s´arrête pour admirer des champs de Puya Raimondi, une plante géante, de la famille de l´ananas, qui ressemble a une grosse rosace hérissées de pointes et dotée de longues feuilles dures.

Il lui faut 100 ans pour parvenir a sa taille adulte, qui peut atteindre 2 mètres ou plus de diamètre. Elle fleurit alors en produisant de gigantesques pointes de 10 mètres de haut, qui se couvrent de quelques 20 000 fleurs. C´est la plus grande floraison du monde !
La floraison dure 3 mois, puis la plante meurt.

Cette plante est l´une des plus anciennes espèces végétales du monde et ne pousse que dans quelques régions reculées des Andes péruviennes et boliviennes.
Nous sommes captives par cette plante gigantesque, qu´on dirait sortie d´une histoire de science-fiction et près d´elle, on se sent bien petit…

Puis on nous dépose au camp de base du glacier Pastoruri qui se dresse devant nos yeux a 5400 mettes. Pour l´atteindre, il faut gravir un sentier aménage avec des escaliers.
On se met en route mais on sent rapidement l´altitude. Nous sommes a 4800 mètres et le manque d´oxygène se fait sentir.

Le temps est plutot couvert, dommage. Apres pas mal d´efforts, nous atteignons les 5200 mette mais pour moi, impossible d´aller plus loin : le sang frappe a mes tempes, et la tête me tourne un peu.

J´encourage Vincent a continuer car lui est en meilleure forme, et je sais qu´il adorerait atteindre le glacier, mais il ne veut pas me laisser toute seule. C´est-y pas beau l´amour !
En redescendant, nous buvons une délicieuse infusion de feuilles de coca, appelée mate de coca, connue pour ses bienfaits sur le mal d´altitude. En plus, ça nous réchauffe bien !

De retour a Huaraz, nous recuperons nos gros sacs laisses a l´hôtel et prenons un bus de nuit pour Lima.

 

Mardi 23 août 2006 - Lima
 

Cette fois-ci, nous avons pris la précaution de réserver une chambre d´hôtel a Lima, et nous avons bien fait car les hôtels sont pris d´assaut en haute saison. Comme d´habitude après un bus de nuit, nous arrivons très tôt, il n´est même pas 6h….

L´employé de l´accueil ne parle qu´espagnol mais nous comprenons plus ou moins que notre chambre n´est pas libre avant midi. Il nous propose en attendant d´aller dormir dans une autre chambre libre sans salle de bain et nous acceptons.

Mais a notre réveil, on décante. La chambre que nous avons réservée est libre mai son nous demande de payer en plus celle ou nous avons dormi ces quelques heures de la matinée, ce qui n´était pas du tout ce que nous avions compris.
Evidemment, pour nous, il n´en est pas question ! Payer 22 dollars pour avoir occupe une chambre pendant 4h, d´autant plus que nous n´avons pas été prévenus, la réponse est non !

Apres plusieurs pourparlers, ils nous demandent de payer 10 dollars en plus, mais nous refusons toujours et finalement, au bout de pas mal de discussions, ils finissent par laisser tomber.
Ouf ! Déjà que les chambres sont très chères a Lima…. Surtout dans le quartier chic et branche de Miraflores que nous avons choisi.

L´après-midi, nous prenons un taxi après avoir fermement négocie le prix qui a tendance a s´envoler pour les touristes, direction le musée Larco. Ce musée est tout simplement remarquable.
D´abord, il est aménage dans une jolie demeure du XVIIIeme, construite sur le site d´une pyramide pre-colombienne et ou vécut un vice-roi d´Espagne. Ca commence plutot bien !

Il contient une des plus vastes collections de céramiques du monde : plus de 50 000 ! Tout dans ce musée est parfait : la qualité des objets exposes, la pertinence des explications qui sont en plusieurs langues (même en français), la progression logique de la visite, l´éclairage… bref, nous sommes tous le charme de ce merveilleux musée.

Nous terminons par la célèbre collection de poteries érotiques pre-colombienne, pour le moins surprenante !
Ces poteries illustrent avec une précision remarquable les pratiques sexuelles des péruviens des civilisations anciennes. Hommes, femmes, squelettes et animaux sont représentes assurément dans toutes les combinaisons possibles ! On n´en revient pas !

De retour dans notre quartier de Miraflores, nous ne pouvons résister au plaisir d´aller voir un film en anglais, Pirates des Caraïbes II. Cela faisait si longtemps !

 

Jeudi 24 août 2006 - Lima
 

Encore un musée ce matin, le musée de la Nation, très vaste, qui expose céramiques, sculptures, tissages des societes pre-colombiennes, ainsi que des maquettes des principales ruines du pays. Les pieces exposées sont de belle qualité mais c´est un peu le fouillis, on s´y perd et les explications sont maigres.
C´est sur que le musée Larco hier a mis la barre haute…

Pour le déjeuner, direction le centre-ville pour une petite cantina très réputée ou l´on a un menu délicieux pour 5 soles (1 dollar 50). Qui a dit qu´il fallait payer cher pour se régaler ?

On remonte la Jiron de Union, une grande rue piétonne qui rejoint la gigantesque Plaza de Armas, surplombée par la non moins gigantesque Cathédrale que l´on va visiter.
On apprécie particulièrement le joli chœur en bois sculpte et les sculptures sur bois polychrome.

A notre sortie, il est déjà 17h… pas le temps de faire le reste de ce que nous avions programme !
C´est que Lima est une ville très étendue et l´on perd beaucoup de temps dans les transports et les embouteillages, bien que les taxis conduisent comme des fous !
On se refait une petite séance ciné, c´est qu´on y prend goût !

 

Vendredi 25 août 2006 - Lima et Pisco
 

Nous allons faire un petit tour au marche indien (Mercado de Indios) situe dans notre quartier a Miraflores, car nous cherchons une poterie de style Moche a ramener. Nous sommes très déçus car ce marche n´a de marche que le nom !
En fait, il s´agit de boutiques alignées les unes a cote des autres, ce qui n´ est pas très folklorique !
Une fois trouvée la poterie de nos rêves, on ne s´y éternise pas.

Nous décidons de quitter Lima, bien que nous n´ayons pas vu tout ce que l´on souhaitait, car la ville est très étendue, bruyante et assez polluée. Nous préférons passer plus de temps dans d´autres régions.
Un petit bus et en 3 heures nous sommes à Pisco, point de départ pour les fameuses Islas Bellestas, réputées pour leur faune exceptionnelle.

Le seul moyen de s´y rendre est de passer par une agence pour un tour organise.
En nous mettant en quête d´une agence, nous rencontrons dans l´une d´elles Dorothée et Christophe, 2 français très sympathiques qui débutent leur tour du monde. Les petits veinards !

Ils ont quitte la France il y a moins de 15 jours. Comme nous aimerions entre a leur place et recommencer notre tour du monde !
Du coup, on s´inscrit tous les 4 dans la meme agence, ce sera sympa de passer la journée de demain ensemble. On passe avec eux un super dîner.

 

Samedi 26 août 2006 - Islas Bellestas et reserve de Paracas
 

Nous retrouvons Christophe et Dorothée a 7h moins 5 sur la Plaza de Armas. On dort tous encore un peu !
Le minibus part à 7h comme prévu et nous arrivons au port 30 minutes plus tard.
Hélas, la mer n´est pas bonne et aucun bateau ne peut quitter le port… tant pis, on papote, nous sommes en bonne compagnie !

Finalement, a presque 11h, les bateaux ont l´autorisation de partir et chaque groupe se rue vers son bateau. C´est la cohue !

La bateau s´arrête en 1er devant le candélabre, un gigantesque dessin a 3 branches de 150 mètres de haut, taille sur les collines côtières. Personne n´en connaît ni l´origine, ni la signification.
Certains le rattachent aux lignes de Nazca, d´autres pensent que représentant la Croix du Sud, il aurait pu servie de repère aux navigateurs d´antan. D´autres pensent qu´il aurait été inspire par une variété de cactus locale, aux propriétés hallucinogènes….

Puis le bateau part en direction des îles, complètement rocheuses, avec de multiples anses et grottes. L´île est complètement recouverte d´oiseaux : des pélicans, des cormorans par centaines, et meme des manchots qui se dandinent.
Puis il y a des colonies d´otaries et de lions de mer, certains dans l´eau, mais la plupart affales sur les rochers, a moitie endormis….
Plus loin, il y a une plage complètement recouverte d´otaries, c´est impressionnant.

Les déjections de ces immenses colonies d´oiseaux s´appellent guano et sont très riches en nitrogène.
Connu pour ses propriétés fertilisantes avant meme l´époque des incas, le guano devint au milieu du XIXeme siècle, le 1er produit d´exportation du Pérou, et fut expédie par bateaux entiers vers l´Europe et l´Amérique du nord !

En tout cas, on ne s´est pas pris de guano sur la tête, tant mieux pour nous !
Le bateau repart au bout d´une heure, nous sommes émerveilles par ce que nous avons vu. Nous ne pensions pas voir les animaux de si près.

Nous repartons en minibus pour la réserve nationale de Paracas, qui s´avère beaucoup plus décevante que ce matin.
On nous montre des flamants roses, mais ils sont si loin qu´on ne voit que de petits points !

Le point fort de l´après-midi est le point de vue sur l´océan dont les vagues viennent se briser sur une immense falaise ocre et plus loin une curieuse formation rocheuse, implantée dans la mer, creusée en son centre en forme d´arche, surnommée la Cathédrale.
Les autres me disent que ça ressemble aux falaises d´Etretat.

Puis déjeuner tous les 4 face a la mer, dans un village de pécheurs appele Laganillas. Enfin, il est 15h30 et nous étions affames !

De retour sur Pisco, nous quittons Dorothée et Christophe, que nous allons probablement revoir d´ici quelques jours car nous faisons le meme itinéraire.

 

Dimanche 27 aout 2006 - De Pisco a Nazca
 

Petite grasse matinee sur Pisco pour recuperer un peu. En allant prendre notre ticket de bus, nous traversons la Plaza de Armas ou se deroule un defile. C’est sympa.

A 13h, nous attendons notre bus de la compagnie Ormeno. A 14h20, on nous met dans un taxi pour une autre de leur agence situee pres de la route panamericaine, qui traverse le Perou du Nord au Sud, en longeant la cote. Le bus arrive a 16h passe.
Nous n’avons pas de numero de sieges inscrits sur nos billets alors, nous nous faisons regulierement deloges par les gens et finissons le voyage separes et Vincent se retrouve meme sans aucune place. Plus jamais cette compagnie !

Nous arrivons a Nazca a la tombee de la nuit et nous nous depechons de trouver un hotel. On ressort rapidement pour trouver Mario Fernandez, qui tient une agence de voyage, et qui nous a ete recommande par Rosio, une peruvienne rencontree en Indonesie.
Mr Fernandez nous dit de repasser dans une demi-heure car, pour l’ instant, il ne sait pas si les conditions meteo permettent aux avions de decoller demain pour survoler les lignes de Nazca.

Nous partons donc diner. Nous sommes surpris car les menus affiches par les restaurants n’ont pas de prix. Comme c’est bizarre....
On en trouve un en discutant le prix du menu. Quand on repasse voir Mr Fernandez, il est parti, rentre chez lui... et pourtant, nous voulons absolument voir les lignes de Nazca demain.

Nazca n’est pas une ville plaisante, le centre-ville est moche, il y a des travaux partout et nous n’avons pas envie d’y rester un jour de plus. On se rabat sur l’agence de voyage de notre hotel et obtenons un prix de 50 dollars par personne, incluant les taxes d’aeroport apres negociation.

 
 

Lundi 28 aout 2006 - Nazca
 

Nous sommes chanceux ce matin, le ciel est degage, sans nuages. Pourtant, lorsque nous nous presentons a 8h a l’accueil de notre hotel, on nous repond que les conditions meteo ne permettent pas le decollage des avions....
Nous ne partirons qu’a 10h30 pour l’aeroport, ou on nous passe pendant 45 minutes un petit documentaire sur les lignes de Nazca.

Enfin, a 12h15, c’est le grand moment. Nous ne sommes jamais montes dans un avion si petit. Avec le pilote, il n’y a que 6 places. Nous sommes avec une luxembourgeoise de notre hotel, et 2 suisses.
Tout le monde met son casque sur les oreilles qui sert autant a masquer le bruit du moteur qu’a ecouter les indications du pilote.

Des le debut, nous nous felicitons d’avoir pris un cachet contre le mal des transports car ca secoue drolement dans l’avion. On sent le moindre trou d’air et l’avion se penche regulierement d’un cote ou de l’autre pour que tout le monde voit.
Le paysage que nous survolons est desertique, jonche de pierres.

Enfin, nous decouvrons les premieres lignes de Nazca, l’un des plus grands mysteres archeologiques du monde. Elles consistent en plus de 800 lignes droites, 300 figures geometriques (geoglyphes) et, concentres dans une zone plus petite, quelques 70 dessins spectaculaires representant des plantes et des animaux.
Presque invisibles au niveau du sol, ce n’est qu’en les survolant que l’on decouvre ce reseau stupefiant de gigantesques figures stylisees et de lignes qui, pour la plñupart, partent d’un axe central.

Elles ont ete tracees en enlevant les pierres sombres brulees au soleil, de la surface et en les empilant de chaque cote des lignes, revelant ainsi un sol plus clair. Nous apercevons en 1er un homme etrange a tete de chouette, sur le flanc d’une colline, surnomme l’astronaute a cause de sa tete ronde.
Puis il y a un singe a l’extraordinaire queue en spirale, une araignee, un condor de 130m d’envergure, une baleine, et nous terminons en beaute par l’incroyable colibri, un des dessins les mieux visibles.
Il y a aussi d’etranges geoglyphes qui forment de parfaits triangles, rectangles ou lignes droites sur plusieurs Km a travers le desert.

Le plus incroyable est que la question demeure :qui a trace ces lignes et pourquoi ? cooment pouvait-on se rendre compte de l’avancement des dessins alors que les lignes ne se distinguent que du ciel ?
Maria Reiche, une mathematicienne allemande qui a passe plusieurs annees de recherche sur le site, pensait que ces lignes constituaient un calendrier astronomique presidant aux travaux agricoles et qu’elles furent tracees grace a des formules mathematiques sophistiquees. Elles auraient ete realisees par les cultures Paracas et Nazcas entre 900 av JC et 600 ap JC.

D’autres experts pensent que ces lignes pouvaient etre des sentiers rituels reliant des huacas (sites ceremoniels). Bref, le mystere demeure.
En tout cas, ces immenses figures tracees en plein milieu de ce desert aride sont vraiment surprenantes et incroyables. Mais heureusement que le pilote nous les pointe du doigt car elles ne sont pas toujours faciles a reperer avec la luminosite de midi.

Nous dejeunons avec un tcheque de notre hotel et Karine, la luxembourgeoise, en colere car elle s’est apercue que c’est elle qui a paye le plus cher le survol des lignes :55 dollars sans les taxes d’aeroport qui se montent a 3 dollars, alors que nous avons paye 50 dollars tout inclus.
Puis elle s’apercoit qu’elle a paye sa chambre simple le meme prix que notre double, soit 40 soles, alors que le tcheque n’a paye que 25 soles pour une simple...

Decidement c’est une drole de ville, ou personne ne paie le meme prix pour le meme service. C’est a la tete du client et suivant les talents de negociateurs de chacun.
D’ailleurs, la veille au soir, nous avions ete surpris de voir les pancartes de menu des restaurants ou ne figurait pas le prix, de sorte que les restau peut donner un prix differents pour chaque touriste. Depuis 16 jours que nous sommes au Perou, c’est une premiere ! nazca est une ville sans charme, completement tournee vers le tourisme, ou l’on peut meme acheter ses billets d’avion pour survoler les lignes chez le coiffeur !!!

A 15h, Karine et le tcheque montent dans le taxi pour leur excursion de l’apres-midi, reservee avec l’hotel, avec une autre allemande. Comme notre bus est tard dans la soiree, j’ai bien envie de me joindre a eux car, que faire dans cet apres-midi dans cette ville deprimante ?
La femme de l’agence me propose de me joindre au tour mais comme Karine m’a dit qu’elle avait paye 15 dollars, je reponds a la dame que c’est trop cher.

Mais non, me dit-elle, je peux vous faire un prix economique, juste 15 soles. A ce prix-la, j’accepte. Vincent, lui, n’est pas emballe par le programme et decide d’aller sur Internet.
Je rejoins donc les autres dans le taxi et a peine suis-je montee que Karine me demande combien j’ai paye. Je reponds, genee, 15. ah bon, cette fois ci je ne me suis pas fait avoir, declare Karine, tu as paye comme moi. J’ai des remords a lui repondre que j’ai paye 15 soles, pas 15 dollars... karine est encore plus enervee car elle a l’impression de s’etre fait roule toute la journee !

L’allemande se moque un peu de Karine et lui demande pourquoi elle a accepte de payer autant. Elle a paye 20 soles l’excursion et 45 dollars le vol tout inclus...
Nous allons visiter le cimetiere de Chauchilla, qui contient des ossements, des cranes, et des momies Nazca. Les momies datent de 1000 a 1300 et etaient recemment dispersees dans le desert, abandonnees par des pilleurs de tombes. Elles sont desormais disposees dans 12 tombes, au mileu du desert.

Certaines momies ont les cheveux longs, tres bien conserves car il s’agissait de nobles dont c’etait l’un des signes distinctifs. Elles sont assises en position foetale. Nous sommes etonnes par le nombre de momies d’enfants et de bebes, mais la mortalite infantile devait etre tres importante.

Le soir, nous prenons notre bus pour Arequipa avec 2h de retard. Le billet est assez cher par rapport au temps de trajet car ces bus viennent de Lima et les compagnies nous font payer plein pot le trajet de Lima a Arequipa.

 

Mardi 29 aout 2006 - De Nazca a Arequipa
 

Le bus a ete stoppe sur la route a 1h du matin. Nous n’avons pas trop compris ce quis e passait mais a priori, des camions barraient la route et tous les bus se sont retrouves bloques les uns derriere les autres jusqu’a 5h du matin.

Consequence, au lieu d’arriver a 8h comme prevu, nous arrivons a Arequipa a 14h. Le temps de trouver un hotel et d’aller dejeuner, c’est deja la fin d’apres-midi et nous avons juste le temps de passer a la banque tirer de l’argent et de choisir notre agence de voyage pour partir les 2 prochains jours dans le Canyon de Colca.
Avec ces retards de bus, nous avons perdu notre journee. Les aleas du voyage !

 

Mercredi 30 aout 2006 - Canyon de Colca
 

Le reveil est difficile mais il faut etre pret pour le bus qui vient nous chercher a 8h. On se sent un peu comme des vieux a faire le Canyon de Colca en bus, mais un trek a 4000 metres necessite de la preparation.
Le Canyon de Colca est le plus haut du monde avec 4150 metres, 2 fois plus grand que le grand Canyon.

Notre guide, Omar, est un jeune tres sympa et tres interressant. Nous faisons plusieurs arrets le long du chemin pour admirer le volcan Misti, immense masse noire, et les guanaco, d’etranges animaux ressemblant a des alpagas pour nos yeux de profane.

Mais Omar nous explique que ce sont eux qui fournissent la laine la plus fine du monde et donc la plus chere. Il faut 23 poils de ces animaux pour avoir la taille d’un de nos cheveux !
Et chaque animal ne produit que 250g de laine par an. Donc un pull en laine de cet animal coute 500 dollars, un poncho a 1200 et un grand manteau 30 000 !

Petit arret dans un cafe ou tout le monde prend un mate de coca. Un jeune lama blanc evolue parmi les touristes, visiblement tres a l’aise, et s’approche de nos tasses pour manger les feuilles de coca dont il est tres friand. C’est vraiment tres drole. Il a une jolie fourrure blanche, on dirait une grosse peluche.

Pour moi, la suite du voyage n’est pas tres rejouissante car avec tous ces tournants, j’ai mal au coeur. Vincent ne dit que j’ai loupe un enclos de lamas qui ont des decorations en laine rouge, orange te jaune en rapport avec leur vigueur, et un elagune avec des canards noirs et un glacier. Dommage pour moi !

Apres le dejeuner, on nous depose a notre hotel a Chivay. Nous avions prevu de faire la marche optionnelle de 2h l’apres-midi, mais etant donne mon etat, nous restons nous reposer a l’hotel. Comme je suis decue ! j’ai l’impression d’avoir gache cette journee...

En fin d’apres-midi, le bus repasse nous chercher pour nous emmener aux sources chaudes. Nous ne sommes pas dans une petite cabine privee comme a Cajamarca mais dans une grande piscine. Ca fait quand meme beaucoup de bien et on ressort detendu.

Le soir, nous mangeons avec le groupe. Omar nous emmene dans un restaurant ou il n’y a que de longues tablees de touristes. C’est une horreur ! il n’y a que des blancs partout !
Le seul cote sympa, c’est qu’il y a un groupe de musique qui joue tres bien et un couple de danseur qui changent de costume a chaque danse.

L’une d’elles nous surprend particulierement :l’homme a une orange a la main, fait semblant d’y mordre puis tombe par terre, sur le dos, et effectue des mouvements saccades comme s’il etait en transe. Alors la jeune femme le frappe avec une sorte de corde en laine.
C’est vraiment tres etrange. Puis c’est au tour de la jeune femme de tomber par terre et a l’homme de la frapper. Ensuite, chacun leur tour, ils essaient de porter l’autre.

 

Jeudi 31 aout 2006 - Canyon de Colca
 

Tout le monde est tres excite ce matin car nous devons aller a Cruz del Condor, un point de vue tres repute pour aller admirer les condors.
En chemin, on s’arrete a un point de vue magnifique sur le Canyon del Colca avec d’ incroyable cultures en terrasses pre’inca qui forment un vrai patchwork de couleurs. C’est magnifique!

Il y a aussi un rocher noir plat et sculpte, avec des traits graves horizontaux et verticaux, qui representerait une maquette des terrasses. De l’autre cote de la route, il y a des niches creusees dans les falaises. Il s’agit de tombes incas, probablement de nobles car il y a des traces de peinture rouge. Pourquoi les incas construisaient’ils leurs tombes si haut? Pour etre plus pres du soleil.....

On s’arrete aussi sur la place principale du village de Yanque, ou il y a des danseurs et danseuses en costumes traditionnels. Ils effectuent la danse de l’amour, c’est super.
Puis c’est le grand moment tant attendu. Nous arrivons a Cruz del Condor, un mirador spectaculaire qui s’eleve au dessus de 1200 metres de denivele et qui se trouve a proximite d’une colonie de condors.
Il y a deja pas mal de touristes et nous nous faufilons rapidement parmi eux. Le spectacle est tout simplement incroyable....

Le ciel est parseme de condors qui evoluent majestueusement, leurs grandes ailes noires deployees. Combien y en a t-il? Imposible de conter, au moins 20, peut-etre 25... certains passent tout pres de nous, au dessus de nos tetes. On les voit planer puis redescendre vers le canyon.
Quelques uns se posent sur un eperon rocheux tout proche du mirador. Ils se reposent un moment puis repartent.

Nous avons les yeux bien ecarquilles pour ne pas en perdre une miette. Nous nous sentons tout excites comme des enfants. C’est vraiment un moment grandiose et nous ne voyons pas passer le temps.
Quand Omar, notre guide, nous demande de remonter en voiture, tout le monde traine les pieds. Il est si difficile de s’arracher a un tel spectacle, d’autant plus que ca n’est pas tous les jours qu’on peut voir des condors et surtout en si grand nombre.

Leur envergure est impressionnante, entre 2 et 3 metres pour un adulte. Dans le bus, Omar nous explique que les condors adulte sont noirs et blancs avec une crete rouge pour les males. Les jeunes condors sont marrons et blancs. Ils vivent en moyenne 85 ans et se reproduisent tous les 2 ou 3ans.
Apres le dejeuner, nous amorcons notre retour sur Arequipa.

 

Vendredi 1er septembre 2006 - Arequipa
 

Le matin, on se promene dans le centre-ville d’Arequipa, une ville magnifique surnommee la ville blanche, en raison de ses beaux edifices batis en sillars, une roche volcanique claire qui scintille au soleil.
La ville est nichee dans une vallee au pied du volcan El Misti (5822m) et plus loin on apercoit le Chachani (6075m) et ses neiges eternelles.

Il y a beaucoup de tres belles maisons coloniales, aux facades sculptees, balcons en fer forge, petits patios. C’est vraiment magnifique. On se pose un peu sur la tres belle Plaza de Armas, dominee par la cathedrale, toute blanche.
Des centaines de pigeons ont elu domicile ici, on se croirait a Paris.

La Plaza de Armas, c’est vraiment le RDV ou tout le monde se retrouve, touristes, familles assises sur des bancs a deguster une glace, petits vieux qui prennent le soleil. Et puis il y a les photographes avec leur polaroid, les vendeurs de glace ou de gelatine, les cireurs de chaussures, des enfants en majorite...
C’est vrai qu’on a envie de prendre son temps ici, de s’attarder, de se laisser vivre...

Pres de la place s’eleve l’eglise La Compania ou l’on va admirer la jolie chapelle San Ignacio avec une superbe coupole polychrome et des murs recouverts de fresques evoquant la jungle peuplee d’oiseaux extraordinaires aux mille couleurs, de fruits inconnus, de fleurs gigantesques.
A midi, imposible de resister au ceviche (fruits de mer et poisson marines dans du jus de citron), un de nos plats preferes.

L’apres-midi est consacree a la visite de l’extraordinaire couvent de Santa Catalina, de presque 20 000 metrescarres, qui constitue une ville dans la ville d’Arequipa. Il fut construit en 1580 par une veuve fortunee qui choisissait avec soin ses nones.
Elle n’acceptait que des jeunes filles issues des meilleurs familles espagnoles, qui devaient apporter une dot substancielle de 2400 pieces d’argent. Celles qui ne pouvaient payer que la moitie de la dot etaient appelees les religieuses de voile blanc, par opposition aux autres qui etaient les religieuses de voile noir.

Bien evidemment, ces dernieres avaient beaucoup plus de privileges. Elles avaient leur propre maison, avaient acces au parloir prive ou elles etaient seules tandis que les religieuses de voile blanc devaient partager une maison a plusieurs et n’avaient acces qu’au parloir communautaire ou leur conversation etait surveillee par une autre soeur.
Ainsi dans ce couvent, l’argent creait une hierarchie, ce qui peut sembler en totale opposition avec la fonction d’un couvent!

Chaque religieuse disposait de une a 4 servantes, qui logeaient dans les maisons respectives de leurs maitresses, et s’occupaient de la cuisine, du menaje, du linge.
Il ya 80 maisons de religieuses a Santa Catalina, 5 rues, 1 cimetiere, une eglise, une place principale avec une fontaine ou se deroulait une fois par semaine un petit marche et 3 patios principaux.
Dans les maisons des religieuses, nous sommes surpris de voir un petit jardin, un coin salon avec de jolis tables et chaises, de la belle vaisselle de porcelaine.

En fait, elles s’invitaient regulierement a manger ou pour le the, enfin entre religieuses de meme niveau social! Vraiment, un couvent atypique...
La promenade dans les rues du couvent est tout simplement magique car tous les murs sont peints dans de splendides couleurs orange, bleu profond et blanc. Il y a de jolies arcades, des petites ruelles blanches qui ne sont pas sans rappeler certains coins d’Andalousie...

Mais evidemment, ce temps de clemence ne pouvait pas durer eternellement et 300 ans apres sa creation, le Pape envoya la soeur Josefa Cadena, une dominicaine austere, pour restaurer la discipline. Elle arriva comme un ouragan en 1871, renvoya les dots en Europe, et libera les Cervantes dont beaucoup rseterent comme nonnes.
Les religieuses durent evacuer leurs maisons pour vivre toutes ensembles avec un dortoir et un refectoire collectif. Le bon temps etait fini! Et les soeurs ne s’aventurerent plus jamais a l’exterieur des hauts murs du couvent....

Traditionnellement, c’etait la 2eme fille des familles riches qui etait envoyee au couvent, la 1ere devant se marier, et la 3eme ayant pou tache de s’occuper de ses parents.
Ceux-ci etaient fiers d’y envoyer une de leur fille car d’abord, elle etait spirituellement chargee de s’occuper des peches de la famille, et de plus, c’etait une preuve de leur position sociale en raison du caractere tres select du couvent et de la somme considerable exigee comme dot.

La fille, elle, n’avait pas vraiment le choix, car si elle refusait, sa famille la desheritait et alors qu’aurait-elle fait sans argent, quand elle etait habituee a un certain confort. Au moins, au couvent, elle pouvait continuer a mener une vie facile avec ses servantes.

Nous prenons un plaisir fou a arpenter les adorables ruelles de ce couvent a l’histoire si particuliere, a decouvrir d’etonnants jardins, de charmants patios a arcades, le tout dans des couleurs incroyables, magnifiees par cette lumiere de fin d’apres-midi...
Vraiment un couvent extraordinaire!

Le soir, nous retrouvons Dorothee et Christophe qui sont revenus de leur trek dans le Canyon de Colca, et allons diner ensemble.

 

Samedi 2 septembre 2006 - Arequipa
 

Notre petite promenade de ce matin nous conduit au monastere de la Recoleta, un peu en dehors du centre-ville, et qui fut edifie en 1648 par des moines franciscains.
Nous apprecions surtout l’incroyable bibliotheque qui contient plus de 22 000 volumes dont le plus ancien date du Xveme siecle.

Et l’apres-midi, nous visitons un monastere etonnant, le musee des sanctuaires andins. En 1992, un alpiniste peruvien qui guidait une expedition sur l’Ampato (6288m), lorsqu’il decouvrit de curieux fragment de bois, evoquant un site funeraire pres du sommet.

En septembre 1995, il persuada un archeologue americain de faire l’ascension avec lui. De recentes eruption d’un volcan voisin avaient projete une couche de cendres sur le site, et la neige avait fondu, revelant ainsi la sepulture.

Ils decouvrirent une jeune fille inca, qui avait devale la montagne lorsque la sepulture de glace s’etait dissoute. Grace aux temperatures glaciales, son corps, enveloppe de couvertures finement tissees, etait demeure intact pendant plus de 500 ans.
Il fut immediatement evident d’apres l’emplacement de la tombe, du soin et du ceremonial qui avait entoure son deces que cette adolescente de 12 a 14 ans avait ete sacrifiee au sommet du volcan.

Les Incas, qui veneraient les montagnes comme des dieux, offraient des sacrifices humains pour se premunir des eruptions volcaniques, des avalanches ou des catastrophes climatiques.
D’ou cette enfant abandonne e sur la cime glacee et actuellement surnommee Juanita, en hommage a l’archeologue americain dont le prenom est Johan (Juan en espagnol).

Il fallut 2 jours a l’equipe pour redescendre Juanita, dan sun congelateur. Il s’agit de la momie la mieux conservee au monde. Le visage a ete legerement abimee, car en devalant la montagne, Juanita a perdu le tissu qui lui protegeait le visage et sa tete a ete exposee au soleil.
Mais le reste de son corps, surtout la partie gauche, qui a ete trouvee dans un bloc de glace, est dan sun etat incroyable. La peau est intacte et les Manis, les jambes, les bras sont tres bien conserves, meme les organes internes, a tel point que les scientifiques ont pu determiner grace au liquide gastrique que Juanita avait mange environ 8h avant sa mort un repas leger de legumes!

Au musee, Juanita est conservee a –20 degres dans une chambre froide et n’est exposee que quelques mois par an. En tout cas, sensations garanties!
On reste ebahi devant le corps de Juanita, vieux de plus de 500 ans, et qui semble comme endormie... en tout, plus de 18 corps d’enfants ont ete ainsi trouves au sommet des montagnes, sacrifies a l’epoque des incas.

Les enfants, futurs sacrifies, etaient choisis des leur plus jeune age, 3-4 ans, dans tout l’empire Inca, et devaient etre tres beaux physiquement. Ils etaient ensuite envoyes a Cuzco, capitale de l’empire Inca, ou ils etaient eleves dans un palais special, ou ils recevaient instruction et bonne nourriture.
Ils etaient prepares pendant toutes ces annees a leur futur sacrifice. Les Incas les choisissaient comme messagers de leur peuple pour les dieux. C’est pour cela qu’ils choisissaient des enfants, car purs, et qu’ils voulaient qu’ils soient beaux, en bonne sante, et instruits.

Juanita conserve de tres beaux cheveux et n´a aucune carie, conséquence de sa tres bonne alimentation. Malgre tout ce que cela peut avoir d´horrible pour notre mentalite d´occidentaux de sacrifier des enfants, il faut se souvenir que pour les Incas, c´était un grand honneur car ils pensaient que ces enfants parleraient aux dieux et commenceraient une nouvelle vie dans l´ au-dela …

C´est deja la fin d´apres midi, et qu´il est bon de se reposer sur un banc de la magnifique Plaza de Armas.
Nous quittons Arequipa ce soir pour un bus de nuit pour Cuzco avec Dorothee et Christophe. Ah, Arequipa, quelle ville charmante, une de nos preferees, sans aucun doute …

 

Dimanche 3 Septembre 2006 - Cuzco
 

Nous arrivons tres tot, a 6 h, a Cuzco et partageons un taxi avec Dorothee et Christophe pour le centre-ville. Nous avons reserve une chambre dans un charmant hotel, avec une grande cour interieure et a 2 pas de la Plaza de Armas.
Dorothee et Christophe tentent le coup et trouvent aussi une chambre de libre. Mais les 2 chambres ne seront disponibles qu´a 11 h, alors nous laissons nos gros sacs et allons chercher un resto d´ouvert pour le petit dejeuner.

Il est 7 h et tout est ferme. On en profite pour se balader un peu et a 8 h, affames, on se rabat sur une epicerie et on improvise un petit-dejeuner sur un banc de la Plaza de Armas.
Tout de suite, on sent que Cuzco est une ville tres touristique. D´abord, les prix sont plus eleves et surtout il y a une foule de rabatteurs qui viennent nous voir toutes les 2 minutes.

C´est incessant : indiennes qui essaient de nous vendre leur artisanat (ceintures brodees, tapis en Alpaga, poupees), vendeurs de cartes postales, rabatteurs d´agences de voyage, restaurants et bars …

Nous dejeunons dans un Chifa (Resto chinois), toujours un bon rapport qualite/prix et l´apres midi, nous partons visiter la ville, ancienne citee la plus importante de l´empire Inca.

Cuzco a en partie ete detruite par les conquistadors espagnols, losqu´ils prirent possession de la ville mais nombre de murs incas subsistent et servent de fondation aux batiments coloniaux et modernes.
On les repere aisement car les murs incas sont faits de pierres massives parfaitement emboitees les unes avec les autres, a tel point qu´on ne pourrait glisser une feuille de papier entre 2 blocs.

Les Incas n´utilisaient pas de mortier entre leurs pierres et la solidite de leurs édifices repose sur la perfection de l´ajustement des pierres. C´est vraiment remarquable et nous sommes tous admiratifs devant cette prouesse technique qui a deja fait ses preuves.
En effet, Cuzco a subit plusieurs tremblement de terre et les fondations incas ont toujours resistees, au contraire de certains batiments coloniaux ou plus modernes …

Dans la meme lignee, nous allons visiter Coricancha. Il sagit d´un ancien site Inca, le celebre temple du soleil, jadis le plus riche de l´empire, et qui constitue la base de l´eglise Santo Domingo actuelle.

A l´epoque inca, les murs de Coricancha (Q´orikoncha en Quechua, qui signifie « cour d´or ») etaient recouverts de 700 feuilles d´or massif, pesant chacune pres de 2 kilos. Des reproductions grandeur nature de plants de mais en or et en argent etaient ceremonieusement « plantees » lors des rytes agricoles. C´est dire la richesse du temple mais quelques mois apres l´arrivee des conquistadors, ces fabuleuses richesses avaient disparues.

Il y a une grande cour centrale, et de part et d´autre persistent des salles qui correspondent aux anciens temples de la lune, de la foudre, et de l´arc-en-ciel. Le melange entre l´architecture Inca et coloniael est vraiment etonante et fait de ce site un lieu tres particulier et plein de charme.

La visite du centre-ville est tres plaisante. De la Plaza de Armas, des ruelles etroites montent, souvent en escalier, avec de jolis murs blancs, aux volets colores, des petits lampadaires en fer forge, et la, des indiennes en habit traditionnel conversent entre elles.
Elles ont etale leur artisanat devant elles dans l´espoir d´en vendre aux touristes. D´autres se tiennent pres de leurs plus beaux Lamas, decores comme il se doit, afin de poser pour les photos des touristes.

Devant l´eglise San Blas, nous manquons de nous etrangler de surprise quand la jeune femme a l´accueil nous declare que notre billet touristique n´est pas valable pour entrer et que nous devons repayer une entree pour la visite.

Nous avons achete ce fameux billet ce matin, indispensable pour visiter la majorite des sites de Cuzco et des environs. Nous avions deja ete scandalises car le prix etait de 20 Dollars, ce qui est tres cher, alors qu´il etait indique a 10 Dollars dans notre guide qui date de moins de 2 ans. En plus d´avoir double de prix en si peu de temps (pourquoi, on aimerait bien le savoir !), ils ont retire des monuments auquels il donnait acces autrefois, comme toutes les eglises, beaucoup de musees religieux et la cathedrale.

Il faudrait, pour les visiter, racheter un billet appele partiel, est qui coute encore 6 Dollars. Mais de qui se moque-t-on ? on a vraiment l´impression de n´etre que des tiroirs-caisse…
Tant pis, nous nous passerons de la visite des eglises de Cuzco. Il faudrait arreter de prendre les touristes pour des imbeciles …

 

Lundi 4 Septembre 2006 - Cuzco
 

Aujourd´hui, journee des musees : Musee d´art religieux du couvent Santa Catalina, Musee Inca et Musee d´histoire regionale. On est un peu en overdose …
Dans l´ensemble, ces musees nous decoivent. Les pieces ne sont pas bien mises en valeur, il y a tres peu d´explications et elles sont presque toujours uniquement en espagnol, ce qui est assez etonnant pour une ville aussi touristique que Cuzco.

En plus, nous avons deja vu pas mal de musees et peu de pieces presentees nous surprennent.
On retiendra les incroyables cranes deformes du musee Inca. En effet, les Incas nobles deformaient le crane de leurs enfants des leur plus jeune age pour l´allonger, ce qui etait un signe de haute naissance et de beaute.

 

Mardi 5 septembre 2006 - Chinchero
 

Nous avions prevu de partir aujourd´hui pour Agua Calientes, le petit village situe en bas du Machu Picchu mais Vincent a tres mal a sa hanche. Comme nous voulons etre en pleine forme pour le grand evenement, nous decidons de reporter notre depart a demain.

le bus local nous depose au village de Chincherro, typiquement andin, et dont l´entree est comprise dans le billet touristique, que nous comptons bien rentabiliser ! C´est vraiment une bonne surprise car le village est ravissant.
Un escalier plutot escarpe mene a la grande place ou se dresse un imposant mur inca perce de 10 enormes niches trapezoidales. Il y a un petit marche artisanal.

Nous mangeons sur la place, assis dans une des petites niches incas, un repas traditionnel achete a une indienne : un melange de carottes, feves, fromage et pommes de terre, le tout pour un Sole (0.25 Dollars). Et c´est tres bon !

De l´autre cote de la place, un petit sentier nous mene au milieu de superbes terrasses incas, tres bien restaurees, d´ou la vue est tres jolie sur les montagnes environnantes et une petite riviere en contre- bas. Sur le chemin de notre promenade, nous croisons une bergere qui fait avancer son troupeau de moutons.

La scene est charmante et je ne peux m´empecher de prendre une photo, mais bien evidemment, je suis reperee rapidement …
Pourtant, a notre surprise, la bergere n´est pas fachee et engage meme la conversation : de quel pays nous venons, depuis quand nous sommes a Cuzco, et si nous avons deja vu le Machu Picchu …

Nous passons un agreable moment avec elle, a l´ombre d´un arbre ou elle s´est assise pour se reposer. Je lui donne mes boucles d´oreille fantaisie en cadeau, elle a l´air ravie.
Elle nous confie qu´a partir de vendredi et jusqu´a dimanche, il y aura des processions et une grande fiesta a Chincherro pour la fete de la nativite et beaucoup de monde viendra de tous les villages autour.

Bon, on va y penser en revenant du Machu Picchu, car Chincherro est sur la route et qu´on y est justement vendredi … En s´eloignant, nous la voyons sourire en mettant ses boucles d´oreille.

 

Mercredi 6 septembre 2006 - De Cuzco a Agua Calientes
 

En quittant l´hotel a Cuzco, nous rencontrons un couple de suisses rencontres 2 jours plus tot alors qu´ils partaient pour le Machu Picchu. Ils nous racontent leur malchance : il a plu presque toute la matinee la-bas et il y avait un brouillard a couper au couteau. Pourvu que cela ne nous arrive pas !
Deja qu´ils s´etaient faits avoir en passant par une agence ce Cuzco pour leur billet de train pour Agua Calientes, laquelle leur a pris 20 dollars de commission, alors qu´en realite, ils ont pris eux-meme leur billet, la personne de l´agence qui les accompagnait ne faisant que de la presence…

On leur avait dit qu´il etait difficile d´avoir ses billets quand on ne passait pas par une agence. Personnellement, nous avon spris nos billets la veille et n´avons eu aucun probleme pour prendre les billets Backpackers qui sont les moins chers disponibles. Il faut pour cela prendre le train plus loin, d´Ollantaytambo, a 19h45 et son retour d´Agua Calientes 2 jours plus tard a 5h45. ce qui permet de diminuer le prix du billet de train par 2 (44 dollars). Ce que les agences peuvent inventer pour recuperer les touristes !

Nous prenons le bus pour Urubamba (2 heures, 3 soles) et a la gare routiere un minibus pour Ollantaytambo (30 min, 1 sole), qui est bonde, et nous depose sur la place principale. Des notre descente, nous nous faisons alpaguer par les restaurants de touristes sur la place.
En se rendant aux ruines situees a quelques minutes, on s´apercoit qu´on a fait une erreur de timing. Tous les groupes organises debarquent par cars entiers et le site est pris d´assaut, c´est une horreur ! on rebrousse chemin sur la place principale et on passe l´apres-midi a lire et observer les gens.

Ceratins indiens portent des costumes magnifiques que nous n´avions encore jamais vu : les femmes sont tout en rouge avec des chapeaux ronds aux bords recourbes qu´elles portent en biais sur la tete, tandis que les hommes ont de beaux ponchos orange avec des chapeaux clairs rehausses par un tissu orange. C´est vraiment tres joli !

Le train pour Agua Calientes part comme prevu a 19h45. il n´y a que des touristes dans notre wagon et plus une place disponible. L´arrivee a Aua Calientes se fait au milieu d´une haie de policiers qui essaient d´eloigner les rabatteurs. Nous sommes un peu strsses de ne pas avoir d´hotel reserve a cette heure-la mais nous trouvons plutot facilement une chambre de libre.
On se couche rapidement, excites d´avance par notre visite du lendemain.


 

Jeudi 7 septembre 2006 - Machu Picchu
 

Nous avons a peine dormi tous les deux, tant nous etions surexcites d´aller voir le Machu Picchu. De toute facon, le reveil etait mis pour 4h45 car nous tenions absolument a prendre le 1er bus a 5h30 qui monte au Machu Picchu.
A 5h15, nous sommes a l´arret de bus avec les autres touristes qui attendent febrilement ocmme nous.
Nous faisons la connaissance de Gilles et Elisa, un charmant couple de francais qui font aussi un tour du monde (evidemment !) et sont aussi sur la fin. On sympathise tout de suite. Le bus nous depose a 5h55 devant l´entree du site et nous sommes dans les 1ers de la queue. Nous avons achete nos billets hier soir et nous nous en felicitons.
Le soleil ne s´est pas encore leve et lorsque nous penetrons sur le site, il ya un peu de brume autour des pics et des batiments.
Nous montons tous les 4 immediatement au mirador avant qu´il n´y ait trop de monde sur le site.

C´est bete mais nous avons un peu peur d´etre decus car on nous a tellement parle de ce site mythique. Et la, nous arrivons au mirador, le soleil se leve a a peine et ses rayons traversent la brume qui disparaît petit a petit , et nous revele une vue extraordinaire sur le site presque desert. C´est…ouah ! magique ! grandiose !
Le Machu Picchu est vraiment situe dans un cadre naturel extraordinaire au milieu d´enormes pics rocheux recouverts d´une vegetation luxuriante. Quelques photos souvenirs pour immortaliser l´instant puis nous allons avec gilles te Elisa visiter les ruines.

A l´exception de quelques Quechuas, personne ne connaissait l´existence du Machu Picchu avant que l´historien americain Hiram Bingham ne le decouvre par hasard en 1911. bingham recherchait en fait la cite perdue de vilacamba, le dernier bastion des Incas, qu´il pensa d´abord avoir trouve a Machu Picchu.
La cite demeure un mystere, dont les conquerants espagnols ne connurent jamais l´existence et qui tomba dans l´oubli jusqu´au debut du Xxeme siecle.

Puis nous montons tous les 4 au huayna Picchu, un des pics surplombant le Machu Picchu. La marche est sympathique mais l´ascension plutot escarpee. Arrives au sommet, on reconnaît tous que la vue justifie amplement l´effort fourni.
On reste la-haut un bon moment a papoter. Gilles et Elisa habitent depuis quelques annees a Saint-Barthelemy, une petite ile du Pacifique, refuge des stars notamment americaines et ils ont pleins d´anecdotes tres droles sur les caprices des stars. On se croirait dans Gala !

On se separe a 13h car gilles et Elisa ont leur train cet apres-midi, tandis que nous ne repartons que demain. Apres un dejeuner sympathique (merci au couple de suisse pour ce tuyau car les restos pres du site sont supers chers), nous reprenons la visite des ruines du machu Picchu tranquillement. Dommage que le temps soit plus couvert cet apres-midi.

Il y a pleins de lamas sur le site. Ils font office de tondeuses naturelles et se foutent royalement de tous ces touristes qui les prennent en photo.
Nous repartons a 17h. on peut dire que nous avons rentabilise au maximum l´entree scandaleusement chere du Machu Picchu (36 dollars) !

Le soir, nous trouvons une petite cantina qui sert du poulet avec frites et pates, pas chere du tout. Ra sle bol de ces restos a touristes ! et pour le dessert, une indienne passe justement avec un gros gateau a la banane. Parfait !


 

Vendredi 8 septembre 2006 - Ollantaytambo, Moray, Salinas, Chinchero
 

Autant il a ete facile de nous reveiller tot hier pour se rendre au Machu Picchu, autant aujourd´hui la sonnerie du reveil a 5h nous a semble particulierement stridente…
De nouveau, tous les touristes sont parques dans le meme wagon, ou il n´y a plus un siege de libre. Nous descendons a Ollantaytambo et arrivons sur le site inca juste apres son ouverture.
C´est l´un des rares endroits ou les conquistadors espagnols perdirent une bataille majeure. En effet, c´est dans cette forteresse que Manco Inca, le dernier roi Inca, se retira pares la defaite de Sacsayhuaman. En 1536, le demi-frere de Pizarro tenta de capturer l´Inca avec 70 cavaliers mais ils furent assaillis par une pluie de fleches, de lames et de rochers projetes du haut des terrasses et ils ne parvinrent pas a monter a la forteresse.

Les pierres de la forteresse proviennent d´une carriere a flanc de montagne a 6 Km, au dessus de la rive opposee du Rio Urubamba. Comment les Incas les firent-ils passer d´une berge a l´autre ?
Ils poserent le spierres au bord de la riviere et detournerent tout simplement son cours de l´autre cote !!!

Du haut des ruines, la vue est superbe sur la vallee et le petit village d´Ollantaytambo. Comme toujours pour les constructions Incas, nous sommes admiratifs devant la perfection des murs dont les enormes blocs s´emboitent les uns avec les autres impeccablement.
Devant le marche, nous prenons un minibus local qui nous ramene a la gare d´Urubamba et enchainons avec un bus qui nous depose sur la route a quelques Km du village de Maras. De la, nous negocions avec un taxi pour se rendre aux terrasses de Moray, un site tres surprenant.

Il y a 3 grandes terrasses qui ressemblent a un profond amphitheatre, avec leurs paliers concentriques. On pense que les Incas les auraient utilisees comme laboratoire afin de determiner les conditions optimales pour chaque culture car chauq epalier aurait son propre micro-climat selon la profondeur.
De loin, on dirait presque une construction extra-terrestre tant le lieu est etrange…

Le taxi essaie de nous convaincre d´aller egalement aux Salinas, situees a 6 Km. Il veut surement nous soutirer un peu plus d´ragent… puis il nous montre une photo du site, magnifique, ce qui finit de nous convaincre.
Bien nous en prend et merci 1000 fois a ce chauffeur sympathique car le site est extraordinaire. D´une beaute a couper le souffle…

Il s´agit de milliers de puits salants en terrasses, servant depuis l´epoque inca a l´extraction du sel. Un petit cours d´eau tres salee provient d´une source chaude, au sommet de la vallee, et est devie vers le spuits pour recolter le sel apres l´evaporation de l´eau. La blancheur des puits paraît presque irreelle, et le sel scintille de mille feux sous le soleil.
Nous marchons a travers les puits sur un petit sentier entierement recouvert de sel.

Le spuits sont situes au milieu de 2 montagnes sombre dont la terre semble presque rouge et le contraste avec le blanc des puits est saisissant. Les couleurs sont extraordinaires et nous sommes subjugues par la magie du lieu…

De retour sur la route principale, nous reprenons au vol un taxi collectif qui nous depose au village de Chincherro, ou nous nous sommes promenes il y a 3 jours. Mais aujourd´hui est une journee speciale car c´est la fete de la nativite et il ya une grande procession. On se depeche de se  debarrasser de nos sacs a dos a la guesthouse pour aller admirer le spectacle.

Et quel spectacle ! tous les indiens des villages environnants sont la, dans leurs plus beaux atours et defilent au rythme d´une musique endiablee. C´est une explosion de couleurs ! tout le monde a le sourire aux levres et danse…
A peine ai-je le dos tourne que Vincent a disparu. Ou est-il ? j´ai un leger moment d epanique en le cherchant du regard et finit par eclater de rire en le voyant qui s´est fait alpague par un groupe de danseurs portant un masque avec un nez tres allonge.

Evidemment avec le masque, il n´etait pas tres aise de la reconnaître… il s´en sort tres bien, effectuant sans probleme la choregraphie en rythme avec les autres, et y prenant un plaisir evident.
Un peu plus tard, nous sommes pris dans une ronde endiablee qui nous laisse tout essoufles. Pas facile de danser a 4000 metres ! mais l´ambiance est vraiment bon enfant et les indiens, habituellement reserves, se lachent completement et nous lancent pleins de sourires…

En suivant le cortege, nous arrivons la place principale, bien decoree pour l´occasion et la, quelle n´est pas notre surprise de voir Dorothee et Christophe qui nous font de grands signes de la main ! nous leur avions envoye un e-mail pour les prevenir de la fiesta a Chincherro il y a quelques jours mais nous ne savions pas s´ils pourraient s´y rendre. C´est vraiment sympa de les retrouver la. Ils repartent a 17h car ils ont leur train pour Agua Calientes ce soir, et nous allons nous reposer un peu a la guesthouse apres cette journee bien remplie.

A 19h, nous sommes ala place principale ou a lieu la fiesta du soir. Nous sommes bien couverts, contrairement aux indiennes qui sont souvent jambes nues et sandales…
 il y a un orchestre installe devant l´eglise et la musique bat son plein. Tous dansent et sont a fond cependant que la biere coule a flot…

 un choeclo con queso (un enorme mais aux gros grains avec une tranche de fromage) et des brochettes d´Alpagua, ainsi qu´une soupe aux ingredients inconnus, constitueront notre repas.
On danse un peu, c´est vrai que ca rechauffe ! mais on ne reste pas tres longtemps car avec l´alcool, le regards de certains indiens sur moi se fait insistant et l´un d´eaux va meme voir Vincent pour lui demander la permisssion de danser avec moi (a moi, il ne me demande rien !). vincent prefere refuser, c´est beaucoup plus prudent vu la situation…


 

Samedi 9 septembre 2006 - Raqchi, Pikillacta, Rumicola, Cuzco
 

Nous quittons le charmant village de Chinchero pour revenir sur Cuzco et de la, nous prenons un bus dont le trajet de 2h30 pour Raqchi, nous semble interminable…
Les ruines de Raqchi sont les vestiges du temple de Viracocha, l’un des sanctuaires les plus sacres de l’Empire Inca.

22 colonnes de pierres circulaires soutenaient jadis un énorme toit mais elles furent détruites par les espagnols et hélas on n’en voit plus que les fondations… en tout cas, on ne ressent rien dans ce lieu.
 Peut être sommes nous un peu blases avec ce que nous avons déjà vu mais nous repartons avec la désagréable impression d’avoir fait beaucoup de trajet pour un site assez décevant…

Nous reprenons le bus dans le sens inverse pour se rendre à Pikillacta, un site pre-inca dont le nom signifie « le lieu de la puce ».
Il s’agit d’une grande cite fortifiée construite par les Huari, un peuple très guerrier, vers 1100 après JC. Le site est impressionnant par sa taille très étendue plutôt que par son architecture assez grossière par rapport a celle des Incas.

A 1 km de la, nous allons admirer l’immense porte Inca de Rumicola, construite sur des fondations Huari, avant de récupérer un bus local archi bonde pour revenir vers Cuzco.


 

Dimanche 10 septembre 2006 - Pisac
 

Aujourd’hui, c’est le jour du fameux grand marche de Pisac comme tous les dimanche. Les touristes s’y ruent, comme en témoigne la queue pour prendre le bus !
D’un cote, il y a les marchands de produits quotidiens, partie qui nous apparaîtra rapidement comme la partie la plus intéressante, de l’autre il y a les vendeurs d’artisanat pour touristes qui pratiquent des prix nous semblant élevés.

Le marchandage est difficile et on comprend rapidement pourquoi : pas mal de touristes paient le prix demande comptant sans même essayer de le discuter ! Forcement, ils nous cassent le coup !
Apres plusieurs tentatives de marchandages ratées, ça commence a nous énerver pas mal et nous retournons du cote du marche plus authentique.

 D’ailleurs, ça tombe bien, il est midi, nous avons fait et il y a pas mal de petites gargottes aux odeurs alléchantes. On a une assiette très copieuse et délicieuse pour 3 fois rien. Le tout accompagne d’un délicieux jus d’orange presse !
Vincent est tombe en admiration devant la machine a éplucher les oranges, très ingénieuse et on demande même le prix a la vendeuse, surprise mais amusée de notre requête.

On se prépare a repartir faire un tour au marche quand on tombe nez a nez avec Christophe et Dorothée, fraîchement revenu du Machu Picchu. Ca fait super plaisir de les voir !
On leur conseille de manger dans « notre » petite gargotte et on se fixe RDV pour un peu plus tard pour aller visiter les ruines de Pisac.
Intense marchandage pour acheter une paire de boucles d’oreilles en argent et un sucrier. C’est tout ce qu’on s’offrira dans ce marche où l’on pensait faire une razzia.

Nous retrouvons Christophe et Dorothée comme prévu et discutons fermement le prix avec un taxi pour nous déposer tout en haut des ruines. Nous n’avons pas trouve les minibus qui circulent les jours de marche pour les ruines.
Heureusement que nous sommes a 4 pour partager les frais du taxi !

Le site consiste en une citadelle inca, juche sur un plateau avec autour des gorges profondes. Il surplombe le village de Pisac sur lequel nous avons une jolie vue.
Il y a aussi de belles cultures en terrasse qui forment de grandes courbes gracieuses sur les flancs de la montagne. On fait une petite pause « goûter » avec une délicieuse mangue au sommet des ruines avant d’entreprendre notre descente sur Pisac.

Un escalier part des ruines mais nous devons demander notre chemin a plusieurs reprises au niveau de quelques embranchements. Un jeune bolivien nous accompagne et nous montre la direction. Nous craignons qu’il nous demande de l’argent en bas mais il n’en fait rien a notre grande surprise…
La lumière de fin d’après-midi est superbe sur la vallée et nous arrivons a Pisac juste lorsque le soleil se couche. Les vendeurs du marche sont en train de remballer leurs étalages.

Nous quittons Dorothée et Christophe qui retournent sur Urubamba tandis que nous voulons prendre un bus de retour sur Cuzco. Beaucoup de monde attend aussi ce bus et lorsqu’il arrive déjà bonde, c’est la cohue. Impossible d’y monter.
Tant pis, nous attendons le prochain. Mais lorsqu’il arrive, c’est le même scénario. Les gens se précipitent, se poussent pour s’agglutiner dans le bus.

Au 3eme bus, c’est carrément le contrôleur du bus qui fait barrage pour nous empêcher de monter, tandis qu’il laisse passer les péruviens. C’est la 1ere fois que cela nous arrive, nous sommes furieux de ce comportement.
Bien sur, pour eux, en tant que touristes, nous avons plus d’argent et pouvons prendre un taxi alors comme il n’y a pas beaucoup de places dans le bus, ils favorisent les locaux.

Derrière nous, un touriste qui attend aussi nous aborde et nous propose de partager un taxi. Il est déjà venu dimanche dernier au marche de Pisac et a attendu plus de 2 heures avant de réussir  a monter dans un bus !
On finit par se grouper a plusieurs touristes pour partager un taxi de retour pour Cuzco.


 

Lundi 11 septembre 2006 - Tambo Machay, Puca Pucara, Qenko, Sacsayhuaman
 

Pour notre dernier jour sur Cuzco, nous prenons un bus local qui nous dépose a Tombo Machay , un des 4 sites les plus proches de Cuzco ; il s’agit d’un bain cérémoniel en pierre d’où s’écoule une source appelée El Bano del Inca.
Un peu plus loin, de l’autre cote de la route, nous atteignons Puca Pucara, ce qui signifie « fort rouge », bien qu’il s’agissait plus probablement d’un pavillon de chasse ou d’un poste de garde.

Nous reprenons notre promenade toute en descente pour Quenko, un petit sanctuaire qui signifie « zigzag ». Il s’agit d’un grand rocher, crible de niches, d’escaliers et de sculptures symboliques. Lors des sacrifices rituels, ces canaux servaient probablement a recueillir la chicha (alcool fait a base de maïs fermente ou le sang).
Il y a aussi une mystérieuse grotte souterraine ornée d’autels tailles dans le roc.

Encore un peu plus loin, nous arrivons à proximite ruines de Sacsayhuaman. il est 14h et nous sommes affames. Il y a quelques petites gargottes mais lorsque nous demandons les prix, on nous donne des chiffres élevés, forcement « spécial touristes ». D’ailleurs, les gens sourient quand ils entendent les prix.
Pas question de se faire prendre pour des imbéciles ! Les prix sont au moins doubles.On finit par partager un maïs a 2… plutôt rester affames que de marcher dans leur combine !

Puis nous partons visiter Sacsayhuaman qui signifie «  faucon satisfait ». Ce fort semble immense, bien qu’il ne reste aujourd’hui que 20% de la structure d’origine. Peu après la conquête, les espagnols abattirent nombre de murs pour construire leurs propres demeures à Cuzco, laissant sur place les blocs les plus lourds.
Le plus impressionnant est sans conteste les incroyables fortifications en zigag à 3 niveaux. Les blocs de pierre sont immenses et on se demande bien comment les Incas ont fait pour les acheminer.

Les Incas planilfierent Cuzco en forme de puma. Sacsayhuaman en était la tête et les 22 murs en zigzag les dents. Ces murs constituaient un mécanisme de défense très efficace, car ils obligeaient les assaillants a exposer leur flanc.
Le fort fut le théâtre de l’une des plus terribles batailles de la conquete espagnole. Environ 2 ans et demi après l’entrée de Pizarro dans Cuzco, Manco Inca se rebella, reprit Sacsayhuaman insuffisamment garde, et l’utilisa pour assiéger les conquistadors dans Cuzco.manco était sur le point de vaincre les espagnols lorsque Juan Pizzaro, accompagne de 50 cavaliers, lança une attaque desesperee et réussit a reprendre Sacsayhuaman, mettant ainsi fin a la rébellion.

Manco Inca survécut et se réfugia dans la forteresse d’Ollantaytambo mais la plupart de ses soldats furent tues. Les milliers de morts gisant sur le champ de bataille attirèrent des nuées de charognards, d’où les 8 condors qui figurent sur les armoiries de Cuzco…

Le soir, nous retrouvons Dorothée et Christophe qui viennent de rentrer sur Cuzco.


 

Mardi 12 septembre 2006 - Puno
 

Fini Cuzco et la vallée sacrée après plus d’une semaine passée dans cette région magnifique. Nous prenons le bus pour Puno (6 heures de route) avec la compagnie Ormeno en Royal Class.
Nous avons bénéficie d’une promotion assez intéressante : le royal class au prix d’un trajet économique. Ca ne se refuse pas…

Arrives a Puno, on se renseigne a l’hôtel pour connaître la situation sur la frontière avec la Bolivie qui était fermée il y a une semaine. A priori, la situation est revenue à la normale. Nous sommes rassures.


 
 

Mercredi 13 septembre 2006 - Iles des Uros
 

Nous avons laisse nos gros sacs a l’hôtel et prenons uniquement nos petits sacs pour aller passer 3 jours sur les îles cote péruvien. Arrives au port de Puno, il y a plusieurs rabatteurs qui nous proposent d’aller sur les îles.
On choisit le bateau public pour les îles Uros surnommées les îles flottantes. Ces îles sont uniques au monde. Elles sont confectionnées avec les roseaux (totara) qui poussent en abondance dans les eaux peu profondes du lac Titicaca et qui sont disposes en couches successives que les indiens uros complètent sans cesse depuis le sommet a mesure que les couches inférieures pourrissent.

Ainsi, lorsque l’on pose pied dessus la première fois, la sensation éprouvée est très étrange car le sol est souple et élastique et on s’enfonce un peu. De même, en marchant, on a un peu l’impression de rebondir !
Les uros se servent aussi des roseaux pour bâtir leurs maisons et leurs bateaux dont les plus beaux ont la tête d’un puma. Chaque île est toute petite et il y en a 36 en tout, peuplées par 10 familles uros. Les uros vivent tant bien que mal de la pêche et surtout du tourisme en vendant leur artisanat aux touristes.

Le bateau nous arrête à 3 îles différentes. On se sent un peu mal à l’aise de débarquer comme ça a chaque fois chez les gens. Ca fait un peu voyeur quand même.
Et qu’en pensent les uros ? Voir débarquer comme ça chez eux des hordes de touristes, tous les jours, descendant des bateaux pour un quart d’heure….. D’un autre sens, ils ont besoin de vendre leur artisanat pour survivre.

On demande au capitaine du bateau à quelle heure est le bateau pour l’île d’Amantani, ou nous voulons dormir ce soir. En fait, les bateaux pour Amantani partent tous à 8h. Ce qui fait  que c’est râpe pour aller sur Amantani aujourd’hui.
Il nous reste 2 solutions : rentrer sur Puno aujourd’hui ou dormir sur les îles uros et  nous optons pour cette dernière solution. Le bateau nous laisse donc sur la dernière île et une indienne nous prend immédiatement en charge. Elle enlève ses affaires de sa hutte qu’elle va nous louer pour la nuit. Le prix est de 15 soles par personne (4 dollars) avec les 3 repas compris.

Tout de suite, l’ambiance est complètement différente par rapport au moment où nous n’étions que de « simples » touristes au milieu de tant d’autres sur les bateaux. Alors que les indiennes ne faisaient pas attention a nous auparavant, elles sont maintenant toutes autour de nous, vieilles comme jeunes, nous posant mille questions.
Nous répondons tant bien que mal avec notre espagnol limite mais nous passons un très bon moment a rire. Elles sont très curieuses. Toutes les femmes de l’île sont la, puis quelques unes retournent dans leurs huttes, tandis que notre hôtesse et sa fille aînée restent a broder près de nous.

Puis elles nous préparent  le déjeuner : poisson frit, pommes de terre longues et un peu sucrées, et d’autres noires et rondes (pas très bonnes), salade et tomate. Apres le repas, de nombreuses barques accostent sur l’île San Pedro, amenant les indiens des autres îles.
En fait, il y aune réunion avec le président du comite des îles uros.
Il fait un long discours. On ne comprend pas beaucoup mais il parle souvent d’argent.

Les indiens sont assis en cercle et leurs femmes sont près d’eux et brodent. Chacun prend la parole a son tour pour exprimer son opinion. Les femmes ne parlent pas mais félicitent leurs maris lorsqu’ils se rassoient.

Un autre couple de jeunes touristes débarque a 14h et on les installe dans une autre hutte a l’oppose de la notre. Nous sommes presque déçus de ne pas être les seuls touristes à dormir sur l’île.
La réunion dure toute l’après-midi jusqu’au coucher du soleil ou le président clôture la session en exhibant 2 gros cartons qu’il s’empresse de déballer. Nous sommes curieux de voir ce qu’il y a dedans…. Des vivres pour une petite fête ce soir ?eh bien non, on n’en croit pas nos yeux lorsque l’on voit un ordinateur dernier cri avec son imprimante flambant neuf. C’est incroyable.

Que vont bien pouvoir en faire les uros alors qu’ils n’ont pas l’électricité sur l’île ? On reste méduses tandis que le président répète a tout va que c’est une machine très moderne. Franchement, ça doit faire une belle jambe aux uros !
L’autre couple de touristes vient nous voir pour nous demander si nous avons déjeuné. Ils n’ont rien eu et n’ont pas ose demande quelque chose a manger .les pauvres, ils sont affames !

A 19h, on nous sert un grand bol de riz blanc avec un œuf au plat huileux dessus. On se force un peu mais ça a du mal a passer.
On demande a notre hôtesse une « porte » pour la nuit car il n’y a rien pour fermer notre hutte pour la nuit qui s’annonce fraîche, le lac Titicaca étant tout de même a 3800m d’altitude ! Elle semble étonnée par notre requête et cherche visiblement une idée.

Elle revient un peu plus tard avec une couverture qu’elle attache tant bien que mal pour fermer la hutte et elle nous laisse une bougie sur une brique pour nous éclairer, ce qui ne nous rassure pas beaucoup quand on sait que tout est en roseau !
Quand on lui demande ou sont les toilettes, elle répond qu’on peut aller ou l’on veut mais qu’il faut faire attention en bordure de l’île… de ne pas s’enfoncer dans l’eau !

On prépare nos sacs de couchage qu’on dispose sur le « lit » fait de longs roseaux. En fait, la hutte est en pente, ainsi que le lit et on se demande comment on va faire pou ne pas glisser pendant la nuit….

Au moment de se déshabiller, plusieurs enfants de l’île poussent notre pseudo-porte et entrent en trombe. Visiblement ils n’ont aucune notion du mot intimité, peut-être parce qu’ils sont tellement habitues a vivre en communauté. Bon, il faudra faire attention pour se déshabiller. Une bonne petite nuit en perspective…


 

Jeudi 14 septembre 2006 - Iles Uros et Amantani
 

La nuit a été particulièrement difficile. Il y a eu le vent qui soufflait et entrebâillait notre pseudo-porte, les bateaux qui passaient la nuit et faisaient tanguer le sol, la musique a plein volume jusqu’ a minuit et qui a redémarre a 5h du matin (ces gens ne dorment-ils donc jamais ?), les cochons d’Inde qui sont lâches sur l’île la nuit et qui avaient élu domicile autour de notre hutte en grattant toute la nuit (nous confirmons que ces animaux sont bien plus actifs la nuit !) et enfin les enfants qui ont pris un malin plaisir a nous réveiller au lever du soleil en jouant de la flûte de pan devant notre hutte (faux en plus…).
Bref, la nuit n’a pas été de tout repos et le réveil est laborieux. Le petit déjeuner n’est pas particulièrement réjouissant (œufs au plat huileux au milieu de 2 tranches de pain) alors que nous sommes affames car nous avons peu mange au dîner de la veille.

Alors forcement, on est un peu de mauvais poil quand les 1ers bateaux de touristes commencent a accoster sur l’île a 8h et ne trouvent rien de mieux a faire que de nous photographier en train de petit déjeuner !
Toutes les femmes uros ont de magnifiques tresses, très longues et lorsque je demande aux filles de notre hôtesse de m’en faire, elles sont ravies et c’est parti pour une bonne partie de rigolade. En coiffant mes cheveux, elles me demandent quel shampoing j’utilise !

A 9h, le bateau pour l’île d’Amantani passe nous chercher et nous faisons nos au revoir a la charmante famille qui nous a hébergé. La traversée de 4 heures pour rejoindre Amantani nous semble bien longue à la fin et nous poussons tous un soupir de soulagement lorsque l’île  est en vue.
Nous voyons plusieurs indiennes courir en direction du port ou nous accostons.

En effet, le capitaine procède à la répartition des touristes pour le logement et chaque indienne repart avec son lot de gringos ! Les gens sont pauvres sur Amantani et ont peu de revenus donc loger des touristes est une sympathique rentrée d’argent.
Nous sommes tous en pension complète pour 20 soles (6 dollars par personne).

Pourvu que la nourriture soit meilleure qu’a Uros car notre ventre crie famine ! Nous sommes loges avec un autre couple (Elisabeth, une française de Nice et son ami Armando, péruvien vivant en France) dans la maison du capitaine.
Le repas est très bon, à notre grand soulagement.

Apres un rapide repos, nous partons tous les 4, en suivant la jeune fille de la maison qui a 13 ans. Les femmes portent sur la tête une grande étoffe en laine qui descend dans le dos, souvent brodée au bout avec de belles couleurs vives.
Elles s’en servent comme châle pour se réchauffer, et aussi pour se protéger du soleil.

On se promène a travers l’île. Les maisons sont presque toujours en adobe et sont très simples. Les femmes marchent en filant la laine, sans s’arrêter et d’ailleurs notre jeune guide marche elle-même en tricotant, c’est très drôle.
On nous a dit que le groupe se retrouvait a la place principale mais comme il n’y a personne, on décide de continuer avec la jeune fille tandis qu’Elisabeth et Armando restent sur la place.

La communication est difficile car nous la comprenons très mal lorsqu’elle nous parle mais elle est adorable et reste avec nous toute l’après-midi. En redescendant, nous nous arrêtons a une épicerie pour acheter des boissons et l’invitons a prendre quelque chose pour elle mais elle n’ose pas et semble hésiter.
Tout d’un coup, on réalise qu’on ne lui a pas dit clairement qu’on lui paierait ce qu’elle choisirait mais des qu’on prononce le mot cadeau, elle s’empresse de designer un paquet de gâteaux au chocolat, ravie. Elle le  mérite bien après nous avoir trimballe toute la journée sans rechigner !

Le soir, en terminant notre dîner, la famille nous propose d’aller a une petite fiesta avec eux. Il fait froid dehors et c’est difficile de se motiver mais on accepte finalement. La famille nous prête des habits traditionnels pour l’occasion : poncho et bonnet pour Vincent, jupe, chemise et la fameuse étoffe en laine noire pour moi. De vrais îliens !

On part dans la nuit noire, à la queue leu leu, seulement éclairés par la lampe a pétrole de la mère. 20 minutes plus tard, on arrive dans une petite salle avec un groupe local. Il y a très peu de monde, quelques familles avec les touristes qu’ils hébergent.

En tout cas, on danse tous ensemble et c’est très sympa…


 

Vendredi 15 septembre 2006 - Ile de Taquile
 

A 8h, on fait tous les bagages. Nous sommes en retard et on se presse tous derrière la famille : le père (évidemment, c’est la capitaine du bateau), la mère, mais aussi la grand-mère et la petite qui prendront la bateau avec nous pour être au marche de Puno demain.

Apres une petite heure de bateau, nous atteignons l’île de Taquile, réputée plus touristique, ce qui est vrai ! mais on comprend vite pourquoi : l’île est charmante avec des petits sentiers serpentant dans les villages et dominant des cultures en terrasse et les eaux bleu profond du lac Titicaca qui ressemblent a la mer.
Il est vrai que ce lac mythique s’étend sur plus de 170 Km de long sur 60 Km de large. C’est le plus haut lac navigable du monde et le plus grand d’Amérique du sud.

A Taquile, on se croirait sur une petite île grecque. Sauf qu’on est à 3800 m d’altitude ! le plus surprenant est peut-être l’habit traditionnel des îliens. Les hommes portent des chemises blanches en tissu grossier avec une large ceinture brodée colorée sur un pantalon noir qui s’arrête aux mollets, leur donnant ainsi un faux air de pirate !
Sur la tête, ils ont des bonnets de laine un peu longs qu’ils tricotent eux-mêmes en marchant et dont les couleurs ont une signification : rouge pour les hommes maries, rouge et blanc pour les célibataires. Les autres teintes peuvent refléter la position sociale présente ou passée.

Apres une petite truite mangée a 10h30 (comme quoi il n’y a pas d’heure pour la truite !), nous redescendons tranquillement vers le port pour prendre le bateau de retour pour Puno.


 

Samedi 16 septembre 2006 - Copacabana (Bolivie)
 

Snif, nous quittons aujourd’hui Puno et donc le Pérou, après presque 5 semaines passées dans ce merveilleux pays qui nous a littéralement enchante. Mais il est temps de rejoindre la Bolivie dont on nous parle depuis si longtemps.
Nous avons choisi de passer par Tour Peru, une compagnie qui nous conduira directement a Copacabana donc pas de souci de bus a la frontière.

A peine sommes-nous montes dans le bus que c’est la surprise totale : nous tombons nez a nez avec Christophe et Dorothée que nous pensions déjà être en Bolivie !
On est tous super contents de se revoir. Le hasard fait bien les choses ! En fait, ils ont passe un jour de plus à Cuzco mais ne sont restes que 2 jours sur les îles. Ils ont pris un billet direct sur la Paz alors que nous nous arrêtons à Copacabana pour visiter l’île du soleil.

 Mais comme le bus fait une heure d’arrêt a Copacabana et qu’il est 12h, , on part tous les 4 sur le ravissant port pour déguster une délicieuse truite du lac au citron (et pour moins de 2 dollars….).
On se sépare a 13h en promettant de rester en contact et d’essayer de se voir a La Paz. On trouve sans problème une chambre matrimoniale avec salle de bains pour 25 bolovianos (environ 3 dollars), un prix imbattable !

On se promène un peu dans le centre-ville en visitant la très jolie cathédrale toute blanche de style mauresque. On fait quelques courses au marche en prévision de notre pique-nique de demain midi. Nous sommes surpris par l’attitude des boliviens, très froids, sans un sourire, qui ne répondent pas à notre salut.
Une vendeuse, a qui on achète quelques pommes, ne nous calcule pas pendant toute la transaction et continue a parler avec sa copine d’a cote, comme si on n’existait pas. Apres l’accueil chaleureux des péruviens, ça nous fait un peu bizarre… espérons que le reste de la Bolivie ne sera pas ainsi !

On s’attarde en fin d’après-midi sur le port, très mignon, ou des familles boliviennes sont venues pour le week-end, et se baladent avec d’ énormes sacs de pasankalla, le pop corn local que l’on s’empresse de goûter. Très bon !



 
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