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Mercredi 26 avril 2006 - Panadji - Marche d'Arjuna (Goa)
 

On nous reveille en sursaut pour nous faire descendre du bus. Il faut nuit noire. Il est trop tot, ils doivent se tromper! Mais non, on nous dit qu' on est bien a Ankola, mais il est 2 heures du matin alors qu’on devait y etre vers 6 heures…
Nous voila completement haguards et desorientes, en pleine nuit, dans une ville inconnue, avec nos bagages, en compagnie de 4 autres tourisets, aussi perdus que nous. Quelle galere !!!

Heureusement, deux policiers indiens arrivent sur une moto et nous aident. Trois touristes veulent se rendre a Gokarna, petite station balneaire a 20 kilometres, et negocient un touk touk. Les policiers nous disent d' attendre a la gare routiere, situee a 2 pas et nous y accompagnent.
L' autre touriste, une argentine, s’y trouve deja et semble plongee en pleine meditation. Comme elle va aussi a Gokarna, nous sommes etonnes qu elle ne se soit pas jointe aux touristes qui partaient en touk touk. Mais quand on l’interroge, elle ne nous repond pas, toute concentree qu’elle est, yeux fermes.

Il y a decidement de droles de touristes en Inde. Les policiers sont tres sympas et tapent la discute. Ils se renseignent pour nous. En fait, un bus pour Goa devrait passer vers 3h30 sur la route sur laquelle on nous a depose. C’est toujours mieux que d’attendre jusque 6 heures.
Je decide de montrer la fameuse photo prise sur un tournage a Bombay avec Amithab Bachchan aux deux policiers, et qui fait l’effet escompte. Ils n’en reviennent pas!

Au bout de 5 minutes a regarder la photo, ils me regardent, puis regardent de nouveau la photo, et la, pensent tout d’un coup que peut etre la blonde brushee en robe de soiree a paillette, c’est peut etre moi …
Quand je le leur confirme, ils sont tres etonnes et surpris, a tel point que je suis presque vexee.
Bon c’est sur, la, a 2 heures du matin, avec mes habits de routarde et mes cheuveux en bataille, le rapprochement n’etait peut etre pas evident … Mais tout de meme !!!

L’argentine finit sa meditation et s’apercoit de notre presence. Cette descente rapide du bus, en plein milieu de la nuit, c’etait trop de stress nous explique- t-elle.
A 3h30, nous repartons sur la route attendre le passage du bus. Un homme est la, a balayer le sol devant une boutique. A cette heure la ?

D’un coup, on entend au loin une clameur, des “Ouh Ouh” psalmodies, des bruits de tambour. Qu’est- ce- que c’est que ca ? Surtout que le bruit s’amplifie de plus en plus, de maniere inquietante. On s’attend presque a voir debarquer des peaux rouges …

Mais ce sont des indiens d’Inde qui arrivent, un groupe d’hommes, habilles tout en blanc, avec de longs batons et de grande torches enflammees, qui passent devant nous en courant, en chantant des “Ouh Ouh” si fort que l’on se demande comment les gens font pour dormir encore. Tres etrange. Des membres d’une secte ?
En tout cas, on se dit encore une fois qu’en Inde, beaucoup de choses nous echapent …

A 4 heures, le bus tant attendu arrive mais il est bonde.Pas facile de se trouver une place surtout avec nos gros sacs enconbrants, pas facile de dormir non plus … nous arrivons epuises a 8 heures a Panaji.
Nous trouvons une guesthouse familiale fort sympathique, une ancienne maison portugaise, dans un charmant quartier, avec de belles maisons coloniales aux murs colores. On a vraiment l’impression d’avoir change de pays.

L’apres- midi, nous partons pour le marche au puces d’Anjuna, une petite station balneaire sur la cote nord de l’etat de Goa. Le marche est un etonnant mélange d’etals en tout genre, ou j’achete de beaux bijoux fantaisie a prix tres doux.
On y fait la connaissance d’Aurore et de Guillume, deux Bretons forts sympatiques, depuis 2 mois en inde, avec qui on passe un agreable moment autour d’une biere.

 

Jeudi 27 avril 2006 - Old Goa
 

Nous allons visiter les vestiges de Old Goa, ou les portugais s’etaient initialement installes, avant de fuir la ville au moment de la peste.
Les monuments restants sont de belles cathedrales et eglises, bien entretenues, temoins d’un glorieux passé. Dans la basilique du bon Jesus, on apercoit le tombeau de Saint Francois Xavier, le celebre evangelisateur d'asie.

 

Vendredi 28 avril 2006 - Palolem
 

Nous quittons notre charmante pension pour aller se detendre quelques jours sur les belles plages de Goa. Notre choix s’est porte sur Palolem, une plage completement au sud, qu’on dit tres belle et surtout que notre guide indique comme tres calme.
En sortant de la pension, un francais nous dit que la plage de Patnem, a 2 kilometres de Palolem, est beaucoup plus calme et charmante.

Bus pour Margao et de la, deuxieme bus pour Palolem. A notre descente du bus, surprise. Le tranquille petit village de pecheur a fait place a une rue remplie de boutiques a touristes, dont les vendeurs nous interpellent tout le long.
Arrives sur la plage, on s’apercoit avec consternation de la multitude de paillottes, bars branches, laissant echapper une musique tapageuse, touristes affales sur les transats …

La plage est parsemee de barques de p echeurs qui ne semblent pas avoir servies depuis quelques temps. Ce n’est pas vraiment le petit havre de paix auquel on s’attendait! Quelle deception !

 

Samedi 29 avril 2006 - Patnem
 

Notre decision est prise. Pas question de rester a Palolem qui ne nous plait pas du tout! Nous prenons un traxi pour Patnem situe a seulement 3 kilometres.
Quelle n’est pas notre joie de decouvrir une plage agreable et tranquille avec seulement quelques paillottes eloignees les unes des autres! Une seule boutique, tres peu de touristes …

Et nous degotons une petite pension familiale ou la mere fait la cuisine et le fils le service. Ici, pas de musique tapageuse, seulement le ressac des vagues, le cri des oiseaux et le vent dans les cocotiers. C’est parfait!

Le soir nous faisons la connaissance de Martine et Patrick, deux charmants Nimois, amoureux de l’inde, qui y viennent pour la 5eme fois, et voyagent en moto. Agreable diner en leur compagnie.

 

Dimanche 30 avril 2006 - Patnem
 

Cet endroit est une veritable benediction. Tranquillite, repos, lecture, balade sur la plage les pieds dans l’eau, super coucher de soleil … Et nourriture excellente!
On se refait une sante …

 

Lundi 1er Mai 2006 - Patnem
 

On pensait rester ici 2 jours, mais non, decidement, on se plait trop … On ne veut pas partir tout de suite. On se sent tellement bien. En somme, on a vraiment l’impression d’etre en “vacances”, ce qui peux semble bizarre après 6 mois de voyage!
On ne se souvient plus depuis quand on ne s’est pas poses comme ca, ,mais ce qui est sur, c’est que ca nous fait un bien fou …

On marche jusque Palolem pour aller acheter notre ticket de bus pour Mangalore. Quelle difference avec Patnem!
Tout de suite, il y a plus de bruit, plus de touristes, trop de boutiques, trop de paillottes et trop de rabatteurs …
On retourne vite chez “nous” ou on se sent tellement bien.

Le soir, comme depuis notre arrivee a Patnem, nous retrouvons avec grand plaisir Martine et Patrick.

 

Mardi 2 mai 2006 - Patnem
 

Dernier jour a Patnem. Que cet endroit va nous manquer! Quelle paix, quelle tranquillite …
On quitte aussi avec regret Martine et Patrick, nos petits diners en leur compagnie vont nous manquer. Nos discussions enflamees juqu’a la fermeture du restaurant etait un pur bonheur … Merci a vous pour tous ces petits moments passes ensemble a refaire le monde....

22h30, on monte dans le bus couchette pour Mangalore.

 

Mercredi 3 mai 2006 - Hassan
 

Arrives au petit matin a Mangalore, nous enchainons avec un bus de 4 heures pour Hassan. Nous reprenons notre rythme après ces quelques jours de repos a Patnem!

Hassan est une ville sans charme qui va nous servir de base pour visiter les fameux temples de Belur et Halebid.
Arrives a l’hotel, on prend une petite douche et malgre notre fatigue, on se motive pour sortir cette après midi.

Nous partons pour le petit village de Sravanabelagola, un centre religieux important du Jainisme, celebre pour abriter une statue colossale de Bahubali, un monolithe en granit haut de 17 metres qui serait le plus grand monolithe taille du monde.
Bahubali etait le fils d’un empereur, et affronta son frere pour la succession de leur pere a sa mort. Mais au moment de remporter la victoire, il prit conscience de la futilite de cete lutte et renonca a son royaume. Il se retira dans la foret pour mediter dans la solitude, jusqu’a l’eveil.

La statue se dresse au sommet d’une colline après avoir grimpe 614 marches ! Tous les 12 ans se deroule une ceremonie durant laquelle la statue est recouverte de lait de coco, yoghourt, bananes, dattes, amandes, lait, safran, sental.
Nous apercevons sur la statue de longues trainees blanche, jaune et rouge, probables empreintes de la derniere ceremonie. Tous les jours, des pretres lavent les pieds de la statue a l’eau.

 

Jeudi 4 mai 2006 - Halebid - Belur
 

Nous prenons le bus pour Halebid. Quelle surprise de croiser 2 francaises, Laure et Isa, dans le bus, assises juste devant nous! Comme elles partent le soir meme pour Goa, nous leur conseillons naturellement d’aller a Patnem, qui nous a laisse un merveilleux souvenir.
Le petit village d’Halebid abrite le temple Hoysalewara, datant du 12eme siecle. Quel temple extraordinaire! Nous sommes reellement emerveilles par tant de beaute.

Le temple a un plan en forme d’etoile et est recouvert d’innombrables sculptures relatant la mythologie hindoue, des scenes de combat, des scenes de danses et de musique. Sur le bas, les bas- reliefs sont impressionnants de qualite.
Une frise situee au centre montre des scenes de la vie quotidienne dont la minutie releve de l’exploit. La finition de chaque sculpture est extraordinaire : bijoux, vetement, coiffes … Chaque statue est un petit bijou et nos yeux ne savent plus ou donner de la tete.

Nous quittons Isa et Laure qui rentrent a Hassan et prenons un minibus pour Belur qui abrite le temple de Channekeshava, datant lui aussi du 12eme siecle.
Bien qu’abritant de belles sculptures, notamment deux femmes en train de danser, nous sommes un peu decus car il est moins beau et moins impressionnant que celui d’Halebid …
Peut etre aurait- il fallu les visiter dans l’autre sens.

En rentrant sur Hassan, on recupere nos sacs a l’hotel et on enchaine avec un bus pour Mysore. Durant le trajet, une pluie diluvienne s’abat sur nous accompagnee de vents violenst. C’est le deluge!
Le bus avance lentement, secoue par les vents, d’autant qu’un des deux essuie- glace ne marche pas…
Les arbres et palmiers ploient sous la violence des vents et le bus est meme contraint de s’arreter a un moment.
On en sera quitte pour une bonne frayeur!

 

Vendredi 5 mai 2006 - Mysore - Somnathpur
 

De Mysore, nous enchainons deux bus locaux pour se rendre au petit village de Somnathpur ou se trouve le temple de Keshava, le dernier des temples Hoysala que nous allons voir.
La frise sculptee qui fait le tour du temple comporte 6 bandes : elephanrs, chevaux et cavaliers, fleurs, scense de vie, crocodile, lions, et enfin oies. Il n’y a pas deux frises identiques! Plus en haut, belles sculptures toujours aussi raffinees qu’a Belur et Halebid.

Nous attendons le bus local de retour qui est bonde. Lorsqu’il arrive, tout le monde se bat pour monter, sans meme attendre que les gens en descendent.
A l’interieur, les gens se marchent dessus pour circuler sans que cela semble les gener le moins du monde. Nous sommes effares par ce comportement! Le trajet est tres penible.

On se fait la reflexion que l’Inde est sans nul doute le pays le plus routard que l’on ait fait, et le plus difficile psychologiquement. On ne s'est jamais autant enerves dans un pays : entre les rickshaws arnaqueurs, les rabatteurs plus qu’insistants et les innombrables mendiants qui nous foncent dessus des qu’il nous apercoivent, il est parfois difficile de garder son calme.

D’autant plus, qu’il est quasi impossible d’etre seuls et tranquilles et que c’est parfois pesant. Nous sommes abordes dix fois par jour ou sollicites pour des photos sur tous les sites.
Les hommes me devisagent tout le temps et restent plantes la a me fixer sans aucune discretion, ce qui fait bouillonner Vincent. Voila, c’etait notre petit coup de gueule sur l’Inde!

En fin d’apres- midi, on part visiter le palais du Maharaja de Mysore. On est parti vers l’une des grandes entrees sous un porche mais la grille est fermee.
Un chauffeur d’autorickchaw nous dit qu’il faut aller a l’autre entrée et propose de nous y enmener pour une somme demesuree, pendant qu’un autre nous assure que le palais n’ouvre qu’a 16h30, soit dans une heure et nous propose d’aller visiter une fabrique d’encens (c’est la grosse arnaque a Mysore).

Evidemment, nous ne les ecoutons ni l’un, ni l’autre et partons a pied vers l’autre entrée a quelques minutes de marche. Comme nous l’avions suppose, le palais est bel est bien ouvert. Il y a d’ailleurs une foule immense de touristes indiens.

Comme il est interdit de prendre des photos a l’interieur du palais, nous rangeons notre appareil photo dans notre sac. Mais au moment du controle a l’entrée du palais, les agents de securite trouvent notre appareil et nous demandent de retourner a l’entrée pour le laisser en depot, ce qui est payant bien sur.Vincent s’enerve et refuse.

Nous ne sommes bon qu’a payer! D’abord l’entrée, puis il faut laisser ses chaussures a un comtoir et repayer, et payer une troisieme fois pour ne pas prendre de photos! Vincent est prêt a faire demi tour et a ne pas visiter le palais…
Finalement une foule d’indiens arrive et les agents de securite doivent s’occuper d’eux. Nous profitons de leur instant d’inattention pour entrer en douce dans le palais …

Le palais est completement delirant. Salles grandioses aux couleurs surprenantes : rose bonbon, turquoise, jaune vif … Immenses piliers peints ou sculptes, plafonds hauts, mosaiques … Le tout tres kitsh! On peut dire que le Maharaja ne se refusait rien.

Puis nous partons nous promener au Devaraja Market, un superbe marche qu’on dit etre un des plus beaux du sud de l’inde. Il est vrai que les etals de fruits et legumes rutilants sont superbes. Partout des monceaux de fleurs blanches, roses, oranges, qu’on peut acheter au poids, ou au metre! Certains enfilent les fleurs comme un collier et y ajoutent des boules de sapin de noel…

Nous sommes attires par un stand qui vend des extraits de parfums. Le vendeur est un indien charmant, aux yeux magnifiques, qui parle francais et mele habilement dans sa conversation francais et anglais, c’est trop drole.
Toutes ces senteurs, c’est un vrai bonheur. D’autant qu’il est tres drole et reussit a nous faire rire et a dissiper toute la tension accumulee dans la journee… Bel exploit!

Nous sommes sous le charme et achetons joyeusement 10 petites bouteilles : jasmin, rose, fleur d’oranger, et aussi fleur de pasteque (grande decouverte), 9 fleurs (un melange qui evoque Eternity de Calvin Klein) et blue moon (composition identique a CK one nous dit- il, et c'est vrai que ca ressemble beaucoup).
Finalement, on repart le sourire aux levres, beaucoup plus detendus.

Nous achetons 2 assiettes en plastique et faisons nos emplettes pour notre diner de ce soir : tomates, concombres, citrons, menthe, poivrons … un vrai festin pour nos papilles qui n’en peuvent plus des plats en sauce epicse et qui reclament un peu de repit !

Le soir, Vincent commence a se sentir fievreux et une heure plus tard il est a 40… Et delire toute la soiree.

 

Samedi 6 mai 2006 - Mysore
 

La fievre est tombee mais Vincent est toujours patraque.
Impossible de partir ce soir pour Kochi comme nous l’avions programme …

 
 

Dimanche 7 mai 2006 - Mysore
 

Vincent est de nouveau sur pied (grace a mes bons soins?) et nous partons visiter la residence d’ete du sultan Tippu, a 15 kilometres de Mysore. Les mues sont recouverts de peintures relatant les batailles menees pas le sultan.
Nous sommes un peu decus par cette visite. Le 2eme etage n’est meme pas ouvert a la visite. Et avoir mis tant de temps a venir pour 30 minutes de visite seulement...

A 18h nous prenons le bus pour Kochi.

 

Lundi 8 mai 2006 - Kochi (ou Cochin)
 

Arrivee a 5 heures du matin a la gare routiere de Kochi. Decidement, ces trajets de nuit en bus, on ne s’y fait pas.
On se fait deposer a l’embarquadere des ferry pour Fort Cochin, le quartier le plus ancien de la ville ou sont regroupes les principaux points d’interet. On prend le premier ferry a 5h35, a moitie endormis …

L’apres- midi, promenade dans les rues de Fort Cochin, regorgeant de belles maisons coloniales, dont la plupart servent actuellement d’hotel de charme. On n'a pas vraiment l’impression d’etre en Inde : rues larges et propres, peu de monde, peu de vehicules, c’est vraiment tranquille.
Ca nous rappelle un peu Panaji, la capitale de Goa, egalement ville coloniale. En tout cas, c’est tres agreable et reposant.

On visite la jolie catedrale Santa-Cruz toute en couleur pastel. Un indien au large sourire vient vers nous et nous explique un peu l’histoire et l’architecture de la cathedrale. On est mefiant. Encore un guide ?
On s’apprete a lui dire qu’on ne veut pas de guide quand il nous dit : “Je suis le pretre de la cathedrale. Bienvenue dans cette eglise.” Oups! On a faille commettre un impair … Il s’en ait fallu de peu !

Un peu plus loin, on tombe par hasard sur un entrainement de pompiers. Le chef de la compagnie nous salue et est fier de nous expliquer les differentes manoeuvres. On reste un moment a les regarder, c'est trop drole!

Nous assistons au coucher de soleil sur les fameux “Chinese nets” (Carrelets chinois), de grandes constructions en bois qui basculent dans l’eau avec leur enorme filet de peche.
Derriere eux, de petites barques de peche arborent le drapeau chinois rouge avec des etoiles jaunes. Surprenant. Mais il est vrai que le Kerala est un etat communiste …

 

Mardi 9 mai 2006 - Kochi (ou Cochin)
 

Nous avons reserve pour ce matin une balade de 3 heures sur les Backwaters. Un taxi vient nous chercher a 8h30 et un autre touriste, un charmant Nepalais se joint a nous.
Apres une heure de route, nous arrivons a Kottayam, point de depart de notre promenade. Il s'agit d’un petit bateau traditionnel sans moteur, qui avance grace a une longue tige de bambou qu’on fait tomber au fond de l’eau par l 'une de ses extremites et sur laquelle on prend ensuite appui.

La balade sur les petits canaux est des plus plaisantes. C’est tres tranquille, on entend les oiseaux qui gazouillent, le vent qui souffle dans les cocotiers qui bordent les rives… Magique !

On fait un arret dans un petit village pour nous montrer la fabrication de cordes a base de coir (fibre qui entoure la noix de coco). La fibre est vrillee sur elle meme grace a une roue qui tourne, et ensuite doublee, ce qui en fait un cordage tres resistant et tres ecologique! Chapeau!

Petite pause pour deguster une coco verde … et on repart. Le charmant touriste nepalais est en fait a moitie tibetain par sa mere et est venu travailler benevolement dans un camp de 15000 refugiers tibetains, situe dans le sud de l’inde.
Il s’accorde quelques jours de repos bien merites.

 

Mercredi 10 mai 2006 - Kochi (ou Cochin)
 

Nous allons dans le quartier de Mattancherry et debutons par la visite de la synagogue de Cochin, la plus ancienne d’inde, construite en 1568, dont le sol est orne de carreaux de faience chinoise. Assez decevant en fait.
On pensait ressentir ici quelque chose … Mais non. Rien a voir avec les synagogues que nous avons visitees au Maroc il y a un an.

De meme a Jewstown, l’ancien quartier juif s’avere assez decevant. Il n’y a plus desormais que des boutiques d’antiquites qui vendent des souvenirs assez chers aux touristes …

Un peu plus loin, le Deutch Palace, une residence batie par les portuguais au 18eme siecle pour s’assurer les bonne graces du Raja de Kochi, a des fins commerciales bien entendu.
Le palais presente encore quelques belles peintures murales representant des scenes de mythologie hindoue dont un surprenant Shiva a 8 bras prodiguant caresses a un groupe de jeunes femmes.

Puis, merveilleux dejeuner a la Casa Maria, une belle maison coloniale decoree dans un gout exquis ou les plats nous ravissent les papilles …

L’apres- midi, on se lance dans l’aventure incroyable d’envoyer un colis vers la France. Le “paquet” est fait a l’exterieur de la poste dans la minuscule boutique d’un tailleur. Il n’a meme pas de carton de taille suffisante et ficele tous les objets avec de la corde, ajoutant ca et la, quelque bouts de carton, sans doute destines a proteger nos affaires selon lui.
Puis il coud 3 bouts de tissu blanc avec sa machine a coudre, actionnee au pied, et decide d'entourer l’espece de monticule qui fait office de colis. Ensuite il applique de la cire chaude rouge sur toutes les coutures. Nous repartons avec notre pseudo colis, franchement tres sceptiques sur sa resistance…

Ce soir, nous allons assister a un spectacle de Kathakali. Il s’agit d’un art typique du Kerala qui consiste en un melange de mimiques associees a de la danse.
Les acteurs ,qui sont tous des hommes, sont maquilles avec minutie, et portent des costumes hauts en couleur. Les scenes racontent des histoires tirees de la mythologie hindoue.
Traditionnellement, les danses de Kathakali se deroulaient dans les temples et pouvaient durer toute la nuit.

Nous arrivons a 17h30 pour assister a la séance de maquillage qui dure 1 heure et demie et pour nous, le spectacle commence deja. Les acteurs se maquillent eux-memes, une main tenant un miroir, l’autre tenant les pinceaux de maquillage.
Ils n’utilisent que des couleurs naturelles, extraites de plantes ou d’arbres, et qu’ils melangent a de l’huile de coco.
Les couleurs sont tres importantes car elles sont un code pour reconnaitre les personnages: le heros a le visage vert, le demon noir et rouge, un personnage “bon” ou feminin est jaune….

Puis un homme vient leur appliquer du papier sur le visage, vers le bas des joues, qu’il fixe par une espece de pate blanche faite a base de riz. Ca a l’air un peu naif comme montage mais cela s’averera d’une etonnante efficacite!

A 19h, le spectacle commence enfin. L’un des acteurs nous fait une demonstration des differentes mimiques utitlisees dans le Kathakali. Sa maitrise est impressionnante et on peut effectivement lire toutes les emotions sur son visage.
Il contracte ses traits, les deforme, les etire sans aucune difficulte, a une vitesse etonnante et tout ca en rythme avec la musique jouee par 3 musiciens sur scene. Quelle virtousite! Nous restons ebahis devant une telle maitrise de l’expression.

Puis le spectacle proprement dit demarre. Les 3 personnages sont vetus de costumes elabores avec des couleurs vives, et de coiffures elaborees et hautes, que vient surmonter une grande aureole doree.
Heureusement, on nous a donne un papier expliquant les personnages et l’histoire qui se joue. Pas facile de s’y retrouver dans tous ces dieux et ces heros hindous!

Le spectacle est un pur enchantement et nous sommes cloues a notres chaise, n’en perdant pas une miette, grises par la musique, les chants, et le jeu des personnages… tout simplement magique!

 

Jeudi 11 mai 2006 - De Kochi a Allepey
 

J’ai efface la veille par megarde les photos que j’avais prises de Kochi le 1er jour. Catastrophe! Comme la cathedrale Santa Cruz n’est qu’a quelques minutes de notre hotel, nous decidons d’y retourner prendre quelques cliches “de sauvetage”.

Quelle n’est pas notre surprise d’y entendre une messe en francais!!! Ici, dans une eglise a Kochi! Il y a pas mal d’occidentaux assis sur les 1ers rangs et tous chantent en francais sans aucun accent. On n’en revient pas !
On reste car on veut savoir le pourquoi du comment.

En effet, il s’agit d’un groupe de touristes francais, en visite organisee, qui effectuent un pelerinage sur les traces de Saint-Francois-Xavier, accompagnes par leur eveque.
Comme c’est drole comme coincidence!

Le trajet pour Allepey en bus est rapide et nous arrivons 2h plus tard en nous rendant directement au bureau du DTPC, le bureau du tourisme qui organise les tours en backwaters, entre Allepey et Kollam.
Mauvaise surprise: etant donne que nous sommes en basse saison, il n’y a pas de depart garanti tous les jours car il faudrait etre au moins 10 personnes.

Nous venons de rater aujourd’hui le depart de 10h30. Pas de depart demain. Il nous faudra attendre samedi…
On se morfond sur ce contre-temps, au restaurant Kream Corner, en degustant une delicieuse glace au chocolat. Il faut bien se remonter le moral comme on peut!

 

Vendredi 12 mai 2006 - Allepey
 

Nous logeons dans une jolie maison keralaise, pleine de charme et partons decouvrir le quartier. Il s’agit de rues residentielles ou, a notre plus grande surprise, les demeures sont toutes plus belles les unes que les autres, rivalisant de taille et de luxe.

Un peu plus loin, des indiens catholiques prient devant une statue du Christ. Ils lui mettent des colliers de fleurs autour du cou et lui apportent des bananes et noix de coco en offrande dans des petits paniers! Incroyable!
En fait, ils effectuent les memes rites que pour les divinites hindoues dans les temples, ce qui nous fait beaucoup rire.

Le catholicisme a l’indienne! Finalement, les keralais, dont une grande partie a ete convertie au catholicisme, ont tout simplement substitue le Christ a Shiva, en gardant leurs habitudes. La petite statue du christ baigne dans la fumee d’encens …

Pres de notre Guest House, il y a un institut de massage Ayuredique, ce qui nous tente bien. On va se renseigner mais … choc : le massage est a 600 roupies pour une heure (12 euros).
Mais qui peux se payer ca en Inde quand on sait que le salaire moyen mensuel est de 800 roupies ?
On repart decu en se disant que c’est tout de meme le comble de ne pouvoir se payer un massage en Inde !

 

Samedi 13 mai 2006 - De Allepey a Kollam (Sur les Backwaters)
 

Cette fois- ci, nous partons d’Allepey et embarquons a 10h30 sur le gros bateau du DTPC avec d’autres touristes indiens. On nous a tellement parle de cette balade sur les Backwaters (un reseau de canaux) que nous sommes impatients.

Premiere partie tres decevante car les canaux sont larges et le rives eloignees. Au bout d’une heure, nous passons dans les canaux plus petits et profitons plus des paysages : une profusion de cocotiers situes de part et d’autre des canaux, berces pas le vent.
Pourtant, nous ne retrouvons pas la magie de la balade en bateau effectuee a Kottayam.
Est- ce parce que les canaux sont plus larges, ou que le bateau est plus gros et a moteur, qu’il y a plus de monde avec nous, ou tout simplement parce que l’on nous en a trop parle ?
On ne s’attendait pas a ca …

Et puis, cette fois- ci, pas d’arret dans un petit village traditionnel.
Le dejeuner est servi sud des feuilles de bananier et est delicieux. Il faut manger avec les mains, ce qui ne pose aucun probleme a Vincent qui s’amuse beaucoup mais je suis plus maladroite, ce qui le fait bien rire. Mes origines bourgeoises, me dit- il … Mais bien sur, moi qui ai grandi dans le 93 !!!

A 16h, petit arret pour nous annonce t-on, une “cup of tea”. Cela nous amuse beaucoup de voir les habitudes anglaises que les indiens ont pris, comme par exemple aussi de jouer au cricket (personnellement on ne sait meme pas en quoi le jeu consiste!).
Nous avons aussi remarque que plus les indiens etaient riches et/ou cultives, plus ils se parlaient anglais entre eux, meme entre mari et femme ou entre parent et enfant, mais toujours avec leur incroyable accent indien!

A 18h, nous arrivons enfin a Kollam. 8 heures de bateau, ca fait un peu long. Notre bilan est mitige : jolie balade … mais on s’attendait tout de meme a mieux. Pourvu qu’on ne devienne pas blasé !
On negocie avec le touk touk qui nous depose a l’hotel, pour qu’il vienne nous rechercher demain a 7 heures, l’hotel etant un peu eloigne du centre ville.

 

Dimanche 14 mai 2006 - Varkala
 

A 7h, nous attendons le touk touk … En vain. De nouveau, nous nous sentons enerves. Impossible de leur faire confiance !
A 7h30, nous comprenons qu’il ne viendra plus et demandons a l’hotel de nous en appeler un.

Bus pour Kalambalam ou nous prenons un touk touk pour Varkala, petite station balneaire du sud du Kerala, ou il nous faudra faire le plein de “fraicheur” (En fait, il fait 40 degres mais il y a beaucoup de vent) avant de se rendre dans l’etat du Tamil Nadu.

Varkala est un tres joli site naturel. Imaginez une grande falaise rouge situee sur une plage de sable blanc, avec les vagues de la mer d’Oman qui viennent s’ecraser !
Le contraste des couleurs est saisissant et ca nous fait du bien de nous reposer, de marcher les pieds dans l’eau et de deguster du bon poisson frais.

Dommage que hotel, restos et boutiques pour touristes s’alignent comme des rangs d’oigons en haut de la falaise. Ah le tourisme, ca n’apporte pas que des bonnes choses !
Heureusement pour nous, c’est la saison creuse donc il y a peu de touristes (ce doit etre l’enfer en haute saison) Mais d’un autre sens, les rabatteurs sont d’autant plus insistants …

 

Lundi 15 mai 2006 - Varkala
 

Nous avons bien rigole hier avec une vendeuse indienne dans un magasin de souvenirs.
Elle nous assurait que "good prices because now last day. tomorrow my shop closes, you know, because it's low season". Et apres avoir conclu la vente, elle nous demande de ne pas dire le prix a d'autres touristes, parce que pour nous, elle a fait "un prix tres special".

nous repondons "oui, oui" et Vincent rajoute que de toute facon, il n'y a pas de problemes, puisque la boutique ferme demain, c'est bien ca? et la, large sourire de la vendeuse qui comprend qu'elle vient de se trahir.... et fous rires de notre part!

nous profitons encore du cadre splendide de Varkala, et aussi du vent du bord de mer, tant nous redoutons la chaleur dans le prochain etat du Tamil Nadu.
Helas, a 17h, il nous faut deja boucler nos bagages pour prendre la train de nuit de 19h direction Madurai.

A 22h, 3 indiens montent dans le train et s'installent dans notre compartiment, en face de nous. Ils sont musiciens er reviennent d'un festival a Trivandrum ou ils ont joue pendant plusieurs jours et ils retournent a Madurai ou ils habitent.
Ils sont tres etonnes lorsque nous leur expliquons que nous voyageons pendant un an autour du monde. Cela leur parait incroyable.

Deja, lorsqu'ils sont loin de chez eux pendant quelques jours, ils sont nostalgiques et quand ils changent d'etat, ils sont souvent malades a cause de la nourriture!
Quand nous leur demandons ou ecouter de la musique a Madurai, ils nous proposent spontanement de venir chez eux demain en fin d'apres- midi pour un petit "concert prive". Genial!

 

Mardi 16 mai 2006 - Madurai
 

Reveil mouvemente a 5h lorsque le train arrive en gare de Madurai. Nous quittons les 3 adorables indiens en se disant a cet apres-midi.

Arrives a l'hotel, nous prenons sur nous et faisons un gros effort pour ne pas aller nous coucher de suite malgre notre fatigue.
A cette heure-la, il fait encore bon, mais la temperature va monter tres vite. Puisque nous sommes reveilles, autant en profiter!

Au restaurant de l'hotel, situe en plein air dans la cour de l'hotel, nous essayons de nous motiver pour notre petit dejeuner indien (idli, cad une sorte de galette de riz servie avec des epices) quand tout a coup, nous voyons un elephant accompagne de son maitre, qui se dirige dans notre direction.
L'elephant a des peintures blanches sur le front et le long de la trompe. Lui aussi vient prendre son petit dejeuner!

Son maitre se saisit de la nourriture apportee par le serveur, ferme les yeux en faisant des prieres, mains jointes devant lui, et deverse ensuite le tout dans la gueule de l'animal.
L'elephant mange lui aussi des idli mais il fait beaucoup moins de manieres que nous! Puis il repart tranquillement, nous laissant abasourdis sur nos sieges. Incredible India!

Nous partons pour le temple principal de Madurai situe au coeur de la ville. Mauvaise surprise a l'arrivee, on refuse l'entree a Vincent qui porte un longyi (sorte de pagne porte par les hommes, tres populaire en Inde et en Birmanie) sous pretexte que les longyi de couleurs sont interdits et que seuls les blancs sont autorises...
Vincent s'enerve et ne veut plus visiter le temple.

Finalement, on fait le tour du temple et on arrive a rentrer par une autre entree ou personne ne nous fait la moindre remarque.

Ce temple est tres different des autres que nous avons precedemment vus car c'est un lieu de culte fervent toujours en activite alors que nous avions plutot l'habitude des temples "historiques". Sous nos yeux ebahis se deroule le spectacle de l'Inde mystique tel que nous pouvons le percevoir en tant qu'occidentaux.

Une femme agee en sari depose son panier d'offrande devant une statue de Ganesh, le dieu a tete d'elephant. Elle renverse une bouteille d elait sur la statue, puis applique a divers endroits de la poudre jaune de santal, puis des petales de fleurs orange.... autant d'actionsque nous ne pouvons pas comprendre mais impossible de detacher notre regard!

idem lorsque passe une procession avec musiciens et hommes qui portent un coussin sur lequel repose un enorme linga, cad une statue representant un phallus et symbole du dieu shiva.
En Inde, il y a vraiment des choses que l'on ne peut pas comprendre!

Quelques minutes plus tard, quelqu'un me met une main aux fesses. Je suis outree et me retourne prestement.
Il y a une foule d'indiens, impossible de savoir qui a fait le coup. Je suis furieuse et scandalisee d'autant plus que cela se passe dans un temple. Pourtant ma tenue est irreprochable. C'est tout de meme la 4eme fois que cela se produit en moins de 2 mois! Pourquoi?
Quelle image des occidentales les indiens ont-ils?

Nous avions deja remarque avec Vincent en regardant les chaines televisees que les mannequins pour les publicites "legerement dehabillees" pour la lingerie ou du gel douche etaient toutes des occidentales. Qu'en conclure?

Vers 17h, comme convenu, un des trois musiciens vient nous chercher a l'hotel et nous partons en touk touk pour la maison de ses 2 amis a 7 km. Ils nous accueillent avec un grand sourire et beaucoup de gentillesse. Elle est chanteuse et lui joue du violon.
On s'installe tous au 1er etage, dans la piece ou ils repetent habituellement, et apres un chai (incontournable), ils prennent leurs instruments et debutent pour nous un mini concert prive de 45 minutes. Un pur moment de bonheur!

La musique est un vrai regal, leurs sourires chaleureux aussi, et la voix de la femme nous amene des frissons... Magique!
Un grand moment avec beaucoup, beaucoup d'emotion, difficile a traduire avec des mots.

Puis impossible de refuser de deguster les fameuses idli (galette de riz) avec une sauce qu'elle a specialement preparee pour nous, cad a vec beaucoup moins d'epices.
Ce qui ne nous empeche pas de pas de la trouver assez relevee, c'est dire! Puis il est temps de se separer... et de les remercier vivement pour le moment merveilleux que nous avons passe.

La nuit est un cauchemar. Notre chambre est un vrai four et malgre le ventilateur a fond, il y fait une chaleur incroyable. Nous sommes trempes, impossible de trouver le sommeil...
On prend des douches fraiches pour se rafraichir, mais, 5 minutes plus tard, c'est la meme chose.

Desesperee a 3 heures du matin, je reveille Vincent , qui lui, avait reussi a s'endormir a la fin (par quel miracle, je me le demande) ce qui n'est pas tres sympa, je l'admet, et lui demande de m'aider a installer mon matelas sur le balcon et je me met en maillot de bain pour y dormir.

Mais 30 minutes plus tard, je suis devoree par les moustiques! Et decide de rentrer dans la chambre.... ou l'enfer recommence. Jamais nous n'avons eu aussi chaud de notre vie!